Revue de presse

Des étudiants français fêtent Noël avec les chrétiens de Syrie

Famille chrétienne

24 décembre 2013

Une vingtaine d’étudiants et jeunes professionnels de l’association SOS Chrétiens d’Orient vivront la Nativité de Jésus au milieu des chrétiens syriens avec une seule prière en tête : la paix pour tout un peuple.

Abiar ne le cache pas. « J’en veux à la France ». Depuis le début de la crise syrienne, le soutien français aux forces d’opposition à Bachar El Assad, dans les rangs desquelles figurent de nombreux djihadistes, crée un malaise parmi le peuple syrien. Opposés à cette politique et conscients de la souffrance des Syriens et de leur désir de paix, une vingtaine d’étudiants ou jeunes professionnels français de l’association SOS Chrétiens d’Orient ont décidé d’aller fêter Noël à Damas. Une initiative saluée par les familles rencontrées sur place. « La présence de ces jeunes me fait comprendre que le peuple français nous soutient, malgré la politique de son gouvernement », fait amende honorable Abiar.

Un projet pour soutenir les chrétiens

A l’origine de cette aventure, une interrogation d’Olivier, entrepreneur parisien. « Après la menace d’intervention de la France, et la prise de Maaloula, j’ai voulu agir concrètement. Au lieu de venir combattre, pourquoi ne pas fêter Noël avec les syriens pour qui nous espérons la paix ? » Une date particulièrement bien choisie selon le père Ihab. « Les syriens sont tous très attachés à Noël, qui porte cette année une espérance inouïe : celle de la paix, le plus rapidement possible », se réjouit ce prêtre grec-melkite catholique.


Arrivés le 18 décembre à Damas, les jeunes Français visitent écoles, paroisses et orphelinats à la rencontre d’enfants, de leurs éducateurs ou parents. Benjamin, attaché parlementaire, en fait partie. « Je voulais apporter une aide concrète aux chrétiens d’Orient, et voir de mes yeux ce qui se passe en Syrie, conscient de la désinformation dont nous faisons l’objet à ce sujet », indique-t-il.


Soutenir les chrétiens était effectivement leur motivation principale, la réalité les a surpris comme l’explique Jean-Eudes, étudiant angevin : « c’est finalement pour tout le peuple syrien, dont les chrétiens font partie, que nous sommes là. Je suis impressionné de voir combien ils sont unis dans ce conflit, les chrétiens ne sont pas à part ». Bertrand, entrepreneur parisien, acquiesce. « Tous les syriens que nous avons rencontré souffrent et espèrent ensemble pour leur pays, les chrétiens comme et avec les autres ». 

Le patriarche grec-orthodoxe de Damas confirme leurs impressions. « Comprenez bien que nous souffrons d’abord parce que nous sommes Syriens et non chrétiens. A quelques exceptions près, nous ne sommes pas visés en tant que chrétiens, mais parce que nous sommes différents de ces fanatiques islamistes. La menace est la même pour l’immense majorité des syriens ».


A Damas comme ailleurs la vie continue tant que possible mais les Syriens sont usés par cette guerre qu’ils subissent sans l’avoir voulue : ce message de paix et de soutien venu d’un peuple occidental est donc un véritable réconfort. De leur côté, ces Français reviendront avec le message que tous ici leur demandent de porter : « Que l’Occident cesse de vouloir se mêler des affaires internes de la Syrie avec un interventionnisme particulièrement déconnecté de la réalité de la situation, et de la souffrance du peuple syrien » conclut Benjamin.

 

Un article de Charlotte d'Ornellas pour Famille Chrétienne