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« Les Yézidis ont encore eu moins de chance que les chrétiens »

FR - 22/02/2019

Aujourd’hui nous allons visiter les familles de Yézidis.

Notre chef de mission nous prévient lors du topo du matin. Nous savons que nous allons devoir nous armer de courage. Leur camp se trouve juste en face de l’école de SOS Chrétiens d’Orient, au bord d’une route. Nous sommes passés devant en de très nombreuses occasions, mais après plusieurs mois de mission c’est la première fois que je m’y rends.
Ce petit campement, presque invisible, fait de matériaux de récupération recouverts de bâches bleues qui m’avaient si souvent intriguée… Voilà, je vais le voir de près.

Comme nous l’a déjà dit Monseigneur Najeeb, l’évêque chaldéen de Mossoul : « Les Yézidis ont eu encore moins de chance que les chrétiens. Les terroristes de l’État islamique ne leur laissaient le choix qu’entre se convertir ou mourir. Tandis que nos frères d’Orient « ont pu » soit se convertir, soit partir soit mourir. »

A l’instar des autres déplacés, les Yézidis qui ont trouvé refuge dans des camps sont soutenus par de nombreuses organisations internationales.

Mais, ce n’est pas le cas des habitants de ce campement de fortune.
Personne d’autre que l’association ne se préoccupe de leurs sorts. Aucune ONG ne se soucie de ces vingt-trois familles, de leurs enfants et de leurs anciens dans leurs maisons de toile.

Munis de nos colis alimentaires et d’hygiène, nous arrivons au camp.
La version irakienne du bidonville. Entre la route et les immeubles en construction, les enfants yézidis jouent et courent derrière les poules sur des terrains vagues, jonchés de débris et de verre brisé.

Une jolie petite fille tourne la tête et nous lance un regard suivi d’un grand sourire. Dans ses yeux se devine le début de sa vie. Ces grands yeux noirs portent une maturité incroyable. Cette petite fille, de dix ans à peine, a vécu plus d’horreur que certains adultes. Et pourtant son sourire garde une pureté propre à l’enfance.

La voici qui saute dans nos bras, et nous récite une phrase en français. Les leçons des volontaires à l’école SOS Chrétiens d’Orient, pendant les vacances, sont ancrées dans sa mémoire. Puis nous avançons vers sa mère qui attend, devant la porte de leur cabane, son petit dernier dans les bras.

« Mameloun » c’est à dire « merci » ! Merci SOS Chrétiens d’Orient !

Grâce à ces rations de nourriture, ils auront de quoi s’alimenter pendant plusieurs jours. C’est un soulagement, car leurs maris n’ont pas toujours de travail, voir quasiment jamais. Chaque matin, ils se lèvent en espérant pouvoir travailler et nourrir leur famille. C’est le triste sort de ces « daily workers », comme on les appelle ici. Ces hommes attroupés sur les bords de route dès le lever du soleil, dans l’attente désespérée qu’un entrepreneur ou un fermier arrêtera sa camionnette à leur rencontre, espoir d’une journée de travail, chichement rémunérée.  

Dans la cabane voisine, une jeune femme de dix-neuf ans, mariée depuis quatre mois, nous accueille avec le même sourire.
Ils gardent espoir et construisent leur futur avec ce que la Providence leur offre.
Leurs maisons de toile abritent leur misère mais les murs portent leurs joies et leurs espoirs et une très grande dignité. Ils ne partiront pas.

Ces sacs de nourriture et de produits d’hygiène sont une grande aide pour eux, une nécessité. Pour continuer de les aider, nous avons besoin de vous. Votre don, votre prière sont un réconfort.


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