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Violences inter-ethniques : un été sanglant pour les chrétiens d’Ethiopie.

News - 11/09/2020

« Ils sont venus chez moi, frappant à ma porte violemment. Avec mes enfants, nous avons tenté de nous échapper par la fenêtre. Ils ont brûlé la maison et notre entreprise. Mais grâce à Dieu, mes enfants n’ont rien. » Le 30 juin, la famille de Eniye Cheru a survécut à l’attaque anti chrétienne dans la ville de Derra en Ethiopie. Chance que n’ont pas eu 239 chrétiens assassinés dans des attaques coordonnées par des extrémistes de l’ethnie Oromo, armés de machettes, pistolets, épées et lances. 300 autres ont été blessés et 3.362 se sont réfugiés dans les églises. Soigneusement sélectionnés puis étranglés, décapités, démembrés, ils ont bien souvent souffert un véritable martyr sous l’œil, semble-t-il, indifférent des forces de police.

Les violences anti chrétiennes ont été déclenchées le 29 juin par l’assassinat du chanteur Hachalu Hundessa, porte-voix des Oromo. Il dénonçait entre autre le manque de liberté en Ethiopie.

Si le lien entre ces deux événements n’est pas clair, il serait un prétexte selon certains fidèles de l’église orthodoxe éthiopienne. « Je pense que sa mort a été pris comme un prétexte pour lancer ces attaques planifiées, car elles ont commencé avant même que nous entendions parler de son décès », explique Monseigneur Henok, archevêque éthiopien orthodoxe du diocèse d’Arsi. 19 chrétiens orthodoxes ont été massacrés sauvagement dans 11 régions de la province d’Arsi. 934 entreprises ont été détruites dont des cliniques et 4 écoles. 493 résidences et l’église Saint-Sauveur de Kokosa ont été incendiées.

A Bale Agarfa, Ashalew Ababu a eu les yeux arrachés et sa dépouille a été laissé pourrir en plein air jusqu’à ce qu’elle ait été dévorée en grande partie par des animaux.

A Gedeb Assasa, un couple de personnes âgées a été battu à mort dans leur maison avant d’être traîné dans les rues.

A Derra, un habitant raconte que les assassins jouaient avec les corps des chrétiens tués « dansant et chantant, portant les bouts de corps hachés de ceux qu’ils avaient abattu. » Des propos confirmés par une vidéo postée le 25 août sur Facebook, où l’on voit le corps démembré de Mesfin Alemayehu traîné sur le sol alors qu’autour de lui l’on aperçoit les ombres de ses agresseurs frappant des mains et vociférant gaiement.

Depuis deux ans, les tensions communautaires se font vives et les attaques planifiées contre les chrétiens éthiopiens sont en augmentation. En février 2019, 10 églises étaient incendiées et six chrétiens assassinés à Amhara et Oromia.

Sources : CBN News ; Voice of the martyrs ; Barnabasfund ; Open Doors ; Borkena.com