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Trésors d'Orient – Mokattam, la plus grand église du Proche-Orient dans une décharge du Caire.

News - 13/01/2021

Le monastère de Saint-Simon, également connue comme l'église de la grotte, se trouve dans la montagne du Mokattam, au sud du Caire, une zone qui est connue comme la « poubelle de la ville » en raison de l'importante population de chiffonniers qui y vivent. Il s'agit en fait de la plus grande église du Proche-Orient, avec une capacité d'accueil de 20 000 personnes. 

La communauté du Mokattam étant à 98 % chrétienne, le besoin d'une église s'est clairement fait sentir. La première église copte du Mokattam a ainsi été construite en 1976. Elle commémore le miracle du déplacement par saint Simon le Tanneur de la colline du Mokattam, de l'emplacement du lac de l'Eléphant jusqu'à son site actuel, lors de la dynastie des Fatimides, au Xème siècle. Plusieurs autres églises ont ensuite été construites, dont le monastère de Saint-Simon le Tanneur. Un sculpteur polonais, Mariusz, a décoré le site par des sculptures et des bas-reliefs inspirés par des thèmes religieux, comme la fuite en Egypte et la traversée de la Mer Rouge.  


Au terme d’un trajet périlleux en tuk-tuk à travers des rues escarpées, nous pénétrons dans l'imposante église troglodyte creusée à flanc de montagne, à ciel ouvert, tel un immense amphithéâtre romain. 

sos chretiens orient egypte volontaires au mokattamDes centaines de rangées de sièges sont creusées à même la roche encerclant l’autel, où le célébrant officie. L’ambiance est loin des messes traditionnelles occidentales. Les croyants entrent et sortent, se saluent, discutent. Certains passent dans le chœur pour se recueillir sur les reliques des saints exposées. Mais tous ont en commun la même joie que l’on peut lire sur le visage des pèlerins à Lourdes. Pour nous, c’est une première. Pas d’encens, pas de paroles latines, juste un célébrant, ses servants de messe et la beauté de la liturgie. Les textes nous sont incompréhensibles mais nous admirons la ferveur avec laquelle les fidèles participent. Et cette ferveur est communicative. Nous prions pour les personnes qui vivent en ce lieu.  

sos chretiens orient mokattam egypteAprès la messe, un guide francophone nous fait entrer dans une autre chapelle où des scènes de la Bible sont représentées, comme l’histoire de Samson. Le lieu étant désert, nous prenons le temps d’admirer chaque sculpture dans le détail.  

Puis, le Père responsable du lieu nous présente les salles de classe, les chapelles et les espaces de jeux où travaillent, prient et s’ébattent plusieurs centaines d’enfants. Nous découvrons une école qui bourdonne comme une ruche. Peut-être y ferons-nous cours dans les mois à venir. Le Père frappe aux portes des salles de classe, les élèves relèvent la tête, sourient aux volontaires, avant de se replonger dans leurs cahiers. Dans les étages, les petits courent et crient, se bousculant pour atteindre le lieu d’une possible récréation. L’avant-dernier étage est aménagé en salle de sport. Pieds-nus, des garçons s’affrontent dans des épreuves de force et d’adresse.

Ici, loin de leur quotidien de chiffonnier, les enfants peuvent apprendre et découvrir qu’un autre monde existe au-delà de Mokattam. Leur énergie, leur vivacité font plaisir à voir. Dans les escaliers, ils arrêtent les volontaires : « Comment tu t’appelles ?, Comment tu t’appelles ? ». Quel étonnement pour ces enfants de voir autant d’européens d’un coup. Les plus audacieux échangent des saluts avec les garçons. Aucun doute, si nous revenons, nous serons très bien accueillis !  

sos chretiens orient volontaires egypte mokattamPour conclure la visite, le Père nous entraîne sur le toit terrasse. Devant nous : le clocher. Sans hésiter, chacun se lance dans l’ascension avec entrain. De notre perchoir, nous nous rendons compte de la taille du bidonville, du nombre de personnes très pauvres qui y vivent et de l’ampleur de la tâche qui nous attend ici. L’odeur ne monte pas jusqu’à nous.  

A perte de vue, des immeubles à moitié construits, des déchets, des foyers entassés les uns sur les autres, de la poussière et de la crasse. Ces familles, qui vivent dans ces ruelles étroites, au-dessus des tas de déchets, n’ont que trop peu pour survivre. Cette école, en plein cœur du quartier, dominé par la croix de l'église, est un véritable havre de paix que nous espérons vraiment pouvoir aider.  

Inès, volontaire en Egypte. 

Source : Choisir.ch