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Egypte - la difficile légalisation de nouvelles églises

News - 29/01/2019

Depuis l'époque ottomane, la construction des églises en Égypte est soumise au « rescrit impérial », constitué de dix règles très strictes. En vertu de cette loi, « une église doit obtenir un permis de la Sécurité nationale, mais aussi de presque toutes les administrations, comme le ministère de l’irrigation et des chemins de fer. »

En août 2016, après s'être longuement opposé aux « amendements inacceptables & dangereux pour l’unité nationale » proposés par le gouvernement égyptien, le Synode de l'Église copte-orthodoxe accepte finalement un compromis avec les autorités. Le Parlement promulgue alors la « Loi sur la construction unifiée », qui réglemente la construction, la rénovation et la régularisation des églises.

Une victoire pour certains, une procédure discriminatoire pour d'autres. « Cette nouvelle législation offre une procédure administrative simplifiée pour construire des lieux de cultes chrétiens et permet également de régulariser les églises bâties sans autorisation. » Evelyne Mata Boutros, députée du parti des Conservateurs.

« Certes le gouvernement a pris une décision assez compréhensible pour ménager les islamistes et les salafistes qui n’auraient pas manqué de dénoncer une loi contraire à l’islam, explique cet intellectuel engagé de longue date. Mais, en fin de compte, c’est tout de même bien ce gouvernement qui décide et fait voter cette loi. » Kamal Zakher, militant copte membre de l’ONG « Les Égyptiens contre la discrimination religieuse. »

Depuis, six-cent-vingt églises ont été légalisées par cette loi, dont quatre-vingt récemment.

Toutefois, selon un rapport du "Project on Middle East Democracy", il y a à l’heure actuelle 3.800 demandes de légalisation d’églises. Le processus est donc très long, comme le souligne également l’évêque copte-orthodoxe Morcos, titulaire du diocèse de Shubra al-Khaima du Caire.

D’après un rapport de Abbot Mikhail Anton, un représentant de l’Église copte-orthodoxe, les églises, qui ne sont pas encore légalisées mais qui ont soumis une demande de légalisation, ne peuvent être fermées. Le "National Conciliation Party" ajoute que le nombre croissant d’églises légalisées devrait réduire les conflits à ce sujet en Égypte. Cependant, la réalité est bien différente. Récemment, par exemple, l’église de Kom El Raheb a été fermée soixante minutes seulement après son inauguration officielle, sous la pression des musulmans du village. Le 11 janvier, à Manshiat Zaafaran, un village du gouvernorat de Minya, une foule de plus de mille personnes est entrée dans l’église réclamant sa fermeture.

Sa Sainteté Tawadros II, pape d’Alexandrie, patriarche de toute l’Afrique et du siège de Saint Marc, a récemment dit lors d’un entretien à la télévision être profondément attristé par ces « incidents sectaires ». La solution pour lui était de renforcer la loi.

Ensemble prions pour les chrétiens d’Égypte, et plus particulièrement pour ceux de Haute-Égypte qui sont les plus touchés par ces attaques.