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En colère, les Libanais manifestent contre la crise.

FR - 05/05/2020

Des banques en feu, des affrontements parfois violents, la contestation est de retour dans les rues du Liban. Si l’épidémie de coronavirus semble relativement contenue (25 décès), les restrictions pour enrayer sa progression aggravent la pauvreté et portent le coup de grâce à une économie à l’agonie.  « Nous préférons être emportés par le coronavirus plutôt que de mourir de faim », criaient des manifestants à Tripoli, le lieu le plus chaud de la contestation.

Dans tout le pays, avec les mesures restrictives, les travailleurs journaliers sont au chômage, ils n’ont pas de salaire, pas d’assurance maladie, pas d’assurance sociale. Aujourd’hui, 50% des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté et 40% sont au chômage. Désespérés et minés par les soucis financiers, nombreux sont ceux qui ont tenté de s’immoler par le feu.


« Nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin de l’assistance internationale », a plaidé le chef de l’État, Michel Aoun, lundi 6 avril, lors d’une réunion du Groupe internationale de soutien au Liban.

Inflation galopante, pénurie de liquidités et forte dépréciation de la monnaie par rapport au dollar. Tous les indicateurs financiers sont au rouge ! Englué dans une crise économique et sociale profonde, le Liban croule sous une dette de 92 milliards de dollars, soit 170% du PIB.

Depuis novembre, les banques sont quasiment fermées et limitent de plus en plus les retraits. Dernièrement, alors que bon nombre de transactions se font en dollars, les banques ont décidé de délivrer quasiment exclusivement des livres libanaises. Or, la plupart des dépôts l’avaient été en dollars.

Du fait de la dépréciation monétaire, le pouvoir d'achat des foyers a chuté d’environ 60 % depuis l'été dernier. Les prix enregistrent une hausse d’environ 55%, comme l’a reconnu Raoul Nehmé, le ministre de l’Économie. Une boîte de lait en poudre, qui valait 20 000 livres libanaises (12€), en vaut plus de 50 000 (30€) aujourd’hui. « Nous n’avons rien ! Nous n’avons pas les moyens d’acheter du pain ! » explique Dana, une Libanaise, au micro de TV5 Monde.

Dans ce climat de tension, les Libanais sont descendus dans la rue à peine le déconfinement confirmé. A Tripoli, un jeune homme de 26 ans a été tué au cours de violents affrontements entre des manifestants et l’armée Libanaise. Des scènes de guérilla urbaine se sont poursuivies jusqu’à tard dans la nuit de 25 avril, dans une ville envahie par la fumée des gaz lacrymogènes et où retentissaient des tirs de semonce. Le bilan fait également état de 20 personnes blessées alors qu’un véhicule militaire a été incendié par le jet d’un cocktail molotov. Plusieurs banques ont également été vandalisées et incendiées à Beyrouth, à Saïda et à Tyr. A côté de ça, la crise du coronavirus semble déjà bien dérisoire et appartenir au passé.

L’article peut paraitre pessimiste mais lors de son écriture, les médias nationaux et locaux ne dédient aucune place pour d’hypothétiques bonnes nouvelles. Mais rassurez-vous chers lecteurs, c’est dans ce contexte particulier que la mission SOS Chrétiens d’Orient à plus de sens que jamais. Nous avons des projets importants à venir et nous allons tenter à notre bien trop petite échelle de venir en aide à ce peuple libanais qui ne mérite pas ce qui lui arrive.

Le moral des volontaires lui est au beau fixe mais nous gardons à l’esprit que nous allons devoir relever de nombreux défis car l’avenir du Liban s’annonce houleux.

L’économie fait naufrage, les banques brûlent mais l’espérance reste entière.

Sources :  TV5 Monde, France Culture, La Croix