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Syrie - Loi César : On vous protège en vous affamant.

News - 17/06/2020

Le 17 juin, la loi César est entrée en vigueur aux États-Unis. Elle impose au gouvernement syrien des sanctions, d’une ampleur sans précédent, pour le faire craquer.

Alors que la population souffre de la guerre depuis bientôt 10 ans, alors que la crise économique frappe le pays, que les prix ont triplé en quelques semaines, alors que des sanctions existent déjà et fragilisent le confort de vie des habitants, alors que les différents gouvernements pourraient discuter entre eux, alors que l’embargo empêche le pays de se moderniser, tant au niveau de la médecine que de l’informatique, alors que le taux de suicide explose dans le pays et que la vente d’organe augmente afin de pouvoir vivre et nourrir sa famille, alors qu’une grand partie de la population vit dans des maisons à moitié en ruine, le gouvernement américain trouvait certainement que la population syrienne ne souffrait pas suffisamment et a décidé d’augmenter de manière drastique et disons-le, diabolique, les sanctions, en attaquant au cœur quatre secteurs : les hydrocarbures, l’aéronautique militaire, les finances et la construction.

Ainsi, toute entreprise qui souhaiterait travailler à la reconstruction du pays se verra sanctionner. Tous les pays souhaitant vendre du pétrole à la Syrie afin que les habitants puissent y avoir accès, que ce soit pour se chauffer l’hiver ou pour rouler en voiture, se verront sanctionner. Le secteur bancaire, dépendant beaucoup du Liban voisin, se verra également sanctionner…

Cette loi, au-delà de sa monstruosité envers les populations qui n’ont rien demandé, nous amène à réfléchir sur la notion de terrorisme économique. Combien de personne vont indirectement mourir à cause de ces sanctions ? Combien de dépression vont subvenir ? Combien de nouveaux exilés la Syrie va-t-elle encore connaitre ?

Paul Valéry disait : « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » Nous pourrions le paraphraser en disant que les sanctions économiques sont une punition subit par le peuple innocent afin de faire pression sur des dirigeants qui vous dérangent.

Après avoir subi la mort par les armes, le peuple syrien va à présent affronter la mort par asphyxie financière.

Plus que jamais, ils ont besoin de nos prières.

Jean-Rémi Méneau, chef de mission chez SOS Chrétiens d'Orient.