Le 30 avril 2026
Deux mois de guerre au Liban : le pays continue de pleurer et de compter ses morts
Le 2 mai, cela fera deux mois que le conflit a repris au Liban de manière intensive. Un accord de cessez-le-feu a bien été trouvé le 16 avril dernier, mais force est de constater qu’il n’est pas respecté, ni d’un côté, ni de l’autre. Aujourd’hui, le bilan est lourd : 2586 morts, 8020 blessés, plus d’un million de déplacés.
La situation humanitaire est catastrophique. Le nombre de déplacés représente près d’un quart de la population. « Ils sont pourtant des milliers de Libanais à avoir fait le choix de rester dans leur village du Sud-Liban, refusant de quitter leur maison, refusant d’abandonner leur église » estime Benjamin Blanchard. Il continue : « pour eux, la situation est apocalyptique. L’acheminement de convois humanitaires est extrêmement difficile, pour ne pas dire quasi-impossible. Ils manquent de nourriture, d’eau, de médicaments… A cela s’ajoute une guerre psychologique menée par le bruit des drones et les ordres d’évacuation forcée de l’armée israélienne« .
Aujourd’hui, le Liban pleure et compte ses morts : 390 morts et 835 blessés depuis le « cessez-le-feu » du 16 avril. En réalité, la guerre ne s’est pas arrêtée. L’armée israélienne a interdit le retour des habitants dans certaines localités et continue même d’exiger l’évacuation de villages. Pire, le 19 avril, Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne, a publié une carte indiquant les zones qu’Israël entend occuper, officialisant ainsi sa volonté de créer une zone tampon.
Les chrétiens ne sont pas épargnés par cette guerre. Ils sont même directement visés. Personne n’a oublié la mort du père Pierre el-Raï, tué par un tir israélien alors qu’il portait secours à des paroissiens blessés par une première frappe, le 9 mars. Personne n’a oublié non plus la profanation du Christ de Debl par un soldat israélien, le 19 avril. Personne n’a oublié non plus la destruction des nombreuses églises qui se trouvent dans le sud du pays.
Pour les Libanais, cette guerre est la guerre de trop. Déjà éprouvés par la crise économique et sociale qui frappe le pays, il est urgent que la paix revienne au Liban et que les terres du sud soient restituées à la population, avec toutes les garanties nécessaires à une réinstallation sûre et pérenne.
La France, elle aussi, pleure ses morts avec le décès des sergent-chef Florian Montorio et caporal-chef Anicet Girardin, tués par une frappe du Hezbollah le 18 avril dernier.
Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, se tient à la disposition de la presse pour répondre aux questions.
Contact : 07 61 25 08 62