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Juillet 1974, la Turquie envahit la Chypre du Nord et en chasse les chrétiens.

News - 22/07/2020

Le 20 juillet 1974 à 5h45, la Turquie lance « l’opération Attila » ou « opération paix pour la Chypre », jetant dans la bataille 40.000 soldats alliés à 20.000 miliciens tucs chypriotes contre 12.000 chypriotes grecs.

Larme turque envahit Chypre

La Garde nationale chypriote venait tout juste de renverser le président de la République de Chypre, l’archevêque Makarios III. La Turquie prétexte la protection de la communauté turque chypriote et répond au coup d’Etat par l’invasion. Les troupes turques débarquent massivement depuis des barges. Des parachutistes atterrissent entre Kyrenia et Nicosie. La marine turque et l’aviation sont aussi déployées. Un cessez-le-feu est signé au bout de quelques jours de combats. Mais l’opération Attila II, menée par les forces turques entre le 14 et le 16 août, se solde par « la prise » de 38% du territoire chypriote.

L’occupation turque est terrible, nombre d’atrocités sont commises. La population grecque est contrainte de quitter les terres de Chypre du Nord. Des prisonniers sont torturés, des milliers de personnes sont portées disparues, enlevées dans les geôles turques. Certaines n’ont jamais refait surface. Par ailleurs, les viols de femmes par des miliciens ou des soldats turcs sont légions.

D’un point de vue culturel et religieux, la Turquie procède à un grand nettoyage. Depuis 1974, 55 églises ont été converties en mosquées alors que 50 monastères et autres édifices religieux sont transformés en hôtels, étables ou tout simplement détruits. Ces actes ont surtout visé des lieux de culte grec-orthodoxe. Les destructions et les expulsions n’ont pas, ou peu, touché les maronites du nord de l’île, sûrement à cause de pressions exercées par le patriarcat au Liban. Les fresques et icônes, qui n’ont pas été détruites, se sont souvent retrouvées sur les marchés d’art, jetées là par les pilleurs. Ainsi, en 2011, le chanteur britannique Boy George restitue à l’Eglise de Chypre une icône du XVIIIème siècle qu’il avait en sa possession. Il ignorait son origine nord-chyChypriotes grecs faits prisonnierspriote. Elle ornait l’église de Saint-Charalampus, proche de Nicosie.

Aujourd’hui, la République turque de Chypre du nord n’est reconnue que par la Turquie. En tout, 200.000 Chypriotes grecs, orthodoxes pour la plupart, ont été contraints de quitter leurs foyers au nord de l’île. La Turquie, pays laïc, chasse tout ce qui n’est pas musulman dans les territoires qu’elle contrôle, biens et personnes. L’exode des chrétiens de Chypre du nord semble le prouver. 1.600 Chypriotes grecs sont encore portés disparus. Des cimetières et des églises ont été saccagées, des villages sont vidés de leurs habitants.

Sources : Susam Sokak ; Greekcitytimes ; Lobbyforcyprus