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Egypte - « Au milieu des pauvres, le cœur se fait tendre, le bonheur irradie ! »

FR - 19/02/2020

Toi, le jeune qui me lit, viens donner de ton temps libre, viens recevoir les grâces du don, viens découvrir une culture différente, un monde différent. Donne quelque mois de ta vie pour ces gens qui en ont besoin sans même demander.

Vous qui ne pouvez vous déplacer jusqu’ici, soutenez le projet d’approvisionnement en eau du bidonville.

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Après un voyage de plus d’une heure en voiture, musique des année 80 à plein volume et différents paquets de bonbons dévorés, nous quittons la route principale pour un petit chemin de terre. Entre deux secousses et après avoir largement baissé la musique, le chauffeur nous explique où nous sommes : « nous venons de passer la ville du 15 mai, nous entrons dans le bidonville ».

J’ai déjà entendu parler des bidonvilles à la télévision, dans des livres ou à la radio, mais à quelques centaines de mètres de cette réalité, mon cœur se serre. Mes émotions sont contradictoires : la crainte de l’inconnu, la joie de pouvoir découvrir réellement le mot « mission » ainsi que le vrai don de soi.

sos chretiens orient egypte bidonville du 15 mai femme egyptiennePendant quelques minutes, nous roulons au pas et en silence, mis à part les quelques indications du chauffeur sur la façon de se tenir, de parler… tout simplement la façon de vivre ici.

Nous croisons peu de monde, seulement quelques vieilles guimbardes pleines à craquer d’affaires ou de familles, ou encore quelques charrettes remplies de détritus, tirées par un cheval ou deux ânes.

Enfin nous arrivons, et quel accueil nous recevons ! Une petite troupe d’enfants s’approche : le plus jeune ne sachant pas encore marcher, et le plus âgé d’à peine 6 ans courent autour de la voiture en riant et en hurlant, tout heureux de nous retrouver une semaine après notre dernier passage. Sous leurs assauts incessants, nous déchargeons les sacs tout en les gratifiant de chatouilles.

Une fois chargés, nous pénétrons dans l’enceinte de l’église construite au milieu du bidonville ; un signe fort de la présence incessante du Seigneur au milieu des plus pauvres !

sos chretiens orient egypte bidonbille du 15 mai chiffonniersSur le toit du bâtiment, je n’ai plus de mots. Le paysage est d’une tristesse affligeante. Autour de nous, le bidonville, ses déchets à perte de vue, et toujours forte, pénétrante et incessante cette odeur ! Sur la gauche, un vieil homme assis sur un fauteuil dans la rue fume tranquillement une cigarette en jetant quelques coups d’œil çà et là vers les enfants devant lui.

En face, une mère accroupie, entourée de ses deux petits, trie les déchets. Sa fille escalade des monticules d’immondices et gambade en quête de nouvelles aventures. Son frère, quant à lui, n’en finit plus de feuilleter un vieux bouquin trouvé dans les détritus.

De l’autre côté de l’église, l’ambiance est tout autre. Dans le petit magasin adjacent, quelques jeunes achètent une bouteille d’eau tout en discutant avec le vendeur, malgré la musique à haut volume crachée par les hauts parleurs bon marché, installés à l’entrée.

Accompagnés du Père Fam, prêtre copte-orthodoxe en charge du « 15 Mai », nous redescendons dans la rue. Posté devant une maison à moitié finie, le propriétaire, un grand sourire aux lèvres, nous invite à pénétrer chez lui. Dans sa maison, pas de meubles, tout est entreposé au sol ; quelques bûches finissent de se consumer dans un coin. La fumée nous brûle les yeux et la gorge mais qu’importe, la générosité de cet homme est si grande ! De l'autre côté de la pièce, j’aperçois deux oies couchées au sol à moitié égorgées essayant de se mouvoir dans une flaque de sang noircie de mouches. L'image de cette maison restera gravée à vie dans ma mémoire.

Nous allons vivre ici, pour quelques jours. Ce soir lorsque notre interprète partira nous serons deux européens au milieu du bidonville ne sachant presque pas parler arabe avec des gens qui ne parlent ni français ni anglais ! Quelle excitation !

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Ce nouveau lieu de mission est certes plein de défis, mais porteur de grandes promesses. Au milieu des pauvres, le cœur se fait tendre, le bonheur irradie !

Cette semaine, nous sommes missionnés pour distribuer des colis alimentaires à cinquante familles pauvres. Le temps nous manque pour organiser la donation et la barrière de la langue n’arrange pas la situation. Ce samedi matin, une drôle de réunion débute entre deux Français et deux Egyptiens. On pourrait croire à une mauvaise blague.

Un thé bien chaud entre les mains, nos échanges avec le Père Fam et Monsieur Saler, un habitant d’une ville voisine, se font plus détendus. Au bout de deux heures, à force de mimes, de quelques mots d’arabe compris des deux parties et beaucoup de Google traduction, tout est fixé ! Demain, je participerai à ma première donation.

Je ne sais quoi ressentir, quoi penser et en sortant du bureau, quelques doutes m’envahissent : nous sommes-nous bien compris avec nos interlocuteurs ? Seront-ils bien présents ? Que d’inquiétudes bien vaines quand l’on sait que le Seigneur ne nous abandonne pas.

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Et bien oui, le Seigneur veille sur nous ! Après la messe copte, les familles se pressent autour de nous : parfois un homme seul, parfois un enfant, mais, la plupart du temps une femme avec un ou deux petits dans les bras, les yeux remplis de reconnaissance à la réception de leur colis alimentaires. Ce qui paraît peu pour nous, représente tellement pour eux: riz, pâtes, lait, poulet et un peu de thé. 11 euros de denrées alimentaire leur permettra de se nourrir pour environ deux semaines.

sos chretiens orient egypte enfants bidonville 15 maiLe dernier colis vient d’être distribué. J’ai couru partout ! Je suis sur le point de me reposer quelques instants quand Monsieur Saler me prend par le bras et m'entraîne à sa suite. Ne comprenant pas bien, je m’exécute. Une file infinie d’enfants nous attend. Que viennent-ils chercher ? « Lors de la dernière donation, quelques denrées n’ont pas été distribuées. Monsieur Saler les a récupérés pour cuisiner des petits gâteaux pour les enfants du quartier », m’explique Henri.

Si quelques cris et bousculades dans la file marquent le début de la distribution, chaque enfant repart avec un sourire jusqu’aux oreilles en dévorant leur gâteau.

Une fois l’effervescence passée, place au ménage ! Exténués, nous frottons, balayons et rangeons les différentes salles sous les yeux attentifs des enfants qui jouent au football à côté.

Cette journée fut dure, longue et éprouvante mais n’enlève rien à la joie ressentie et à la simplicité vécue à côté des plus pauvres. Ces sentiments profonds et authentiques, j’aimerais les revivre demain et chaque jour à nouveau avec eux.

Cette mission est décidément pleine de défis, mais quelle joie !

Louis, volontaire en Egypte.

Toi, le jeune qui me lit, viens donner de ton temps libre, viens recevoir les grâces du don, viens découvrir une culture différente, un monde différent. Donne quelque mois de ta vie pour ces gens qui en ont besoin sans même demander.

Vous qui ne pouvez vous déplacer jusqu’ici, soutenez le projet d’approvisionnement en eau du bidonville.