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Carnet de bord en Syrie #5 – A Alep, je découvre la face cachée de la Syrie !

News - 05/11/2020

Si tu veux participer à une aventure incroyable et découvrir la Syrie, rejoins-moi !


Le réveil sonne. Il est 6h. Il est temps de préparer mes affaires, et quitter Homs. Déjà un mois que je suis ici, et pourtant j’ai l’impression d’être arrivée hier. Après un café, les batteries chargées et le passeport en poche, nous montons dans la voiture.

Je regarde Homs pour la dernière fois : ses maisons, ses rues, ses églises. Dans certaines j’ai été accueilli, dans d’autres logée, et j’ai assisté aux travaux de reconstruction de nombreuses.

C’est ici que tout a commencé pour moi. Hier j’ai dit au revoir à toute l’équipe qui m’a accompagné depuis le début de ma mission. Je ne sais pas si je les reverrai un jour, et pourtant ils auront à jamais une place importante dans mon cœur, et ils le savent. C’est avec eux que j’ai vécu des choses que je pensais ne jamais vivre, et que j’ai vu des choses que je pensais ne jamais voir. Je ne suis pas très douée pour les adieux, c’est toujours difficile. Mais là, ce sont des personnes particulières avec qui j’ai eu une expérience hors du commun. C’est donc différent et plus difficile encore.

sos chretiens orient syrie vendeur de fruits homsEn arrivant j’étais perdue, et ils m’ont tendu la main. Grâce à eux j’ai découvert les habitudes et les coutumes syriennes. Ils ont suivi mes premiers pas, ils ont participé à mes premières impressions.

C’est grâce à leur patience et à leur accueil incroyable que je pars le cœur léger, avec une envie d’en découvrir toujours d’avantage et de continuer à donner tout ce que je peux donner. C’est ici, à Homs, que j’ai appris mes premiers mots d’arabe et que j’ai échangé pour la première fois avec les Syriens.

Quand je parlerai de ma mission avec SOS Chrétiens d’Orient en Syrie, je sais que j’aurai une tendresse particulière pour eux, qui m’ont tout donné, tout montré, et qui n’ont pas eu peur de me corriger. Je leur dois beaucoup.

Maintenant je pars vers un autre lieu de mission. Je suis saisi d’une forte émotion. Tous mes souvenirs me reviennent à l’esprit. Un dernier regard sur la maison, et je claque la porte de la voiture. Une page se tourne, mais rien n’est finit pour autant, car une nouvelle est sur le point de s’écrire.


sos chretiens orient syrie paysageLe paysage de la ville disparaît et nous traversons le désert de Syrie. La voiture m’emmène par-delà les montagnes. Par la fenêtre, j’aperçois les mêmes rochers, les mêmes touffes d’herbe, le même décor aride qui m’avait émerveillé le premier jour. Près de deux heures de route. Normalement, le temps m’aurait paru long et fatiguant. Pourtant la découverte de ce pays me fascine. Tout est si différent.

Il n’y a presque personne sur la route. Nous croisons seulement quelques taxis. Au bout d’un moment, les montagnes restent derrière nous et l’horizon se dégage : les vallées, et les hauteurs se transforment en plaine. Mais ce qui ne change pas, c’est l’aridité. Le désert est le même. Le sable jaune reflète le soleil qui n’a pas tardé à se lever.

Nous avons quitté Homs, une veste aux épaules, et nous rentrons dans Alep par une température d’été. 

Ces deux villes diffèrent totalement. On m’avait souvent parlé d’Alep, de ses grandes rues, de ses bâtiments anciens, et du canal où autrefois il y coulait de l’eau, qui est aujourd’hui asséché. Là où à Homs, nous ne pouvons pas passer à côté du passé, car les vestiges laissés par la guerre dans les deux tiers de la ville sont flagrants, ici, c’est comme un petit musée.

Certains quartiers n’ont pas été touchés et me laissent voir l’autre visage de le Syrie, celui dont on parle moins. Lorsque je traverse la ville, je suis impressionnée par les grands immeubles, les grandes maisons, qui sont toutes décorées par de la dentelle en pierre. Pourtant, la poussière comme le temps ont fait leur œuvre et sont gravés dans ces murs, qui peu à peu se colorent en marron. Nous sommes bien loin des grands immeubles parisiens au gris pur et aux finitions parfaites.  

Pour la première fois depuis le début de mon séjour en Syrie, je découvre un quartier épargné par les combats. Je suis en face de la Syrie comme elle était avant la guerre. Tout ce que les Syriens ont pu me décrire de leur vie d’avant, je l’ai sous les yeux maintenant. C’est émouvant. Enfin je peux mettre des images sur leurs paroles. Je retrouve les mêmes petits balcons, ici et là, qui laissent apercevoir les tables aménagées pour la réception des invitées, où tasses et cafetières sont toujours prêtes à servir le maté. J’y reconnais tout de suite l’accueil syrien.

sos chretiens orient syrie marchant de tapis alepEn marchant dans la grande rue d’Alep, je regarde avec émerveillement, tout ce que je n’ai pas vu à Homs, comme les boutiques, et les restaurants. Je découvre l’autre face de la Syrie, la face inconnue. Il est vrai que j’ai été surprise par les paysages incroyables : les déserts, la mer, la montagne, mais être dans un véritable quartier syrien encore intact, c’est un privilège et j’en suis consciente. Je continue ma route, et par le sort du hasard je me retrouve dans une petite rue. La Syrie m’étonnera toujours autant : des fils électriques dépassent de tous les côtés, on dirait une immense toile d’araignée. Je n’ai même pas besoin de lever la tête pour les apercevoir, puisque j’en esquive certains qui trainent sur le trottoir.

sos chretiens orient syrie enfants syriens dans un parc alepA quelques pas de là, un joli parc me fait de l’œil. Je m’y approche, et je vois qu’ici, le travail est à l’honneur. Les adultes, ordinateurs sur les genoux et écouteurs dans les oreilles, ont investi les lieux. Mais au loin, j’entends des rires et des pleurs, ceux des enfants ! Tout est plus vivant ici, plus joyeux.

Après cette promenade découverte, j’arrive enfin devant l’immeuble de ma destination. J’y ai l’honneur de rencontrer Monseigneur Jeanbart, évêque d’Alep pour échanger sur les projets menés en collaboration avec l’association. Je suis accueilli avec une extrême gentillesse. Il est heureux de voir les Français revenir peu à peu en Syrie, car à cause de la crise sanitaire, les volontaires avaient quitté le pays depuis plusieurs mois.

Mon arrivée à Alep m’a fait tourner une page, celle que j’écrivais à Homs. Je vivrai des choses différentes ici, des expériences nouvelles qui seront tout aussi enrichissantes.

Si tu veux participer à cette aventure incroyable et découvrir la Syrie, rejoins-moi !

Joséphine, volontaire en Syrie.