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Témoignage volontaire en Egypte – Si l’on s’attend à sauver le monde…

FR - 25/05/2020

SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Médéric, venez vivre une expérience inoubliable en Egypte. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.


A 23 ans, après un cursus scolaire « classique » d’étudiant en Master, avant d’entamer ma vie professionnelle, je me sentais prêt à me lancer dans la vie, mais humainement, je ressentais le besoin de vivre une expérience au service des plus fragiles, et de sortir de ma zone de confort. Ayant déjà connu l’engagement et le service dans différentes activités, par exemple dans le scoutisme, je savais tout le bienfait que l’on apporte aux autres mais aussi à soi.

Au moment de cette réflexion, je repensais aux quelques connaissances parties pour des durées variables en mission avec SOS Chrétiens d’Orient. Je me suis donc renseigné, formé, et me voilà parti, en février dernier pour une mission de 3 mois. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…

Je suis donc arrivé au Caire, dans la maison mère de la mission en Egypte. Je fus assez vite nommé responsable de la logistique et de l’intendance de la maison.

Je ne vous dirais pas que j’ai été indispensable, et que sans moi la situation des chrétiens en Egypte se serait détériorée encore. Si parfois nous pensons arriver en super-héros, prêt à sauver des vies, nous déchantons bien vite.

J’en pris conscience au Centre Zeytoun accueillant des enfants handicapés de 5 à 20 ans. Ce projet se montait lorsque j’étais en Egypte. Nous avions pour mission d’évaluer la possibilité d’y apporter une aide régulière.

sos chretiens orient egypte volontaire garderie ezbet el nakhlLors de deux matinées, nous avons donné à manger aux enfants et à certains adolescents incapables de se nourrir seuls, nous avons assisté aux répétitions du spectacle que les enfants donneront à la fête des mères et nous avons joué au ballon avec les plus jeunes.

A l’issue, je discutais avec la responsable du centre, et je lui demandais de quelle manière nous pourrions être vraiment utiles. Au-delà du fait que nous faisions des choses que les animatrices du centre pouvaient faire sans nous, nous avions parfois l’impression de déranger. La responsable du centre, Miss Mary, me dit alors « Ce que vous avez fait ici les deux fois où vous êtes venus est magnifique. Vous ne pouvez pas nous être plus utiles qu’en nous soulageant dans les petites choses, et en apportant une présence extérieure aux enfants, qui sont contents de voir de nouvelles têtes ». Je réalisais alors que l’aide apportée n’est pas proportionnelle aux moyens déployés.

J’ai aussi ressenti cela dans ma mission en tant que responsable de maison. On ne s’attends pas à partir en Egypte pour faire les courses, laver les draps et être responsable du ménage ! Mais j’ai réalisé que, même si je n’étais pas au contact de la population, j’aidais les volontaires à être à l’aise, dans un endroit propre, à bien manger etc… Cela permet ainsi que chacun se libère de ces petites préoccupations du quotidien afin de se concentrer pleinement sur ses missions.

***

J’ai aussi eu le temps de constater l’impuissance des volontaires. Tout d’abord lorsque de fortes inondations ont touché le Caire, et plus précisément le bidonville du 15 May. Nous ne pouvions qu’assister, médusé, de loin, au drame humain se jouant à quelques kilomètres de chez nous. Ces gens qui n’ont rien, à qui nous apportons une assistance régulière, se faisait emporter ce qui leur restait, c’est-à-dire un abri de fortune. Pour ne pas nous mettre en danger, suffisamment de personnes l’étaient, nous sommes restés confinés dans notre appartement, attendant que l’orage passe, pour venir les aider après coup.

Le deuxième évènement m’ayant fait ressentir l’impuissance, a été celui qui a causé notre retour prématuré en France, le Coronavirus.

Nous savions que les populations n’étaient pas forcément préparées, que les chiffres officiels étaient biaisés, et qu’une catastrophe risquait d’arriver. Cependant, une fois de plus, il était plus sage de ne pas nous mettre en danger, et de rentrer en France.

Cette impuissance, que l’on peut trouver injuste, permet de nous rappeler qu’une mission humanitaire ne correspond pas aux attentes que l’on peut avoir avant de partir. Si l’on s’attend à sauver le monde, que notre présence est indispensable, alors on se trompe. L’essentiel de la mission consiste en de petites actions, sur le long terme, dans l’ombre. Ce sont sur ces petites choses que nous pouvons avoir un vrai impact, utile, pour soulager une population en détresse.

Cette mission, bien que plus courte que prévue, fût donc pour moi riche en enseignement. Je retiendrai que ce sont les petites actions quotidiennes au service des autres qui font réellement changer les choses. Il faut donc s’armer de patience et de volonté, et accepter que les effets de nos actions ne se voient pas, et puissent mettre du temps à montrer leur utilité à grande échelle.

Médéric, volontaire en Egypte.

SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Médéric, venez vivre une expérience inoubliable en Egypte. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire, faites un don.

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