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Actualités des missions – Mai 2026

ARMÉNIE

Visite du centre de rééducation pour enfants d’Erevan.

En partenariat avec le diocèse apostolique de l’Artsakh, SOS Chrétiens d’Orient soutient le centre de rééducation pour enfants d’Erevan depuis 2025 en procurant du matériel spécialisé, en soutenant le recrutement de professionnels de santé et en assurant la gratuité des soins pour les familles.
 
Dans ce centre, près de 100 enfants, majoritairement déplacés d’Artsakh, souffrant principalement de troubles posturaux et musculosquelettiques, parfois provoqués par des traumatismes, sont pris en charge chaque mois.
 
Une prise en charge précoce permet d’éviter des complications invalidantes ainsi que des traitements lourds et coûteux. Chaque jour, ils bénéficient de massages, d’exercices de rééducation musculaire et, pour certains, d’un accompagnement orthophonique ou psychologique.
 
Pour 2026, les objectifs sont de garantir la rémunération de l’équipe administrative et paramédicale, de poursuivre la gratuité des soins, d’assurer le fonctionnement du centre et de renforcer sa stabilité financière afin de lui permettre d’atteindre une autonomie durable.
 
Depuis le lancement du projet, près de 6 000 enfants ont déjà été accompagnés, suivis et soignés.
SYRIE
Syrie

Inauguration du centre paroissial d'Al-Misherfeh

L’équipe de SOS Chrétiens en Syrie a inauguré le bâtiment paroissial de l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges d’Al-Misherfeh. Cet espace accueillera prochainement des activités éducatives, pastorales et communautaires.
 
La cérémonie s’est déroulé en présence de Monseigneur Grégoire Al-Khoury, archevêque grec-orthodoxe de Homs, de l’ambassadeur de Hongrie, le Dr Istvan Gyula Sós, de Mme Claude Samaan, coordinatrice du groupe « Foi et Lumière », ainsi que des équipes locales de l’association.
 
Une première phase de travaux, achevée en 2021, a permis d’ériger la structure principale du bâtiment. Par la suite, les travaux ont porté sur la consolidation de la structure, les travaux de menuiserie et de ferronnerie, la pose de carrelage, les travaux de peinture intérieure, d’étanchéité, de plomberie, d’électricité, de ventilation et d’installation d’un système solaire pour le chauffage de l’eau.
 
Le jour de l’inauguration, la joie est palpable. Les scouts de la paroisse ouvrent la célébration en musique. Monseigneur Grégoire parcourt ensuite les locaux, bénissant chaque pièce tout en récitant une prière d’action de grâce.
 
Plusieurs responsables associatifs prennent la parole, notamment les représentants de groupes de catéchisme, d’accompagnement des personnes en situation de handicap et les scouts paroissiaux. « Nous inaugurons aujourd’hui ce centre, que nous espérons voir devenir un espace capable de redonner confiance et espérance, en particulier en un temps où le peuple syrien a tant souffert.
 
Nous tenons à exprimer notre gratitude la plus profonde et la plus sincère au principal donateur de ce projet, le défunt président Valéry Giscard d’Estaing. Il n’a pas regardé la Syrie comme une simple actualité passagère, ni sa souffrance comme une suite de statistiques, mais comme une terre de civilisation, un peuple vivant et des êtres humains dignes de soutien et de respect. » Waël Kassouha, chef de mission de SOS Chrétiens d’Orient en Syrie.
 
Le projet a été soutenu en grande partie par feu le président Valéry Giscard d’Estaing et par sa femme Anne-Aymone d’Estaing ainsi que par les donateurs de SOS Chrétiens d’Orient. Nous les remercions tous chaleureusement et ne manquerons pas de les informer des belles activités qui s’y dérouleront.
EGYPTE

Après son inauguration, cet atelier de couture fait vivre les familles de 15 femmes égyptiennes d'Alexandrie.

Cet atelier de couture de Kobrinamous situé dans la périphérie d’Alexandrie, soutenu par vos généreux dons et inauguré par Monseigneur Hermina, évêque copte orthodoxe du diocèse de l’est d’Alexandrie, fonctionne à plein régime.
 
En partenariat avec le père Antonios, prêtre de la paroisse de la Vierge Marie et de l’Archange Gabriel, SOS Chrétiens d’Orient a entièrement construit et équipé de machines, le local de cet atelier de couture qui emploie 15 femmes du quartier. Les couturières y produisent des sacs pour l’école, ainsi que des draps, des rideaux, des sweats et des vêtements pour bébés.
 
Dans ce petit appartement calme, les volontaires aident régulièrement à préparer les commandes et à repasser les vêtements.
 
A l’occasion de la fête des mères, l’atelier a confectionné 400 sacs de voyage qui ont été offert aux veuves des paroisses coptes orthodoxes des bidonvilles pauvres d’Abbis, des 500, de Zawaida, de Malagy et de Kobri Namous.
Lors de l’inauguration, la directrice de l’atelier de couture, Zeizafoune, nous a partagé son émotion : « Vous n’imaginez pas à quel point ces femmes sont heureuses de travailler ici. Avoir un travail leur permet d’envisager l’avenir plus sereinement pour elle et leur famille. Alors merci beaucoup. »
 
Pour Aubert du Marais, chef de mission en Egypte, « l’idée était de permettre à ces femmes de travailler dans un endroit sain et d’avoir un vrai espace pour pouvoir fournir du travail de qualité, tout ça dans l’objectif d’apporter une aide à long terme à cette communauté copte orthodoxe de Kobrinamous. »
LIBAN

Donation de produits de première nécessité aux Libanais de Tripoli.

En collaboration avec l’association Al Tawarek, les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient évaluent les besoins des familles de Tripoli dans le besoin et leur donnent des produits de premières nécessité.

« À Tripoli, les rues se resserrent à mesure que la voiture s’enfonce dans les quartiers populaires d’El-Mina. La mer n’est jamais loin, mais ici, ce sont surtout la précarité et les silences lourds qui frappent. Dans le coffre, quelques objets simples : un four, des couvertures, des casseroles, une machine à laver. Des choses ordinaires, qui deviennent essentielles lorsqu’on ne possède presque plus rien.

Marie ouvre la porte avec un sourire immense. Dans l’unique pièce qui lui sert à la fois de chambre, de salon et de salle à manger, elle nous invite à entrer : « Tfaddalo ». Marie est atteinte d’un cancer. Les consultations médicales sont trop coûteuses et elle continue à travailler malgré la maladie. Aujourd’hui, nous lui apportons un four. Pendant qu’il est installé, elle serre entre ses mains les quelques affaires offertes : une serviette, des casseroles, un coussin. Elle remercie sans cesse, la voix tremblante. Les larmes montent lorsqu’elle nous confie qu’elle ne pensait plus que quelqu’un penserait encore à elle.

Quelques rues plus loin, Antoun vit avec sa femme et leur bébé prématuré, Tia, dans un logement si exigu que nous peinons à y entrer tous ensemble. Le berceau est coincé entre le lit et l’armoire. Pourtant, malgré la pauvreté, une forme de joie habite encore cet endroit. Sur le palier, nous tentons de faire passer une machine à laver dans la petite chambre. Chacun pousse, soulève, s’organise. On rit presque de la situation.

Nous avons beaucoup de cadeaux pour eux : un petit chauffage, une poêle et une casserole, 2 serviettes et 2 couvertures, ainsi qu’une plaque de gaz. Même si leur habitation est petite, ils devraient y vivre avec un peu plus de confort.

Le soir tombe sur Tripoli lorsque nous arrivons chez Edmond Nassif. Avec sa femme Maggie, ils essaient de tenir malgré la maladie psychiatrique de leur fille Suzie. Edmond travaille autant qu’il le peut pour payer les traitements. Maggie avoue, les larmes aux yeux, qu’elle ne sait plus comment faire. Puis Suzie murmure doucement : « Ce n’est pas ma faute si je suis malade… » Dans ces moments-là, il n’y a pas de grands discours. Seulement une présence, une prière, quelques paroles simples.

Plus tard, Salwa nous accueille dans son petit appartement. Sa mère lui a appris à cuisiner avant de mourir il y a huit ans. Lorsqu’elle évoque son absence, sa voix se brise. « Mon grand frère m’aide beaucoup, mais rien ne peut remplacer une maman ». Puis elle disparaît quelques minutes dans la cuisine avant de revenir avec un plat d’épinards, de riz et de vermicelles parfumé au citron. Autour du repas, les sourires reviennent enfin. Au Liban, même ceux qui n’ont presque rien trouvent encore la force d’offrir.

À la fin de la journée, la fatigue pèse sur les corps, mais une phrase revient dans toutes les conversations. Celle de Maya, présidente d’Al Tawarek : « Si nous ne les aidons pas, qui le fera ? »