Actualités

Catastrophe à Beyrouth - Les volontaires dans l'action

News - 09/08/2020

Dans l’urgence, SOS Chrétiens d’Orient vient en aide aux habitants de Beyrouth. Pour les sans-abris, pour ceux qui ont tout perdu, faites un don !

bouton faire un don

Beyrouth, le samedi 8 Août 2020

« Plus de 100 morts pour l’instant selon nos sources. Vous faites vos valises ce soir. » Ce sont les mots du responsable de SOS Chrétiens d’Orient à Qaa, un village chrétien qui semble à la fois paisible et très éloigné des tourments de la capitale libanaise.

Le mardi 4 Aout à 17h15, deux explosions sont survenues au port de Beyrouth, coûtant la vie à de nombreux libanais. Nos téléphones vibrent, les noms des victimes apparaissent dans la presse. Aux crises politique et sanitaire qui ont mis le Liban à genoux, succède cette crise humanitaire qui vient l’achever, l’enfoncer dans un abîme si profond…

SOS Chrétiens Orient nettoyage école volontaires BeyrouthFace à l’urgence de la situation, SOS Chrétiens d’Orient décide d’appeler à Beyrouth trois volontaires travaillant à Tripoli et 3 autres à Qaa. Je fais partie de ces derniers. Notre petite équipe soudée de Qaa intervient auprès des familles en difficultés, des jeunes et des handicapés : l’essentiel des activités tourne autour d’un soutien moral de la population locale, essentiellement de rit grec catholique. Après quelques jours de volontariat, je me retrouve à rejoindre Beyrouth face à la pire catastrophe que le pays connait depuis des décennies.

Arrivés ce matin par une navette partie vers 5h, nous constatons la détresse des libanais face à ce drame. L’ensemble des vitres de magasins, des immeubles sont brisées en mille morceaux, les poubelles sont renversées, les visages sont noircis et marqués. Beyrouth est en deuil.

Dans la navette, étourdi par le paysage que je découvre, j’aperçois de nombreux jeunes se précipitant dans les rues avec un balais à la main, afin de venir soutenir les familles dont le foyer est inondé de débris. C’est émouvant, malheureusement cela paraît insuffisant face au chaos qui règne. Je finis par croire que les libanais ne sont jamais surpris de leur mauvais sort, ils persistent à porter secours, à rester soudés. Je me sens loin de chez moi.

Le Liban, malgré les tensions communautaires réelles qui secouent le pays, reste une grande famille : avec 4 millions d’habitants, les voisinages se rapprochent. Nombreux sont, parmi ceux que nous rencontrons, ceux qui connaissent des victimes, leurs familles. Les rues sont dévastées. L’explosion a touché une très large surface de la ville, avec en premier lieu le quartier chrétien dans lequel nous séjournons. Beyrouth serait devenue en l’espace de quelques temps un champ de ruines.

Arrivés à la maison-mère de SOS Chrétiens d’Orient aux alentours de 9 heures du matin, nous déposons nos valises en vitesse, et nous dirigeons vers l’établissement Laure Moghaizel Shahroride, une école publique et interconfessionnelle. L’idée est de pouvoir rapidement nettoyer, ramasser les débris. J’étais plein d’espoir avant de voir de mes yeux l’établissement. J’étais à des années lumières d’imaginer un tel désastre : c’est absolument effroyable. Les portes sont déchiquetées, les vitres toutes brisées et éparpillées dans la cour de l’école. Les chaises et tables ont volé par-dessus les fenêtres, et sont venues se briser dans la cour. Les étages sont tous dans un état pitoyable. D’un naturel optimiste, je monte les escaliers et j’espère trouver une salle de classe ou seules les vitres sont brisées. L’Etat libanais, en défaut de paiement, ne pourra pas financer les réparations. Nos visites dans les classes se succèdent, aucune d’entre elles n’est apte à accueillir des élèves à la rentrée prochaine.

Des jeunes du quartier sont présents, ils gardent le sourire, ils viennent et nous disent à l’oreille « Merci la France ! ». Parmi eux, nombreux sont eux-mêmes des écoliers de l’établissement, venus appuyer notre équipe de SOS Chrétiens d’Orient pour rétablir un semblant d’ordre dans les lieux. Nous formons avec les élèves ainsi que les volontaires de l’association Caritas Liban, des chaînes humaines afin de vider les salles des débris de l’explosion. Nous tentons de maintenir le moral des troupes, mais rien n’y fait : la tâche parait trop grande, vertigineuse, pourtant nous sommes nombreux sur place et globalement très motivés. Nous maintenons notre attention sur nos gants et nos pelles, nos gestes : c’est une manière d’éviter d’être dépassés par ce qui nous entoure.

SOS Chrétiens Orient Liban nettoyage école Beyrouth volontairesJe constate à quel point on peut être dépassé par les évènements et l’Histoire. Nous resterons pendant un temps indéterminé à Beyrouth réduite en ruines.

Une enseignante de français présente pour les travaux : « C’est un miracle qu’aucun élève ne soit mort, quelques-uns sont à l’hôpital, mais nous sommes confiants. »

L’ensemble des vitres des immeubles avoisinants l’école ont été soufflées, et sont venues s’écraser aux 2ème et 3ème étage. Après 8 heures de travaux, essoufflés par la tâche, nous rentrons à la maison-mère, mitigés. A la fois déprimés devant le spectacle du jour, mais émerveillés face à la mobilisation du peuple libanais dans les quartiers. Nos regards se croisent, mêlés de tristesse, de compassion, de reconnaissance aussi. Nous maintenons notre équipe récemment formée à Beyrouth. Nous interviendrons à nouveau au sein de l’école Moghaizel Shahroride, mais aussi auprès de l’hôpital de la Quarantaine, proche du port et dévasté par les explosions. Nous continuerons à participer activement au plan d’urgence mis en place par SOS Chrétiens d’Orient.

François M, volontaire au Liban

 

Dans l’urgence, SOS Chrétiens d’Orient vient en aide aux habitants de Beyrouth. Pour les sans-abris, pour ceux qui ont tout perdu, faites un don !

bouton faire un don