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Egypte – De la misère s’élève un cri de joie ! Le don de Noël pour les bidonvilles insalubres…

FR - 23/01/2020

Toi, le jeune qui me lit, viens donner de ton temps libre, viens recevoir les grâces du don, viens découvrir une culture différente, un monde différent. Donne quelque mois de ta vie pour ces gens qui en ont besoin sans même demander.

Et vous qui ne pouvez pas vous déplacer jusqu’ici, offrez de la nourriture et des produits sanitaires, reconstruisez des hôpitaux, des écoles ou des maisons, faites un don !

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Vendredi matin, 6h, nous quittons l’appartement. Alric, Audrey et moi faisons aujourd’hui une croix sur la seule journée de repos de cette semaine. En lien avec le Patriarcat copte-orthodoxe, nous allons procéder à des donations de colis alimentaires à des familles dans le besoin dans les villages des Déserts.

Après plusieurs heures de route, nous entrons dans le village ou plutôt dans un hameau, où les bâtiments sont défraichis ou encore en construction. Partout des détritus jonchent le sol irrégulier qui fait tanguer la voiture de droite à gauche, bien que nous roulions au pas.

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Cela fait bientôt quatre mois que je suis en Egypte et je pensais être habituée aux bidonvilles. Que nenni. Mon cœur se serre chaque fois que je vois les museaux de ces maigres bovins et équidés fouiller dans les détritus.

Des larmes me montent aux yeux chaque fois que je vois courir des jeunes enfants, chichement vêtus, le nez qui coule et le visage poisseux. Mon estomac se retourne chaque fois que je marche dans ces rues dont on ne s’habitue pas à l’odeur. On ne s’habitue pas à la misère, et heureusement ! Si elle nous effraie moins, si on la comprend un peu plus, on ne s’y habitue pas.

Après avoir garé la voiture, nous entrons dans l’enceinte de l’église de ce premier village pour assister à la messe. A l’issue, nous sommes invités à prendre le (petit) déjeuner. Avec nous pour la journée, un ami interprète de l’association nous présente les différents plats que nous nous apprêtons à manger. Nous sommes venus pour donner et comme souvent, nous commençons par recevoir. 

sos chretiens orient egypte donation volontaires bidonville desertRepus, la matinée bien avancée, nous sommes prêts à commencer la donation. Pendant plusieurs heures, nous suivons une camionnette dans laquelle sont entreposés des dizaines de sacs. Nous sonnons aux portes de 150 foyers qui nous attendent et tendons à leurs propriétaires un grand sac rempli d’aliments (viande, pâte, riz, sucre, farine, …), d’une valeur de 14€.

Cette fois ci nous n’aurons pas le temps de rester prendre le thé, même si tous nous invitent bien qu’ils n’aient rien. Générosité débordante. Moins ils ont, plus ils donnent ; ça donne à réfléchir.

Nous marchons dans ces rues pleines de déchets, en essayant d’éviter les flaques d’eau, les tas de boues, les rats écrasés ou les chats morts. Il a beaucoup plu hier, le froid est désormais installé et le mal de cœur revient. Vite vite, on regarde au loin, on sonne à une nouvelle porte, il y a de nouvelles embrassades et de nouveaux sourires.

La liste des foyers établie par le Patriarcat est précise et des délégués qui nous accompagnent surveillent le respect des consignes.

La nuit va bientôt tomber, il est presque 17h et nous n’avons pas encore déjeuner.

Nos estomacs crient famine alors que nous avons passé la journée à distribuer de quoi remplir les estomacs de ceux qui n’ont rien pendant toute l’année. En y réfléchissant bien, nous pouvons faire un effort pendant quelques heures encore !

Le Père nous fait visiter son église encore en travaux qu’il a eu du mal à faire construire à cause de la grande présence de Salafistes aux alentours. Une fois les quatre ou cinq étages gravis, nous arrivons sur le toit qui surplombe l’ensemble du village. Il est très fier de nous montrer que la croix du sommet du dôme est plus haute que le haut de la mosquée d’à côté. Touchant personnage qui a fait quelques séjours en prison pour avoir défendu sa foi, soutenu ses frères et persévérer dans la construction de son église.

Il y a dans la foi orientale une vitamine incroyable qui donne le sourire et de l’énergie. Quelle est leur recette ? La prière m’a-t-on dit. Et la confiance. Confiance en Celui qui a bien plus souffert que nous tous réunis. Celui qu’on retrouve ici, parmi les plus pauvres.

En début de soirée nous rentrons au Caire, épuisés d’une journée si chargée et nous nous endormons sereins d’avoir été témoins de tant de joie et de sourire.

Deux jours après, nous partons avec Henri, un autre volontaire, et le même interprète, faire une nouvelle donation à la garderie du bidonville du 15 Mai. Peut-être avez-vous déjà lu des articles au sujet de ce bidonville.

sos chretiens orient egypte bidonville volontaire 15 mayInterdit d’accès aux filles volontaires, car très dangereux, mon imaginaire en avait créé des images très précises, à travers les articles de mes camarades volontaires.

C’est une grande chance pour Audrey et moi aujourd’hui car nous allons, exceptionnellement et sur demande du Père, pénétrer dans ce véritable mystère devenu un mythe pour l’ensemble des volontaires de la mission en Egypte. Nous quittons la grande route et empruntons un petit chemin entre des collines. Calme absolu.

Nous croisons un âne et sa charrette, conduite par un chiffonnier. Puis une femme qui porte une jarre sur la tête. Puis deux enfants qui courent sur la terre battue.

Les bâtiments apparaissent petit à petit, derrière des grands tas de déchets. Les travaux ne sont pas terminés. Il manque le toit, les portes et les fenêtres. Nous roulons au pas, Hommes et bêtes commencent à s’éveiller.

Au loin, nous apercevons l’église entourée des maisons des chiffonniers, si petites pour y faire vivre une famille... La maison est entourée d’un terrain vague rempli de détritus où les chiffonniers passent leur journée à les trier pour ensuite les revendre. L’odeur nauséabonde revient, elle aussi.

Nous entrons dans l’enceinte de l’église, d’une propreté incroyable. Des centaines de chrétiens de tous âges grouillent un peu partout. Les adultes nous sourient, les femmes nous serrent la main et les enfants tirent gentiment nos pulls « What’s your name ? » Notre ami et interprète Amir, ainsi qu’Henri sont reconnus rapidement puisqu’ils connaissent bien ce lieu.

Et pour cause, la mission a ouvert récemment un pôle dans ce bidonville où le travail que les volontaires doivent et vont fournir est gigantesque ! Après le traditionnel rendez-vous avec le Père Athanasius, prêtre copte orthodoxe en charge de la paroisse copte orthodoxe, nous montons à la garderie, dans les étages d’un hôpital en construction en partie financés par les donateurs de l’association. La garderie encore neuve est propre, témoignage de la volonté de bien faire des habitants locaux.

sos chretiens orient egypte donationTrente enfants sont sagement assis sur leurs minuscules chaises en plastique et chantent des chants de Noël aux Pères Coptes, en attendant « Baba Noël ». Les doux cris de joie enfantins accompagnent son arrivée ! Avec « Baba Noël » nous distribuons un sac à dos par enfant. Chaque sac d’une valeur de 10€, contient une orange, une brosse à dent avec son dentifrice et des mouchoirs, mais aussi un pull et un jeu. L’idée est de les éduquer à bien manger et se laver les dents ! Nous offrons également à la garderie des couches, des lingettes et de la peinture.

Après quelques heures festives dans la joie de Noël, nous avons la chance de monter sur le toit pour découvrir le triste panorama du bidonville du 15 mai.

Souvent, les volontaires m’en avaient parlé mais il faut le voir pour le comprendre. C’est inimaginable. Le village est découpé en carrés, clos par des murs et attribués à différents foyers. A l’intérieur ils trient non seulement les déchets mais aussi cultivent quelques légumes, ou bien élèvent trois oies et deux moutons. Bref, ils survivent.

L’atmosphère est oppressante. Le bruit est constant (musique, âne, cris, ...) l’odeur est désagréable, la vue est attristante, tout cela est fatiguant.

sos chretiens orient egypte bidonville 15 may maisons chiffonniersDu toit de l’hôpital, nous voyons la misère humaine et je me demande bien comment nous allons pouvoir les aider. Nous ne pouvons pas sauver le monde bien sûr mais avec l’association nous pouvons petit à petit faire avancer les choses.

Moi qui rentre en France dans deux jours, je réalise à quel point je suis contente de leur prêter mes deux petites mains et de m’abandonner dans le don aux autres. Ces semaines de Noël sont physiquement et mentalement très fatigantes mais les grâces que l’on reçoit en cadeau ont effet de repos immédiat sur notre corps et notre esprit, et nous nous relevons chaque matin avec une volonté extra-ordinaire.

Toi, le jeune qui me lit, viens donner de ton temps libre, viens recevoir les grâces du don, viens découvrir une culture différente, un monde différent. Donne quelque mois de ta vie pour ces gens qui en ont besoin sans même demander.

Et vous qui ne pouvez pas vous déplacer jusqu’ici, offrez de la nourriture et des produits sanitaires, reconstruisez des hôpitaux, des écoles ou des maisons, faites un don !

« Donnez et vous recevrez. »

Adèle, volontaire en Egypte.