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Élevés dans des familles déstructurées et violentes, ces jeunes libanais sont accompagnés par les volontaires.

FR - 31/03/2020

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Fondée en 1964 par le Révérend Père Afif Osseiran, la Fondation du Père Afif Osseiran (FPAO) est un internat gratuit pour garçons et une école technique ayant pour mission principale d’éduquer les enfants et adolescents démunis et difficiles, sans discrimination religieuse ou politique, et de leur transmettre des compétences techniques.

Depuis 2004, la FPAO est en charge de la réhabilitation des mineurs en conflit avec la loi dans la prison centrale de Roumieh. Elle apporte également une aide juridique aux jeunes dans le besoin et prend en charge les frais de réinsertion socio-professionnelle dans ses quatre centres (Beyrouth, Tripoli, Akkar, Saida).

La fondation accueille une cinquantaine de garçons en externat et une douzaine en internat du lundi au vendredi. Elle les forme aux métiers manuels de la mécanique, l’électricité, la maçonnerie, etc. puis leur assure des cours généraux (mathématiques, français, science) pour rattraper leur retard scolaire et compléter leur formation technique par de la théorie.

Les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient s’insèrent dans ce programme en favorisant un apprentissage du français et en développant leur culture générale.

« Pour tenter de capter l’attention de ces jeunes parfois très turbulents et peu studieux, nous proposons de nombreux cours en lien avec leurs centres d’intérêts et leurs futurs métiers. Certains veulent travailler dans la mécanique avionique, d’autres dans le domaine automobile, d’autres encore s’intéressent au fonctionnement des circuits électriques ou à la maçonnerie. Les goûts aussi nombreux que les enfants nous donnent l’occasion de trouver facilement de larges sources d’inspiration. Histoire de l’aviation, fonctionnement d’un moteur à piston, vidéo explicative d’un moteur à explosion, le tout en français bien sûr pour ne pas perdre notre objectif.

sos chretiens orient liban fanar jeunes libanais et animateurEt quand nous ne sommes pas avec ces jeunes les mains dans le cambouis, au sens figuré bien entendu, nous leur faisons visiter leur pays. Pour eux qui ne sortent que rarement d’un quotidien difficile, ces visites sont l’occasion de découvrir les richesses culturelles du Liban.

Dans un jeu comparatif entre le Pays du Cèdres et la France, beaucoup ont du mal à s’imaginer un pays peuplé de 67 millions d’habitants, soit plus de dix fois la population au Liban. Si certains en savent un peu plus que d’autres, ils ne connaissent de la France que Paris et parfois sa célèbre Tour Eiffel, allez savoir pourquoi…

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Notre rôle ne se limite pas au cadre strict d’une salle de classe. Nous cherchons à leur donner des repères pour structurer leur vie.

Ils grandissent dans des familles complètement déstructurées, parfois violentes, souvent indifférentes. Des familles pauvres dans lesquelles règnent tous les problèmes que l’on peut trop facilement imaginer. Ils sont donc pour la plupart livrés à eux-mêmes, presque abandonnés. Et même s’ils ne l’avoueront pas, par fierté, par bravade et par rejet de l’école en général, ils trouvent au « Foyer de la Providence » une sécurité et une bienveillance sans égale.

Pour transmettre ce peu d’amour, cette attention, ce cadre dont ils ont tant besoin, il nous était nécessaire de sortir de cette relation limitante professeur/élève. C’est pourquoi, sur proposition et en accord avec la direction du Foyer, nous avons mis en place d’autres activités ludiques.

sos chretiens orient liban fanar sport enfants volontairesIl nous est bien difficile de les réaliser car ces jeunes ont parfois totalement perdu espoir. Ils ne se sentent pas écoutés et ne savent s’exprimer que par la violence et l’insolence. Toute la difficulté est de leur redonner goût à la vie et confiance dans ceux qui les encadrent, les accompagnent, les écoutent et tentent de briser leur silence.

Par le sport, nous abaissons quelques-uns de leurs murs. Nul besoin de paroles, il suffit d’un beau dribble, un bel arrêt ou un beau but pour « communier » ensemble dans la joie et les rires. Tous les lundis, après les cours, nous jouons donc avec les élèves internes et une partie des externes qui attendent leur transport.

Hebdomadairement, avec la direction de l’école, nous partageons également une soirée dinatoire. Ces précieuses minutes passées avec les internes nous permettent de connaître en profondeur leur passif et de leur montrer que nous nous intéressons à eux. Ainsi, ils ne nous perçoivent plus uniquement comme des professeurs mais aussi comme des grands frères et sœurs.

sos chretiens orient liban diner jeunes fanar et volontairesUne relation de confiance se créée petit à petit. Caché et enfoui sous des attitudes révoltées, leur désir de recevoir de l’affection et d’en donner est immense. Ils ont soif d’apprendre et de vivre.

A l’instar de Charbel, 14 ans. Sans être particulièrement bon élève, il se montre studieux et attentif. Malgré son retard, il désire apprendre et cela est facilement perceptible. D’un tempérament plutôt réservé, il fait partie des jeunes discrets mais auxquels rien n’échappe. Il observe, retient et nous fait volontiers part en aparté de ses remarques et interrogations.

Contrairement à la majorité de ses camarades, Charbel ne souhaite ni travailler comme mécanicien, ni comme garagiste. Son rêve c’est de devenir joaillier… Mais comment faire ? Il ne peut compter que sur le foyer, hélas déjà bien pauvre. Quant à sa famille ? Il ne préfère pas en parler, pas maintenant, pas aujourd’hui, plus tard peut être.

sos chretiens orient liban jeunes fanar volontaires dinerPendant ce moment privilégié, il aime créer une atmosphère d’intimité pour nous livrer ses secrets. Il nous emmène à l’écart, loin du bruit joyeux de la cours de récréation. D’une serviette il sort soigneusement ses richesses. Devant nos yeux défilent ses dessins et ses esquisses, précieusement gardés. Nous lui demandons une photo, mais hélas, déjà le « secret professionnel » s’impose, dommage…

Nous gardons cependant en mémoire ces arrondies finement dessinées de colliers et de perles, ce bracelet dont les cercles s’entrelacent élégamment ou encore cette bague au panier léger entourant plusieurs pierres en marguerite. Le garçon a du talent.

Ce moment de partage est brutalement interrompu par le son de la cloche. Heureusement, nous reviendrons et qui sait nous pourrons vous montrer.

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Cette confiance et cet amour qui naissent doivent perdurer. Hélas le temps nous est compté... Pourquoi ? Comme évoqué plus haut, cette école est entièrement gratuite : une chance pour ces jeunes ! Mais depuis quelques temps les ressources se font rares, phénomène accentué par la crise économique.

Les besoins sont immenses pour fournir aux élèves un bon environnement scolaire. Les classes manquent de matériaux et de fournitures ; la cour de récréation et les sanitaires sont insalubres ; les salaires ne sont plus payés ou en partie seulement, depuis plusieurs mois. En dépit de nombreuses actions menées par le bureau de la fondation, en dépit des nombreux appels aux dons lancés au Liban, les ressources manquent terriblement. La survie de l’école est en jeu et bien au-delà l’avenir de ces jeunes.

L’action d’un volontaire en mission coûte 33€ par jour à l’association ! Aidez-nous à leur assurer une présence régulière comme éducateur. Choisissez de parrainez l’un des volontaires et soutenez-le tous les mois !

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Casilda et Gauthier, volontaires au Liban.