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Beyrouth en deuil : les jours d'après.

News - 07/08/2020

L'ampleur de notre action pour les rescapés de l'explosion dépend de votre aide. N'attendez plus, sauvez des vies.

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« Je me demande combien de fois encore un pays peut mourir avant de ne plus exister. »

Le mardi 4 août, il est 17h15 à Beyrouth quand un gigantesque champignon de fumée suivi d'une détonation tonitruante secoue la capitale et ses millions d'habitants. On a tout juste le temps de se questionner : un exercice militaire ? Un phénomène naturel ? Mais rapidement les vitres des bâtiments sont soufflées, puis la déflagration, assourdissante retentit.

« J’ai juste pensé que la mort venait et que je ne pouvais rien faire pour y échapper », raconte Madeline L’Hermitte au journal Ouest france.

Beyrouth explosion homme blesséSur un rayon d’une dizaine de kilomètres, Beyrouth n’est que dévastation et ruines, évocation pour beaucoup d’un nouvel Hiroshima. Les quartiers proches du port sont détruits : la rue d’Arménie, Getaoui, Bourj Hammoud… Partout, les immeubles sont dévastés, les entrées des commerces soufflées et les appartements mis à nu, plus de fenêtres, de portes, parfois de murs.

Dans les premières minutes qui suivent la catastrophe, c'est l'épouvante. Désorientés et blessés, le visage tuméfié, les Libanais s'extirpent des gravats et des carcasses des voitures. De la fumée opaque rosées et bleues puis noire se dégage des amas d'immeubles calcinés. Les sirènes retentissent à tout va, décuplant l'intensité anxiogène de la scène apocalyptique. Les femmes crient.

Beyrouth explosion enfant blesséBeyrouth éventré compte ses morts. Au détour d'une rue dévastée, on parle déjà d’un bilan sévère : une dizaine de morts, des centaines de blessés. Mais quand on connait la densité de population de la capitale, qu’on voit l’intensité de l’explosion, on imagine hélas que l’on va vers un nombre de victimes bien plus élevé. Les corps sont retrouvés un à un dans les décombres. Le bilan double en 3 jours.

La jeune Sahar Fares, 25 ans, pompier à Beyrouth, est morte en tentant de maîtriser les premières flames. Elle était supposée se marier l’an prochain. Une cérémonie funéraire à laquelle ont participé des musiciens et une grande foule, s'est tenue dans son village d’origine, à Qaa, un village dans lequel les membres de SOS Chrétiens d’Orient sont présents.

Beyrouth explosion soignantsC’est aussi en accomplissant leur devoir, en sauvant des vies, que quatre infirmières de l’hôpital Saint-Georges ont perdu la vie. Cet hôpital universitaire moderne, jouxtant une belle église grecque orthodoxe dans le quartier de Getaoui, a été dévasté. Des taches de sang encore fraîches colorent les trottoirs de la rue principale du quartier de Geitaoui, à l’est de Beyrouth. Mélangés aux débris de verre, tissus ensanglantés et gants souillés jonchent le sol, témoignant du cauchemar dans lequel les habitants de ce quartier plutôt modeste ont plongé en l’espace de quelques minutes.

Les hôpitaux déjà fragilisés par la crise économique et la flambée de cas de coronavirus sont saturés. On compte 5.000 blessés. Les cas « les moins urgents » sont parfois obligés de faire la tournée des hôpitaux avant d’être soigné. C'est le cas de cette femme blessée par éclat de verre planté dans son épaule. Les services d’urgence traitent en priorité les blessés qui nécessitent une intervention d'urgence absolue.

Beyrouth explosion détresseLes secours sont toujours à la recherche de centaines de disparus et font leur possible pour retrouver un maximum de personnes vivantes. On a notamment vu un homme, porté sur un brancard par des secouristes, applaudis par la foule, il a passé plus de dix heures sous les décombres.

300.000 habitants de Beyrouth ont perdu leur logement. Certains ont réussi à se faire héberger chez des amis, de la famille. Des gérants d’hôtels, fermés en cette période de crise, ont rouvert leurs portes pour accueillir les ses sans-abris.

Alors que la situation géopolitique est extrêmement tendue, que le Liban subit chaque jour des pressions internationales, des violations de son territoire, cette nouvelle catastrophe est un couperet.

Beyrouth catastrophe 2020 rues vides« On a vu les évènements se succéder les uns aux autres : la crise économique nous a laminés, puis le Covid-19 nous a mis à genoux. Il y a quelques mois, on se demandait avec humour ce que pourrait être le coup de grâce. Une météorite ? Le voilà désormais : nous sommes morts », lance Georges Yared, un habitant de Beyrouth.

« Et je me demande combien de fois encore un pays peut mourir avant de ne plus exister ? », dit Georges Yared, avec, dans la voix, une tristesse infinie.

Un attentat ? une négligence ? Bien coûteuse s'il en est ! 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, soit 600 tonnes de TNT, un engrais très explosif, étaient stockées depuis 6 ans dans le port de Beyrouth, à deux pas des habitations.

Comment expliquer leur stockage si près des habitations ? Pourquoi l’explosion ? Nous chercherons les réponses plus tard. Pour le moment, l’urgence c’est de secourir, dégager les gravats, puis reconstruire.

Ces deux derniers jours, les Beyrouthins ont les pieds dans les gravats. Certains soignent à peine leurs blessures, d'autres nettoient les quartiers dévastés comme pour faire oublier le plus rapidement possible cet événement tragique.

Mais dans l'horreur, le Liban n'est pas seul. Aux quatre coins du monde, tous ont les yeux rivés vers leBeyrouth explosion voitures nuage Levant. Quand les monuments de Dubai, d'Egypte et de Tel Aviv s'illuminent aux couleurs du Liban, la tour Eiffel s'éteint en signe de deuil. De nombreux pays envoient des travailleurs de la santé, du matériel médical et des hôpitaux de campagne. Du renfort du Koweït, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de l’Égypte, de la Grèce et du Qatar sont déjà sur place, au lendemain du drame.

Quelques heures après l'explosion, alors que le port est à feu et à sang, 55 militaires de la sécurité civile français prennent leurs derniers ordres dans le terminal de l’aéroport de Roissy. Sur le tarmac, en colonnes, ils partent avec des chiens pour retrouver des blessés ou des corps et du matériel médical afin de dépanner les hôpitaux locaux.

Le jeudi 6 août, le président de la République française, Emmanuel Macron, se rend sur place. On savait les Libanais excédés par la situation. Dans les rues, ils n’ont pas hésité à lui exprimer leur ras-le-bol. Certains, par pure provocation vis-à-vis des politiciens locaux, peut-être, demandent même à la France de recréer un mandat en Orient et de gérer les affaires du Liban.

Ce à quoi le président de la République répond : "Après avoir vu, entendu et écouté aujourd'hui les regards et les voix de nos frères libanais, [je veux] vous dire combien je ressens une infinie tristesse, une profonde solidarité et partage la saine colère que nous avons vue s'exprimer aujourd'hui. ( ...) Nos destins sont noués. (...) Nos destins sont liés indéfectiblement par les liens du temps, de l'esprit, de l'âme, de la culture, du rêve, en ce jour de deuil, à Beyrouth mille fois morte, mille fois revécue. [...] C'est aussi le cœur de la France qui est frappé."

image 2020 08 07 13 11 31La France n'abandonnera pas les Libanais. Jeudi prochain, le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre amènera médicaments, soignants et matériel.

Malgré le choc et la douleur des évènements, les Libanais ne désespèrent pas et ils le savent, ils se relèveront plus forts que jamais. Pour cela, ils ont besoin de vous, de vos prières, de votre soutien, de vos dons.

SOS Chrétiens d’Orient répond à l’appel au secours des Libanais. Les donations alimentaires sont l'urgence absolue, car beaucoup de personnes ont perdu leur maison et se retrouvent sans emploi car de nombreux sièges d'entreprises ou commerces ont été détruits, sans compter les réserves disparues dans l’incendie du port...

Nous avons prévu un plan d'aide régulier pour 1500 familles, avec un colis alimentaire quotidien à 21 euros.

Nous allons coopérer avec l'ONG libanaise Nawraj, qui met à notre disposition un local de 300 m2 pour stocker la nourriture et procéder aux distributions.

Nos équipes vont vite se rendre à Beyrouth, en prenant les précautions nécessaires contre le Covid-19, pour lancer le plan d'urgence.

L'ampleur de notre action pour les rescapés de l'explosion dépend de votre aide. N'attendez plus, sauvez des vies.

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