Revue de presse

TÉMOIGNAGE. Laval : Paul, ce jeune parti en stage, en Irak

Ouest France

10 février 2018

Paul Chapuis a passé trois mois à Erbil, capitale du Kurdistan, au nord de l’Irak, en mission humanitaire. Il raconte comme son voyage l’a changé. Il est revenu plus mûr et plus ouvert.

Paul Chapuis, jeune Lavallois de 21 ans, est en troisième année de licence d’Histoire sciences politiques à l’Institut catholique de Rennes. Dans le cadre d’un stage, il est parti en Irak l’été dernier en tant que volontaire au sein de l’association française SOS Chrétiens d’Orient.

« J’ai choisi de partir au Moyen-Orient, car c’est une région culturellement riche, confie Paul. Je suis parti serein et sans aucun a priori. Puis j’avais pleinement confiance en l’association. Elle est aussi présente en Syrie, Jordanie, au Liban et en Égypte. Mes parents avaient plus d’appréhension que moi. »

« Chaque famille nous raconte des choses effroyables »

Sur place, il passe cinq jours à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, au nord de l’Irak. 80 000 personnes s’y sont réfugiées à l’été 2014, dans le quartier d’Ankawa. « Le contraste est violent. Chaque famille nous raconte des choses effroyables… Observe Paul. Et malheureusement, c’est toujours la même histoire. On les écoute, on prend connaissance de leurs besoins et on revient avec de la nourriture et de l’électroménager. On anime aussi des temps d’activités avec les enfants yézidis, peuple que Daesh a voulu éradiquer. »

Des liens forts se créent

L’association lui confie le management des 25 volontaires du camp. « J’étais secrétaire général de la mission en Irak. J’ai beaucoup aimé ce poste. J’ai eu le sentiment d’avoir une responsabilité, d’apporter réellement de moi-même. »

Aidé d’un traducteur, il doit, entre autres, remettre en état une cinquantaine de maisons à Qaraqosh, gérer le financement, le suivi des travaux et la visite aux familles qui se réinstallent. Sa mission est un succès, et les retours sur son travail, élogieux. Le contexte n’est pas facile. La guerre n’est pas si loin. Et pourtant, « à aucun moment je ne me suis senti en insécurité, confie Paul. Bien sûr, on restait un peu sur le qui-vive et l’on suivait scrupuleusement les consignes, mais l’association gère bien la situation. »

Ravi de son expérience au sein d’une ONG, le jeune homme a envie de renouveler l’expérience dans le futur. Outre sa progression sur le plan professionnel, ce voyage l’a changé.

 

Par Marc Clercy pour Ouest-France