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Témoignage volontaire Liban – Rien ne s’est passé comme prévu.

News - 18/05/2020

SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Arnaud, venez vivre une expérience inoubliable au Liban. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire.


Courte a été ma première mission, court sera mon témoignage, mais nombreux sont les premiers enseignements.

Cette année était ma dernière année d’école d’ingénieur avant de débuter ma vie professionnelle. Je veux profiter de cette transition pour faire une halte spirituelle, et pour partir à la rencontre du monde chrétien en dehors de nos frontières européennes. Enthousiasmé par les témoignages d’anciens volontaires de SOS Chrétiens d’Orient, je décide de suivre leur pas en espérant que ceux-ci soient aussi ceux de Jésus. Le 10 mars, je dois partir au Kurdistan Irakien y rejoindre la mission.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis autant d’énergie au service de ma vie spirituelle, et j’espérais bien que le Seigneur me rendrait la monnaie de ma pièce en m’aidant à y voir plus clair dans ma vocation, ma foi, et ma manière de la vivre au quotidien…

Peut-être ce « chantage » n’as pas trop été au goût du Seigneur, puisque je me sens abandonné de lui lorsque sont annoncés successivement l’assassinat du Général Soleimani, puis l’enlèvement des 4 salariés à Bagdad, puis, 4 jours avant mon départ, l’interdiction d’entrée sur le territoire irakien pour tous les Français en raison de l’épidémie de Coronavirus.

A ma colère et mon incompréhension face à ce qui me semble être une démission de la Providence, succède à nouveau l’espérance et la confiance lorsque l’on me propose le 9 mars de finalement partir rejoindre l’association au Liban. Certes, le dépaysement sera peut-être moindre, la souffrance aussi, mais cela reste un peuple dans le besoin et cette mission, une œuvre de paix et d’espérance.

J’atterri le 10 mars à Beyrouth, et je découvre alors un pays relativement occidentalisé, mais dans lequel il est de bon ton de montrer son appartenance religieuse… cela me surprend ! Je m’attendais quelques mois plus tôt à partir en mission dans un pays en guerre, dans lequel les chrétiens seraient persécutés (du moins qui fuiraient la persécution) … et me voilà dans un pays où l’on trouve des centres commerciaux identiques aux nôtres, tous les produits de première nécessité en quelques minutes, où l’on peut entendre « Djadja » à la radio, et où les 40% de chrétiens du pays arborent fièrement un chapelet ou une image de Saint Charbel…

A la maison SOS, on m’explique alors le sens de notre action et de notre présence ici : soutenir et aider les chrétiens du Liban, qu’ils puissent être artisans de paix et ainsi éviter la naissance de nouveaux conflits. Un peu d’histoire du Liban plus tard, je comprends pleinement ma présence ici, et demande au Seigneur de me pardonner pour mon manque de ferveur et de confiance.

Les jours qui suivent, nous partons en chantier dans une communauté religieuse, afin de pallier la suspension de nombreuses activités à cause du coronavirus. Durant tous les trajets que nous effectuons, je m’émerveille devant la ferveur des Libanais, et leur joie de voir des occidentaux présents à leur côté. Cela est la première richesse humaine que j’y ai découvert.

Le confinement ordonné dans la foulée me permis de découvrir une deuxième richesse humaine, celle des volontaires qui s’engagent, venant de tous horizons, d’âges divers et variés, mais tous animés du même esprit. En quelques jours, malgré les nombreux va-et-vient, je retrouvais une réelle vie de famille, de communauté.

Comme me disait le responsable à mon arrivée, « le lien qui nous unit entre chrétiens est plus fort que celui avec mon propre frère. Car le lien que j’ai avec mon frère est un lien de sang, qui périt à notre mort. Mais le lien entre chrétiens, c’est le Christ qui vit pour toujours. » Cette parole marquante met parfaitement en évidence l’origine de ces deux richesses humaines.

Le dimanche, nous allions à la messe catholique arménienne, l’occasion pour moi de découvrir le rit oriental et d’en apprécier la richesse. Après la messe, tous les fidèles et le Père nous retrouvions autour d’un café, énième exemple de la convivialité et de la culture de l’accueil libanais. Il était touchant de voir à quel point notre présence comptait pour la communauté chrétienne, entre sourires et invitations à rester au Liban à leurs côtés malgré les troubles sanitaires dans le monde.

Malheureusement, six jours après mon arrivée, la majorité des volontaires et moi-même étions contraints d’être rapatriés en France à cause du coronavirus. J’avais de nouveau des difficultés à percevoir ce qu’attendait Dieu de moi dans ces épreuves.

Sur le chemin du retour, le Père Nicolas (volontaire avec nous) me confiait sa tristesse de quitter le Liban pour « retrouver une société sans Dieu ». Cela traduisait simplement comme l’organisation communautaire de la société libanaise vous aide à vivre votre foi, épaulé par la force qui émane des communautés chrétiennes libanaises.

Une fois le retour effectué et l’orage passé, déçu de ne pas avoir pu poursuivre ma mission, je déclarais cette dernière inachevée et décidais de la poursuivre dans l’année qui vient, même s’il faudrait faire des sacrifices. Peut-être est-ce ce que Dieu voulait me dire, de ne jamais renoncer à m’engager à ses côtés, et de déposer entre ses mains mon avenir ? C’est ce que je retiendrai…

Arnaud, volontaire au Liban.


SOS Chrétiens d’Orient envoie des volontaires tout au long de l’année. Comme Arnaud, venez vivre une expérience inoubliable au Liban. Ne vous posez pas de questions. Les seules limites sont celles que vous vous imposez.

Par jour, la mission d'un volontaire coûte 33€ à l'association. Si vous ne pouvez pas partir, parrainez un volontaire.

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