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Assiout, nourrir les fils des premiers chrétiens égyptiens.

News - 18/03/2021

En plein cœur de l’Egypte, entre montagnes arides et terres cultivables, quelques milliers de chrétiens survivent dans une extrême misère. Oubliés de tous, ils sont pourtant les descendants des premiers chrétiens égyptiens. 18h de bus, des rires et des chants, de la joie dans les cœurs, récit d’une donation émouvante aux confins de la Haute-Egypte.

Aux confins de la Haute-Egypte, à 375 km du Caire, la Sainte-Famille s’est arrêtée lors de sa fuite, après avoir traversé le désert du Sinaï. Ce fut leur plus longue étape en Égypte : six mois. Par la suite, dans cette zone fut construit le monastère de Deir El-Moharraq. Et plus tard au même endroit, l’archange Gabriel apparut en rêve à Joseph pour le sommer de revenir en Palestine suite à la mort du roi Hérode.

Ici, le désert laisse place aux oasis verdoyantes, aux cultures fertiles, irriguées par une eau plus ou moins propre. Dès que l’on quitte la route monotone pour s’enfoncer dans les terres, on découvre un paysage proche de celui décrit dans les livres d’Histoire. Les palmiers élancés, la poussière ocre, les charrettes tirées par des petits ânes blancs, les campagnards souriants, les tracteurs fumants semblent tout droit sortir de nos manuels de collégiens.

Il y a des milliers d’années, vivaient ici les premiers chrétiens d’Egypte. C’est avec respect et curiosité que nous foulons cette terre chargée de mémoire.

sos chretiens orient egypte messe copte assioutTôt le matin, nous avons la chance d’assister à la messe copte dans un site historique. Un ancien site datant de la célèbre époque des pharaons abrite aujourd’hui une église. Une grotte creusée dans la montage s’illumine régulièrement de la présence et du sacrifice du Sauveur, dans les lueurs dorées du soleil levant. Une volée de marches historiques, un tas de chaussures disparates à l’entrée, nous voilà dans le lieu saint. Le sol est recouvert de rouge, les femmes et les hommes sont séparés.

Le Père Anton célèbre le Saint Sacrifice au milieu des chants traditionnels, longues mélopées coptes aux accents de supplication. L’encens s’échappe en volutes grises, qui montent à l’assaut du ciel, semblables à nos prières. La ferveur de chaque croyant est palpable. Enfant comme adulte, chacun se recueille et s’humilie pendant la sainte Messe. Le culte s’achève, nous ressortons l’âme apaisée de cette célébration (très) matinale.

Un vent de grâce souffle en ce lieu empreint de paix et d’allégresse. Les orientaux sont nos frères aînés dans la Foi. Ils nous précèdent, et nous, chrétiens d’Occident, ne pouvons être qu’admiratifs de leur ardeur dans la foi. Le lien qui unit les chrétiens d’Orient et les chrétiens d’Occident est fondamental et doit être maintenu et renforcé. Il est passionnant de découvrir les rits orientaux, et touchant de voir à quel point les Orientaux nous accueillent et nous respectent. Ils sont grands dans leur profondeur et leur simplicité.

sos chretiens orient egypte enfant egyptien assiutQuelques kilomètres plus loin, nous sommes à l’église Saint-Théodore, dans le petit village de Rifa. 8000 chrétiens vivent au pied d’une montagne contenant des anciens sites pharaoniques, convertis en église. A peine descendus des minibus, nous sommes assaillis par des enfants, curieux de voir les Français venus de si loin, pour eux. « Esma que ? ». La question traditionnelle résonne à l’infini à l’entrée de l’enceinte de l’église. Et les prénoms fusent : ceux des volontaires se mêlant à ceux des petits égyptiens. « Korolos », « Augustin », « Chenouda », « Claire », « Mariam », « Chloé » … Certains sont si durs à prononcer, mais reflètent déjà la fraternité.

A peine extrait de cette nuée enfantine, le prêtre des lieux, Père Anton, nous rappelle notre mission du jour. Nous devons distribuer 260 colis alimentaires à des familles en situation d'extrême précarité. Chaque colis contient des denrées essentielles au quotidien : pâtes, riz, huile, beurre, confiture, fromage, poisson séché et poulet. Le prix de ce paquet, 11 euros, peut paraître dérisoire mais nourrit une famille de 4 à 5 personnes pendant un mois.

Ces familles n’ont rien. En dehors du sanctuaire, nous apercevons leurs maisons, leurs foyers. Le prêtre nous explique :

« Ils vivent à 8 ou 9, ou même plus, entre quatre murs branlants. Les toits, faits de palmes, les protègent à peine des intempéries. Le froid vif des nuits hivernales ne peut être combattu que par des feux allumés grâce aux détritus qui jonchent la rue. Le sol est de terre battue, qui se transforme en bourbier dès qu’il pleut. Bien sûr, ils n’ont ni salle de bain, ni cuisine… Les animaux, pigeons, chiens, sont comme chez eux. »

sos chretiens orient egypte donation colis alimentaire familles pauvres assiutDans ce havre de paix et d’espérance, entre les hauts murs entourant le lieu saint, nous allons distribuer nos sacs de nourriture. Les familles se pressent déjà et l’on entend leurs voix fortes, pressées qu’elles sont d’obtenir leur précieux sésame. La distribution commence, la queue se met en place, plus ou moins disciplinée. Contre un ticket, chaque personne, souvent des femmes, des veuves à leurs habits noirs, reçoit de nos mains un colis. Une à une, nous échangeons morceau de papier dérisoire contre aliments indispensables. Les têtes se succèdent, les sourires et les remerciements aussi. Les mains avident qui se tendent vers nous démontrent de l’impatience avec laquelle cette donation est attendue.

En marge de cette distribution bien rodée, les enfants se sont enhardis. Ils connaissent quelques mots d’anglais et s’essayent à communiquer avec les volontaires. Les petits tapent dans les mains, sourient, ça y est une amitié est créée, toute en simplicité. Les enfants s’étonnent devant la blondeur de certaines volontaires, de leurs yeux clairs, des grimaces que maîtrisent d’autres avec dextérité. Les rires fusent, la glace est rompue. Pendant que leurs parents s'approvisionnent, les bambins se créent des souvenirs incroyables avec ces français venus de si loin pour les aider.

Derrière les yeux brillants et les « shokrane habibi », nous devinons la pudeur d’une misère que l’on refuse de laisser triompher. Derrière la pauvreté se cachent la simplicité et la fraternité. « Grâce à Dieu nous avons au moins un toit au-dessus de nos têtes. »

Nous reviendrons ici, nous l'espérons, pour que le mois prochain, ces personnes aient encore autant de joie dans leurs yeux à la vue de leurs colis de vivres que vous nous permettez de leur apporter.

sos chretiens orient egypte volontaires et familles pauvres assiut« Quelques mots sur la donation à Assiout ? Un moment fort dont je retiens la fraternité de notre équipe et le sourire des personnes rencontrées. Cette donation bien particulière nous tenait tous à cœur et cela se ressentait dans les liens plus forts développés avec chaque volontaire et l’effort que nous faisions pour que celle-ci passe au mieux. Un effort plus que récompensé par des sourires jusqu’au oreilles, des « shokrane » sincères et des yeux qui pétillent. » confie Chloé, dans le bus qui nous ramène dans notre paisible confort cairote.

Cette donation mensuelle, d’une valeur de 3 000€, permet de nourrir 260 familles, soit 1000 personnes. Grâce à vos dons, ces hommes, femmes et enfants peuvent subsister. Alors n’attendez plus ! Financez l’achat d’un colis alimentaire d’une valeur de 11€.

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Inès, volontaire en Egypte.