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Liban - Assurer l'autonomie alimentaire des chrétiens.

News - 10/06/2021

Une économie reposant sur les services : les banques, les assurances, un peu de tourisme… Voilà comment vivait ou survivait le Liban avant les crises de 2019. Les sanctions, les violences, l’explosion du port ont changé cela. Les denrées qui étaient autrefois principalement importées manquent cruellement, les Libanais qui n’ont pas ou plus de terrains ont du mal à se nourrir. Les évènements récents ont prouvé qu’obtenir ou conservé une autonomie alimentaire est indispensable pour les foyers chrétiens et libanais.sos chretiens d orient liban ferme naous

La plaine de la Bekaa est principalement peuplée de musulmans, chiites pour la plupart. Nombre de chrétiens ont vendu des terres, parfois à des musulmans, délaissant l’agriculture pour le fonctionnariat, des emplois à Beyrouth ou l’expatriation… A quelques kilomètres, de Qaa, un village chrétien de la Bekaa accolé à la frontière syrienne, Madame Naous tient ses exploitations agricoles à bouts de bras. Ses fermes sont maintenant isolées. Cette dame se bat, elle affronte la vie, le climat, la pauvreté et la maladie. Cette veuve souffre d’un cancer.

sos chretiens d orient liban ferme naous 7Elle a hérité de trois fermes par feu son époux. Elle fait tout, aidée par ses enfants, des neveux, des ouvriers trop peu nombreux, pour que les exploitations se maintiennent. Touchés par cette femme et sa ténacité, les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient ont pris la décision de l’aider fréquemment. Ainsi, l’association soutient comme elle le peut le maintien des chrétiens dans la Bekaa, l’emploi agricole et l’économie locale.

Une grande variété de fruits, de légumes est cultivée sur ces terres : des concombres, des pastèques, des courgettes, des abricots, des tomates, des haricots… Si on y pratique aussi l’élevage d’ovins, de caprins et de volailles, c’est la récolte des fruits et légumes. Rouba, nièce de la propriétaire, guide les volontaires.sos chretiens d orient liban ferme naous 4

Dans une des serres, la matinée des volontaires commence par la récolte des concombres. La température est déjà étouffante là-dessous ! Chacun prend une allée de concombres, les ouvriers de leur côté ne chôment pas et le font remarquer aux membres de SOS Chrétiens d’Orient moins habitués aux travaux agricoles sous un climat semi-aride. La rapidité des travailleurs de l’exploitation est impressionnante. Ils sont accoutumés à la chaleur, moins sensibles aux griffures provoquées par les plantes, savent à quel moment boire… Les ouvriers, équipés de seaux viennent récupérer les concombres des volontaires. Le seau de la fin arrive, enfin !sos chretiens d orient liban ferme naous 3

Le soulagement est de courte durée, maintenant qu’on en a fini avec les concombres, il faut s’occuper de préparer les artichauts, en réalité, les couper afin de les cueillir. Ici aussi, les ouvriers donnent la cadence dans ces grands champs exposés au soleil brulant. On sent les effluves des plans mêlés à ceux des élevages. Les pas de toute cette main d’œuvre suffit pour soulever de grosses quantités de poussière. Les herbes qui continuent à écorcher les volontaires laissent voler des dizaines d’insectes. Couteau bien affuté en main, chaque volontaire est paré à la tâche, il faut dire que les tiges des plans deviennent larges lorsque les artichauts sont bien mûrs. On se répartit par binôme, un tient une cagette pendant que l’autre coupe l’artichaut. Chaque fois qu’une cagette est remplie, elle est acheminée vers les camions. Là-bas, des femmes, syriennes, y rangent la cargaison qui doit partir vers les marchés de Beyrouth. Beaucoup d’ouvriers sont présents sur l’exploitation, mais Madame Naous n’a pas les moyens d’ne embaucher autant qu’il le faudrait. La présence des volontaires de l’association est plus que bienvenue.sos chretiens d orient liban ferme naous 6

« Il y a maintenant assez d’artichauts » mais ce n’est pas fini pour autant ! Vient le tour des abricots, on se dirige pour cela, en voiture, vers les vergers qui appartenait au défunt mari de Madame Naous qui est à présent la grande patronne. Les arbres sont chargés de gros abricots, les branches ploient. Quand assez d’abricots sont récoltés, les volontaires sont invités à partager un repas avec la famille Naous, à l’ombre des pins. Du thé est servi, la table est garnie de spécialités libanaises : des makdous, petites aubergines marinées farcies aux tomates et à l’ail, des manouchés, sortes de galettes qui sont ici agrémentés des légumes, frais de la cueillette du matin, du fromage…

Ce repas et le moment de convivialité qu’il procure terminent la journée de labeur et récompensent et récompenses les efforts de tous.

sos chretiens d orient liban ferme naous 10L’action de SOS Chrétiens d’Orient, grâce à vos dons, permet l’aide concrète sur le terrain. Des familles, sont assistées par les volontaires, des chrétiens du Liban sont encouragés à continuer le travail sur leur terre. Aidez-nous ici à les aider là-bas !

 

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