Actualités

Témoignage volontaire en Syrie - Au soir de ma vie je pourrai dire : j'ai appris ...

News - 19/02/2021

SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Joséphine, venez vivre une expérience inoubliable en Syrie. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.


Je me souviens début septembre, lorsque la fin de ma mission me paraissait si lointaine ! Je venais d’arriver en Syrie, un pays qui m’attirait mais que je connaissais si peu. Je pensais avoir le temps de découvrir. Mais ces quatre mois se sont écoulés en un claquement de doigt. Le temps, c’est tout ce qui m’a manqué, et ce qui me manque encore. J’ai encore tellement à apprendre ! Pourtant, je me prépare à rentrer en France, à dire adieu à cette mission, et à tous ceux qui m’ont accompagné, qui m’ont vu grandir, et m’épanouir ici.

La Syrie. Rien que d’entendre ce nom, j’ai le sourire qui me monte aux oreilles. Qui l’eu crût ? Et pourtant c’est vrai. Lorsque j’ai foulé le sol syrien pour la première fois, je ne m’attendais pas à vivre tout ce que j’ai vécu, à rencontrer tous ceux que j’ai rencontrés ni à entendre tout ce que j’ai entendu. Je suis partie pour apprendre à me connaître, savoir qui j’étais et ce que je voulais faire de ma vie, donner ce que j’avais reçu, et enfin, être utile, et trouver ma place.

Mais ce que j’ai reçu est encore plus beau, et au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Je sais aujourd’hui qui je suis, je me suis découverte des passions que je n’aurai même pas soupçonné, je me suis faite des amis sur qui je pourrai toujours compter. J’ai été au contact de ceux qui ont souffert, qui ont tout perdu et qui pourtant m’ont appris quelque chose. Parfois j’étais effrayée, mais ils m’ont guidé.

sos chretiens orient syrie supporter footballLes Syriens n’ont pas peur. Ils n’ont plus rien, mais ils croient. Ils croient en eux, en la providence, que rien n’est le fruit du hasard et qu'un clin d’œil du ciel peut redonner l’espérance. Car oui, même quand il fait nuit, les étoiles brillent. Quand, dans notre vie, tout est sombre, une lueur d’espoir s’illumine toujours. Rien n’est jamais perdu.

Tout au long de cette mission, on a cru en moi, on m’a tiré vers le haut. J’ai appris dans des domaines variés, mais surtout à écouter, à prendre le temps d’écouter et à en tirer des leçons. J’ai appris à compter sur les autres, à me dépasser et ne pas avoir de limite, à toujours aller plus loin finalement, sans forcément aller plus vite.

J’ai appris à croire, à ne pas avoir peur, à prendre les Syriens comme exemple de force et de courage. J’ai appris qu’il y avait du bien partout, et qu’un rien apaisait les cœurs.

A Alep, nous travaillons régulièrement sur des chantiers de reconstruction, comme celui de l’école Amal. Là je côtoyais la misère. Une famille de cinq enfants logeait dans un abri ; ce n’était même pas une maison. Et malgré leur malheur, ils souriaient à la vie.

Avant de commencer le déblayage des gravats de l’école, nous passions toujours un peu de temps avec les enfants. Puis, du haut des bâtiments, nous nous penchions aux fenêtres afin de les apercevoir jouer en bas, avant de les rejoindre quelques heures plus tard. Quand je le pouvais, je m’arrangeais pour leur ramener un gâteau ou un sachet de bonbons. Le regard qu’ils me lançaient, lorsque je leur donnais, valait tout l’or et tous les remerciements du monde. Ce sont des moments privilégiés, déconnectés de toute réalité !

sos chretiens orient syrie maisons detruites homsVoir toutes ces maisons détruites puis pillées, ces écoles saccagées, ces enfants qui ont pour terrain de jeu un ancien champ de bataille, où l’on ne peut faire dix mètres sans trouver de vieilles douilles. Rien de tout cela ne peut laisser indifférent. Être en face de tant de ruines, de destruction, de tant de malheur, et devoir parfois apaiser des cœurs, sécher des larmes, je n’ai pas les mots.

Ce sont des expériences inexplicables, des sentiments forts et indéfinissables qui vous envahissent sans prévenir comme ce jour, où lors d’une donation, je me suis laissée surprendre par une dame qui mit mon bien être avant le sien.

Toutes les familles nous reçoivent chaleureusement, à tel point qu’il est souvent difficile de nous en aller. Alors nous restons de longues heures à échanger et à découvrir le quotidien de nos hôtes. Mais ce jour, ce fût différent. Une dame, assez âgée, seule, nous lance les clefs d’une fenêtre. Elle est si malade, qu’il est impossible pour elle de se lever.

sos chretiens orient syrie visite aux familles volontaireA peine ai-je le temps de poser le sac de donation et de me présenter qu’elle me prend la main et me dit : « Je ne peux plus bouger, vous vous êtes jeune, et dehors il fait beau, laissez ça ici, et sortez profiter ». Elle me congédie ! Même après plusieurs mois de missions, je ne sais quoi répondre devant tant de sollicitude mais je suis bouleversée par cette gentillesse et bienveillance.

J'assiste à des moments de fête, où le décalage de culture me fait sourire. J’y découvre une autre manière de faire, de voir les choses, et souvent auquel je n’aurais jamais pensé. Mais j'assiste aussi à des moments douloureux, des scènes qui me brisent le cœur.

sos chretiens orient syrie enfants dans la rue homs

La pauvreté de la Syrie m’a frappé dès les premières heures où j’ai découvert le pays. La misère et la solitude ravagent ce pays de jour en jour. De jeunes enfants, d’à peine quatre ans pour certains, font la manche dans la rue, des vieillards seuls se postent toujours sur le même banc et vivent certainement sans toit malgré le froid et l’humidité.

J’ai compris ici que tout le monde peut donner de sa personne, de son temps.

Nous avons tous quelque chose à apprendre d’autrui : que ce soit de ces enfants pauvres mais attachants, de ceux qui travaillaient avec moi, ou même des familles que je n’ai fait que croiser. Tous m’ont donné une place, m’ont permis de m’épanouir dans ce pays que je ne connaissais pas.

C’est ici en mission, qu’on m’a poussé à me dépasser, à ne pas avoir peur, à tenter ma chance, et ainsi à travailler, parfois tard, mais ainsi j’arrivais à donner le meilleur à ceux à qui je dois tant.

Partir en mission, a été un pari envers moi-même. En serais-je capable ? Suis-je prête à ce que je pourrais voir ou entendre ? Rapidement, toutes ces questions n’avaient plus de sens, car j’y ai trouvé ma place, on me l’a donné.

J’ai été confronté à des situations qui me dépassaient, et que bien souvent je ne comprenais même pas, et pourtant j’ai suivi les Syriens qui sans cesse m’ont tendu la main pour me monter le chemin, et ainsi ne pas avoir peur de l’inconnu.

Si je devais résumer ce que cette mission m’a appris, je dirai : croire et me dépasser. J’ai donné tout ce que j’avais et très vite j’ai compris que c’était peu comparé à tout ce que l’on m’a donné.

Ma mission se termine et les mots manquent pour exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui m’ont accompagné depuis mon arrivée. Et pourtant je conclurais par le seul qui me vient en tête : merci.

Joséphine, volontaire en Syrie.


 

SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Joséphine, venez vivre une expérience inoubliable en Syrie. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.