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Trésors irakiens - Transmettre l’histoire pour mieux appréhender l’avenir.

FR - 14/05/2020

Lorsque Monseigneur Najeeb, archevêque chaldéen de Mossoul et d’Aqra, nous reçoit, en cet après-midi de février, je viens de clore la dernière page de son livre, Sauver les livres et les hommes : un témoignage fort de la détresse des communautés chrétiennes de la Plaine de Ninive et un combat, celui de la lutte pour la sauvegarde d’un patrimoine millénaire. Il consacre, en effet, une partie de son temps à la numérisation et à la restauration d’écrits anciens et de manuscrits, qu’il a sauvé in extremis des mains de l’Organisation Etat islamique.

Nous sommes reçus par cet homme d’une soixantaine d’années qui nous invite à prendre le thé, et dont la chaleur communicative contraste, et c’est tant mieux, avec la température négative de cette journée d’hiver à Erbil. Lorsqu’il nous demande si nous avons des nouvelles de nos quatre amis disparus un mois plus tôt à Bagdad, je comprends à sa sérénité et à sa rationalité positive sur les faits, que c’est le genre d’évènements qu’il a déjà trop vécu. Difficile de se rendre compte, de notre point de vue d’occidentaux, des traces et des histoires que la guerre a laissé ces dernières décennies en Irak.

Pendant que Monseigneur Najeeb nous fait visiter son laboratoire et nous montre l’étendue de sa collection, je prends conscience que nous sommes face à un homme passionné qui, parfois, a le regard émerveillé que peut avoir un enfant quand il nous montre le dernier jouet qu’il a reçu. L’image prête à sourire mais le sujet est sérieux : cet homme a sauvé des milliers de livres anciens, de manuscrits, de vieilles correspondances, d’objets multiséculaires, avant que tout cela ne soit brûlé par Daesh. Un combat pour sauver l’histoire et l’identité des chrétiens d’Orient.

Monseigneur Najeeb nous explicite par exemple le passage de son livre sur la cité de Nimrod, un site archéologique millénaire détruit par des soldats de Daesh armés de bulldozers. Il s’est rendu sur place, une fois la cité libérée, car il avait été mis dans la confidence que les moines avaient cachés, deux jours avant l’arrivée de Daesh, 500 manuscrits dans une fausse cloison du monastère situé à proximité.

A son arrivée, tout est dévasté ! Les islamistes ont fait du monastère une sorte de siège pour une police des mœurs : la cloison et le trésor qu’elle cache sont donc miraculeusement intacts ; « une grâce au milieu des ruines », nous dit-il en souriant.

J’ai trouvé en Irak une communauté chrétienne qui sait rester positive et envisager l’avenir malgré l’adversité. C’est admirable de les voir rester sur leur terre malgré les évènements, et c’est un honneur de pouvoir – même si c’est à toute petite échelle - contribuer à ce qu’ils y parviennent.

Monseigneur Najeeb a, par ailleurs, réunit bon nombre de preuves que les fanatiques de l’Organisation Etat islamique ont laissé derrière eux et compte, dans le futur, ouvrir un musée sur les exactions commises par ces soldats de l’horreur. Il espère ainsi que l’histoire n’oubliera pas, et ne pardonnera pas, toutes les atrocités engendrées.

C’est également pour cette raison qu’il s’est engagé auprès des déplacés chrétiens et yézidis à Erbil, à créer des écoles car, selon ses mots, « l’éducation est notre arme la plus efficace pour combattre Daesh qui a choisi l’obscurantisme ».

Être volontaire de SOS Chrétiens d’Orient, c’est aussi avoir la chance de rencontrer des personnes et des destins exceptionnels qui font relativiser certaines distinctions à la Légion d’Honneur en France.

Après le confinement, viens aider Monseigneur Najeeb à préserver les trésors culturels irakiens et participe aux nombreux chantiers de rénovation du patrimoine de Ninive. Rejoins-nous!

Paul-Henri, volontaire en Irak.