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Le peuple éthiopien n'est pas au bout de ses souffrances.

News - 16/02/2021

Depuis le mois de novembre dernier, les forces armées éthiopiennes ont lancé une vaste offensive dans la région du Tigré contre les milices du front de libération du peuple de Tigré, accusées d’avoir porté atteinte à des bases militaires fédérales. Les autorités tigréennes pour leur part accusent le nouveau premier ministre, Abiy Ahmed de vouloir écarter les tigréens des instances dirigeantes éthiopiennes. En effet, cette ethnie du Nord de l’Ethiopie a dirigé le pouvoir de 1991 à 2018.

Depuis l’arrivée au pouvoir de l’Oromo Abiy Ahmed, de père musulman et de mère Amhara chrétienne, les Tigréens se sentent toujours plus marginalisés par rapport au pouvoir central, lui-même venant de signer un traité de paix avec l’Erythrée, entretenant pourtant de nombreux conflits territoriaux avec la Tigré. Des élections régionales avaient d’ailleurs été organisées illégalement en Tigré au mois de septembre sans l’accord du gouvernement central, ce qui a surement participé à jeter de l’huile sur le feu.

Depuis trois mois c’est donc un véritable conflit armé qui a lieu au Nord de l’Ethiopie et de nombreuses exactions sont remontées par le peu d’observateurs internationaux accédant à la zone, notamment du fait de l’armée érythréenne appuyant le gouvernement central dans son effort stratégique. Alors que les forces érythréennes occupaient Adigrat, la capitale de Tigré, des bandits ont profité du chaos ambiant pour piller la mission des Missionnaires d’Afrique avec lesquels SOS Chrétiens d’Orient travaille depuis deux ans. Le gardien a été lynché et les plus vieux prêtres n’ayant pas réussi à s’enfuir se sont fait ligoter alors que les criminels pillaient leur couvent.

sos chretiens orient eethiopie monastere debre damosLe 15 février, l’un des pères de la communauté nous signalait la mort dans l’âme que le monastère de Debre Damos avait également été durement touché. Structure religieuse datant du 6ème siècle, le monastère de Debre Damos avait pourtant résisté aux affres de l’Histoire. Ce dernier, perché sur un plateau élevé n’était accessible qu’en escaladant une paroi à pic, à l’aide d’une corde tendue par les moines depuis le sommet. Les équipes de SOS Chrétiens d’Orient avaient pu s’y rendre en janvier 2019. Alors que la revue périodique du « Europe External Programme with Africa » annonçait la destruction complète du site après le pillage d’anciens manuscrits, notre contact sur place nous assurerait lui que l’église principale serait intacte mais que tous les bâtiments annexes auraient été rasés et un moine assassiné.

Quoi qu’il en soit le peuple de Tigré n’est pas au bout de ses souffrances et nous prions aujourd’hui pour que la paix et l’unité reviennent en Ethiopie. Si aujourd’hui nous poursuivons notre aide au travers des communautés encore présentes sur place, nous serons présents dès le mois prochain dans le pays afin d’aller à la rencontre de ces chrétiens en souffrance et leur apporter tout notre soutien.