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Chroniques égyptiennes #1 : Dans ces regards, je découvre la beauté des joies simples et fugitives !

News - 13/11/2020

Chaque semaine, un volontaire de la Mission en Egypte vous raconte sa semaine, ses impressions, sa vie au cœur du pays des chiffonniers et des Pharaons.

Voici tout juste une semaine que je foule la terre égyptienne avec ce sentiment de suivre les pas de centaines de volontaires, de milliers d’hommes et d’âges, mais aussi ceux de la Sainte Famille. Mes premiers sentiments ? Un mélange d’émerveillement, de mélancolie, de joie !

Je découvre une nouvelle vie, de nouvelles personnes avec qui partager ces six mois de vie à la mission comme à l’extérieur ! Tout est complètement différent, l’histoire, la religion, les coutumes, les gens et la circulation !!! Ici, tout est plus bruyant. Le klaxon remplace le clignotant, aucun passage pour piétons. Pour traverser, il faut s’imposer, avancer ou reculer entre deux voitures... Les rues sont couvertes de poussière et de déchets que les chiffonniers ramassent nuit et jour. Je n'imaginais rien de tout cela avant d’arriver ici. Je suis plongée directement dans cette dualité qui caractérise tant l’Égypte, entre richesse et pauvreté.

sos chretiens orient egypte chiffonniers bidonville ezbet el nakhlPour mon premier jour, je prends le taxi et le tuk-tuk pour me rendre à l’inauguration d’un espace de loisirs construit sur le toit de l’église Saint-Georges par d'anciens volontaires. Me voilà dans le bidonville d’Ezbeth El Nakhl. Il fait partie d'un des quartiers les plus pauvres du Caire. Ici les odeurs sont très fortes ! Les déchets jonchent le sol et les chiens, les chats, les ânes s’en nourrissent.

Le rapport aux animaux est très différent : aucune attention pour eux dans les quartiers pauvres...Les hommes peinent déjà à se nourrir. On m’explique qu’ils travaillent au ramassage des déchets. Très tôt, le matin, ils partent avec leur petite charrette, tirée par un âne et parcourent les rues du Caire pour ramasser les poubelles de chaque logement. Ils rentrent, harassés, sur les coups de 16h.

Pendant ce temps, leurs femmes et leurs enfants trient le fruit de leur ramassage. A l’air libre ou dans des rez-de-chaussée lugubres de vieux immeubles, ils empilent dans des grands sacs de tissu plastique, verre, immondice, au milieu des mouches et des odeurs. Et ce quotidiennement, sans prendre un seul jour de repos. Quelle misère comparée à ceux qui font ce métier en France...

sos chretiens orient egypte inauguration du toit de eglise saint

 Lorsque nous arrivons à l'événement auquel les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient sont invités, le sourire, la joie, et l'admiration des enfants me frappent en plein visage. Ils m’aiment déjà et se pressent autour de nous, réclamant chacun leurs photos avec nous ! Leur joie est communicative, ils sont tellement heureux de cette pause dans leur quotidien, si triste, comme je l’ai décrit plus haut.

Immense simplicité des enfants, si belle, que je retrouverai plus tard à l’orphelinat des filles de Daher, ou à celui d’Abbaseya. Dans ces regards, je découvre la beauté des joies simples et fugitives ! Tous ici jouissent de l’instant présent. Carpe Diem pourrait être la devise inscrite dans chacun des endroits que nous visitons. A chaque jour suffit sa peine : c’est ce qu’on comprend dans ces quartiers pauvres du Caire et tout évènement si minime soit-il est une bouffée d’air si agréable.

Enfin magnifique expérience qu’est celle des maraudes de nuit. En journée, aucun mendiant dans les rues du Caire car la mendicité est interdite ! Chacun s’active, lave les voitures, vend des mouchoirs ou quelques babioles récupérées dans les poubelles.

sos chretiens orient egypte volontaires en maraude au caire

Chaque samedi, à 23h nous descendons dans les rues en voitures et préparons des sacs de repas pour une centaine de personnes. Nous roulons et nous arrêtons, donnons nos précieux sachets aux chiffonniers qui balayent les rues, aux femmes et enfants qui dorment dehors, installés entre deux voies de voiture sur un petit carré d’herbe ou sous un pont. Cette pauvreté est source de joie : pour eux de voir leur prière exaucée, pour nous de pouvoir donner et nous faire bénir. Ici il n’y a pas de place pour l’athéisme... chrétiens comme musulmans voient dans l’aide de chacun l’œuvre de Dieu.


sos chretiens orient egypte volontaires en visite au monastere deCes découvertes humaines incroyables, il en est d’autres aussi précieuses, dont la présence de l’Abbé Martial nous a permis de profiter : la visite de la grotte de Saint Antoine du désert et du premier monastère de toute la chrétienté. Ici, j’ai touché aux origines de la Foi. Dans cette grotte sombre, un homme s’était exilé pour prier pour le monde et ses péchés. Il dormait là ! Une pierre où il reposait sa tête témoigne encore de l’ascétisme des heures qu’il a passé dans ce réduit avant de fonder une communauté qui perdurera, bravant les siècles.

J’ai vu la Mer Rouge dans laquelle j’ai pu tremper mes pieds, le Caire chrétien dans lequel j’ai pu admirer la maison de Joseph et Marie lors de leur fuite en Égypte, les pyramides et le tombeau de Saint-Marc et la cathédrale copte … Autant de découvertes que je connaissais déjà par mes cours d’Histoire, qui deviennent maintenant concrètes !

Ici toutes les relations sont plus simples et l’accueil extraordinaire ! Cela m’a permis de rencontrer des personnalités déjà très avancées sur le chemin de la sainteté : le moine Ruis au monastère Saint-Antoine, le docteur Adel qui a travaillé avec sœur Emmanuelle dans les bidonvilles du Caire et Monseigneur Krikor, évêque des arméniens catholiques d’Egypte. Côtoyer ces personnes me donne envie de me donner à mes frères et sœurs d’Orient. 

Et ce n’est qu’une infime partie de ce que l’Egypte a à m’offrir.

Claire, volontaire en Egypte.


 SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Claire, venez vivre une expérience inoubliable en Egypte. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.