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Pakistan - Accusée de blasphème, une infirmière chrétienne est rouée de coups par ses collègues.

News - 18/02/2021

Le 28 janvier, Tabitha Nazir Gill, infirmière chrétienne travaillant au Sobhraj Maternity Hospital de Karachi, a été frappée par des collègues qui l’accusaient d’avoir proféré des propos blasphématoires contre Mahomet.

Après avoir, dans un premier temps, jugé ces accusations « sans fondement », la police, sous la pression d’une « foule de mollahs et d’extrémistes », a enregistré une plainte pour blasphème en vertu de l’article 295-C du code pénal pakistanais (loi sur le blasphème), passible de la peine de mort.

Francis*, un témoin de la scène rapporte les faits tels qu’ils se sont produits : « Tabitha a simplement dit à une patiente qu’elle prierait pour elle, alors qu’elle commençait son travail d’accouchement et que c’était son premier enfant. C’est comme ça que tout a commencé. Les personnels présents lui ont bondi dessus. Elle a fait de son mieux pour se sauver, allant de salle en salle, elle s’est enfermée, mais ses collègues sont passés par une baie vitrée pour ouvrir la porte. Ils l’ont frappée, et l’ont traînée du troisième au premier étage dans les escaliers. »

Cet incident ferait suite à des mois de tensions entre l’infirmière et ses collègues musulmans, qui lui demandaient de démissionner.

Les vidéos, qui circulent massivement sur les réseaux, montrent Tabitha Nazir Gill désemparée, clamant son innocence sous les coups de ses collègues. « Je jure devant Dieu que je n’ai rien dit contre le prophète, ils essaient de me piéger avec une fausse accusation ». Aucune de ses paroles ne feraient mention de Mahomet, contrairement à ce que prétendent ses agresseurs. Pourtant, la plainte, sous la pression des mollahs et des extrémistes, est pour le moment retenue par la police.

Or, selon le code pénal pakistanais, « quiconque qui par des mots, des représentations visibles, ou par toute insinuation profane le nom sacré du saint prophète Mahomet sera puni de mort ». Comme l’explique Anneqa Maria, avocate au Pakistan qui défend les personnes accusées de blasphème, « il faut savoir que le blasphème ne nécessite aucun effort pour être démontré. Il suffit de crier au blasphème, et tout le village, toute la ville va vous soutenir, et la personne sera exécutée sans aucune preuve. »

Actuellement, selon la Commission des libertés religieuses internationales des États-Unis, au moins 40 personnes reconnues coupable de blasphème sont actuellement condamnées à la prison à vie ou à la mort.

Si Tabitha Nazir Gill serait actuellement en sécurité, son avenir est bien incertain et nous vous invitons à prier pour elle et tous les chrétiens pakistanais injustement accusés de blasphème, sous prétexte de rancunes personnelles ou par simple volonté de persécutions.

Sources : Les observateurs, Info chrétienne, Morning Star News, Agence Fidès.

* Le nom a été modifié.