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Témoignage volontaire au Liban – Chez un peuple chaleureux très attaché à la France.

FR - 01/06/2020

 

A la rentrée 2019, j’entamais ma deuxième année de classe préparatoire militaire quand des problèmes de santé m’y ont fait mettre un terme. Après quelques mois de traitement je sautais sur l’occasion en voyant les mois libres qui s’offraient à moi pour les mettre à profit et partir avec SOS Chrétiens d’Orient. Cette idée me trottait depuis quelque temps dans la tête à force d’en entendre parler par des amis anciens volontaires. L’un d’eux me disait toujours « Si tu pars, n’en attends rien, vas-y et fonce, juste pour donner ». Il avait vu juste…

Je pars enfin début mars pour le Liban. Ma grand-mère y est souvent allée alors je connais quelques bribes des merveilles de ce pays. Elle me dit juste de passer voir son amie religieuse, résidant dans la banlieue de Beyrouth, que je connais depuis ma naissance, grâce au téléphone. Cette dernière m’appelle et me dit avec son accent qui sent bon l’Orient : « Le monde est devenu un grand village », avant de m’encourager à venir, avec un sourire qui transparaît à travers le téléphone. Pour conclure cette conversation bien joyeuse, elle me lance un « Yallah » tonitruant, le premier d’une très longue série. Je lui promets de passer la voir et je m’envole, pour Francfort d’abord, puis enfin pour Beyrouth.

A l’aéroport, mon chef m’attend et des Libanais insistent et négocient avec lui pour que l’on monte dans leur taxi. Il me dit avec un sourire : « Bienvenue au Liban ! Tu vas t’y habituer ! Ne t’inquiète pas ». 

Apparemment l’arrivée d’un volontaire a toujours sa petite particularité, comme je l’apprendrai par la suite. Ma mission débute par une retraite en silence près de Tripoli, dans le Nord du pays. J’y rencontre tous les volontaires de la Mission et me familiarise petit à petit avec ce nouvel environnement et cette nouvelle culture.

Dans ce pays, où les dégâts causés par les guerres se font encore sentir, l’accueil des Libanais et leur grand sens de l’hospitalité est étonnante. Une fois, nous rendions visite à des personnes démunies de notre quartier et nous avions préparé pour elles un gâteau.

Pourtant, dès notre arrivée, nous fûmes accueillis à grand coup de gâteau libanais et de thé, et même par un plat libanais alors qu’il était environ 16h ! Notre hôte nous confia qu’elle nous attendait pour que l’on mange le déjeuner avec elle. « Vous êtes comme ma famille, » nous avait-elle dit en remplissant très (voire trop) généreusement nos assiettes. Oubliez donc vos régimes si vous décidez de nous rejoindre au Liban !

sos chretiens orient liban immeubles cribles balles guerre civileLa guerre a laissé à chaque coin de rue une grande pauvreté matérielle, souvent bien largement compensée par une grande richesse de cœur. Les rues sont en fracas, l’économie est tremblante dans ce pays qui tente de se relever.

Le conducteur d’un taxi, chrétien arménien, nous confiait un jour qu’il souhaitait que son fils parte étudier en France en voyant le peu d’avenir qu’il avait ici… Triste mais vraie réalité des chrétiens et des jeunes libanais en général. Là est l’œuvre et le but de SOS Chrétiens d’Orient : permettre aux chrétiens de rester ici, chez eux, et s’ancrer en trouvant des possibilités de revenus et de développement. Par exemple en finançant la formation d’un jeune ou la réparation de la devanture d’une petite épicerie.

Chaque habitant que j’ai eu le privilège de rencontrer nous a fait don d’un sourire. Pas un sourire forcé mais un de ces vrais et profonds sourires que l’on voit peu mais qui nous imprègne pour longtemps.

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J’ai été également touchée ici par le grand attachement des habitants à la France. Souvent les Libanais considèrent notre pays comme leur mère adoptive. Notre voisin, un arménien de 94 ans nous dit un jour au cours de notre discussion « Je dis toujours que j’ai deux pays, le Liban et la France ». Grand nombre d’entre eux parlent ou ont des notions de français. Cet attachement ne fait qu’accroître leur joie de voir de jeunes français venir les aider et donner de leur temps pour eux. Chacun au Liban a son histoire, mais chacune comporte une part de guerre et de difficulté qui est souvent très récente voire encore actuelle.

Ma mission s’est finie plus tôt que prévu malheureusement du fait de la situation sanitaire mondiale et je me suis demandé si mon témoignage aurait une valeur du fait de la courte durée de mon séjour. Cependant cela n’a pas entaché mon élan et au contraire a accru mon envie d’y retourner, encore, pour plus longtemps, ailleurs.

Je voudrais avoir pu apporter et donner de moi-même autant, et je voudrais même davantage, que ce pays si petit mais si riche l’a fait. Alors je reviendrai, pour continuer ce qui ne fait que commencer.

Claire, volontaire au Liban.


SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Claire, venez vivre une expérience inoubliable au Liban. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.

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