Actualités

Partir en mission : un parcours bien balisé.

News - 20/07/2020

Comment devenir volontaire pour SOS Chrétiens d’Orient ? Iseult Béchaux, qui avait été envoyée six mois au Liban avant d’être nommée responsable des volontaires au sein de l’association, en explique les étapes.

Pour devenir volontaire, il faut avoir au moins 18 ans, être en forme physique et apte à la vie en collectivité, montrer qu’on a compris le sens de l’action menée par SOS Chrétiens d’Orient et s’engager, de préférence de bonne grâce, à se plier à ses règles. Par exemple, on peut ne pas être chrétien, on peut même être musulman, mais à condition, une fois en mission, d’aller à la messe le dimanche. « On n’est pas obligé d’y prier, mais on est obligé d’y aller. » Idem pour la prière qui a lieu, chaque matin, avec le chef de mission.

Le soutien familial.

Il faut aussi avoir le soutien de sa famille. Comment s’en assurer ? Lors d’un entretien individuel, qui est filmé, « je leur demande et leur redemande si leurs parents, leur fratrie, leurs cousins, etc. les soutiennent. Ils peuvent mentir mais ça finit toujours par se voir. En plus, en face de la caméra, c’est compliqué de tricher. Les vidéos sont détruites quand ils rentrent de mission, mais si jamais les parents venaient de se plaindre, elles nous serviraient de preuve. »

Avant cet entretien individuel, les candidats ont rempli un questionnaire. Une partie CV et une partie plus personnelle du type : «  Que cherchez-vous à travers cette mission ? » Afin de ne pas aider les importuns à contourner l’obstacle, aucune indication n’est donnée sur les réponses qui sont rédhibitoires. De toute façon, les intrus seraient vite démasqués : les candidats doivent fournir les noms et coordonnées de deux personnes que l’association peut appeler pour s’assurer de sa moralité. Pour valider définitivement leur sélection, les candidats doivent aussi accomplir deux tâches. La première consiste à mener une action militante au profit de l’association : organiser une conférence ou toute opération permettant de faire connaître SOS Chrétiens d’Orient, attirer d’autres volontaires, trouver des donateurs.

Depuis cette année, ils doivent aussi adresser une « lettre de départ » à une vingtaine de leurs amis ou relations pour leur expliquer pourquoi ils ont décidé de s’engager. Un exercice qui les force à aller puiser au plus profond d’eux-mêmes et permet de sensibiliser les destinataires à la cause des chrétiens orientaux.

Sur l’ensemble des candidats, environ un quart ne partira pas, essentiellement de leur fait. « Autour de 20% des volontaires abandonnent en cours de route, soit parce qu’ils n’ont plus le temps (reprise des études, obtention d’un travail), soit parce que leurs parents ont mis leur véto, soit parce qu’ils se sont aperçus, notamment au cours de la journée de formation, que ça ne leur correspondait pas. De notre côté, nous en écartons dans les 5%, principalement pour des questions de forme physique, parfois aussi parce qu’on estime que leur personnalité, trop indépendante, pourrait être dangereuse à la fois pour eux et pour les autres. » In fine, après qu’Iseult Béchaux a procédé à l’écrémage, et que les chefs de mission ont donné leur avis, tous les dossiers sont validés par la direction de l’association. Les volontaires vont pouvoir partir… là où il a été décidé de les envoyer.

Répondre aux besoins.

Sur le questionnaire initial, le candidat devait indiquer le « lieu de mission désiré ». « A titre indicatif », était il précisé. Il fallait bien le lire et cela leur sera rappelé tout au long du parcours : ce ne sont jamais eux qui choisissent. Leur destination – leur « pays de mission » - leur est indiquée lors du dernier entretien «  en fonction des besoins et sur la base des requêtes des chefs de mission. Ce sont eux qui savent quelle compétence leur est nécessaire et pour quelle durée. » Tu voulais voir Alep et tu vas voir le Caire… « J’écoute ce qui m’est demandé, et j’y réponds quand cela est possible, mais les besoins priment sur les choix des volontaires. »

Ne reste plus qu’à accomplir les formalités pour l’obtention du visa et à prendre le billet d’avion pour l’aller et le retour. C’est SOS Chrétiens d’Orient qui s’en charge, mais c’est le volontaire qui en acquitte le montant. De même qu’il devra régler le surcoût si le retour est prématuré de son fait. « La notion de « faute grave » est contractuelle. Pour ceux qui dérogent trois fois aux règles de sécurité, c’est terminé : ils rentrent en France, ils payent la modification de leur billet et ils sont "blacklistés" ». Les cas sont rares, mais cela s’est produit. Depuis 2014, SOS Chrétiens d’Orient a envoyé 1800 volontaires en mission.


SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Venez vivre une expérience inoubliable en mission. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire. Faites un don !

Texte écrit par Bruno Larebière dans le Hors Série de l'Homme Nouveau N°36-37.