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Les femmes en noir de Sadad #6

News - 28/03/2019

Myriam est mère de cinq enfants, dont un fils, Alham, martyr de la guerre, décédé en novembre 2012. Elle nous raconte son histoire.

Alham, alors âgé de 35 ans à l’époque vivait à Damas avec sa femme et Nicole, sa fille âgée de deux ans. En nous montrant une photographie, Myriam nous décrit son fils comme un homme très beau et populaire, aimé de tous et bien entouré par ses amis.

Il travaillait en partenariat avec l’hôpital de Damas, comme conducteur de matériel médical. Lors d’un trajet entre Damas et l’aéroport, chargé de son matériel et accompagné de quatre de ses collègues, la voiture est contrainte de passer par la Ghouta. Ils se font mitraillés par les terroristes. Alham est touché au niveau des côtes. Le temps que les secours arrivent, il se vide de son sang et succombe suite à sa blessure. L’ensemble des autres passagers survivent à l’attaque.

Environ un mois après le décès de son fils unique, Myriam perd un de ses petit fils, Louey, âgé de 21 ans, à Raqqa. Ce dernier était dans l’armée depuis cinq années. Sa grand-mère nous en parle comme un garçon très vif, avec une dévotion sans égale pour son pays.

Suite à ces deux terribles épreuves, Myriam reste cloîtrée dans sa maison durant une année entière. Elle ne sort plus pas même pour s’occuper de son jardin. Son chagrin s’atténuant, elle finit par retourner à l’église et à recevoir les amis de son défunt fils. Encore aujourd’hui, ils viennent lui rendre visite et tente de la réconforter et de l’aider dans ses épreuves.

Mais il y a environ deux ans, le malheur frappe à nouveau la famille. L’une de ses quatre filles décède d’un cancer, laissant derrière elle deux fils, dont un sourd-muet. Le regard plein d’amour, elle nous dit avec douceur que ce dernier fait sa vie en Australie, et vient de se marier avec une Syrienne également sourde-muette.  

Aujourd’hui, Nicole la fille d’Alham, a 10 ans et vit avec sa mère à Damas, prêt de Bab Touma. Elles rendent visite à la grand-mère plusieurs fois dans l’année et pour les fêtes telles que Noël et Pâques. Myriam nous confie la joie qu’elle a de revoir sa petite fille et de la voir grandir. C’est pour elle une manière de garder un lien avec son fils.

Myriam continue jour après jour de vivre son deuil et reste vêtue de noire depuis maintenant sept ans.

#1 - Les femmes en noir de Sadad : Mayada ne s’habille qu’en noir et se refuse toute nourriture sucrée depuis sept ans.
#2 – Les femmes en noir de Sadad : « Le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants. »
#3 – Les femmes en noir de Sadad : « Mon fils ne m’appartient pas, il appartient à Dieu. »
#4 – Les femmes en noir de Sadad : « La dernière information qu’elle détient sur son fils est la vidéo de son enlèvement. »
#5 – Les femmes en noir de Sadad : Une longue période de colère contre Dieu, contre sa foi, contre tout ce qui lui rappelle ses enfants disparus…