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Egypte - Vidés d'énergie mais revigorés par les orphelins d’Abbasseya.

News - 11/02/2021

Nous vous contons ici l’histoire d’une fameuse bande de garçons. Égyptiens sans parent, ou du moins recueillis par les Sœurs, car les familles manquent de moyens pour subvenir à leurs besoins, ils sont une quinzaine de 5 à 13 ans. Une belle bande de p’tits bouts d’hommes à découvrir et à chérir, car de l’affection et de l’énergie, on vous l’assure, ils en ont à revendre !

Dans le quartier d’Abbassia au Caire, entre une église copte et un magasin d’enjoliveurs, nous découvrons, derrière une grande porte en fer forgé, ledit orphelinat. Le sourire radieux et toujours fidèle de la Sœur nous accueille lorsque la sonnette à la mélodie gazouillante retentit. Vite, vite, accourent alors nos petits amis qui se ruent dans nos pattes en s’écriant « Zayek » (ça va ?), ou encore « Esmake » (comment t’appelles-tu ?) sans oublier l’infaillible « high five » de salutation où ils ne manquent pas d’y mettre toute leur force.

Nous découvrons alors les pièces et couloirs de l’orphelinat bien rangés et tout propres mais pour un temps seulement, la tempête s’apprête à passer… L’absence de jardin ou de grand parc pour se défouler n’empêche pas nos petites boules d’énergie de vivre leur vie d’enfant de 10 ans. Toujours est-il que pendant que certains vont chercher les tables pour étudier, d’autres commencent à nous grimper dessus par surprise tels de vrais ouistitis. Nous n’avons jamais vu pareils cascadeurs. Est-ce leur jeune âge ou leur joie qui les désinhibe du danger ? Mystère, en tout cas Louis fera office de très bon arbre sur lequel se jeter !

sos chretiens orient egypte cours de francais volontaires orphelins abbassyaAu programme, cours de français suivis d’un petit jeu, le UNO est souvent celui sur lequel ils jettent leur dévolu. Pour le français, nous enseignons les basiques pour qu’ils puissent communiquer : présentation, parties du corps, jours de la semaine, vêtements, émotions (qu’ils imitent avec ferveur) ou encore les fruits et légumes. Il est difficile de les canaliser mais quelle surprise de voir tant d’entrain pour apprendre une langue.

Ce que préfèrent les « grands » : écrire en français dans leur carnet, c’est toujours la course à celui qui a le plus écrit après le cours.

Les « petits » eux, envient leurs grands frères et sollicitent alors notre attention pour tenter tant bien que mal de dialoguer en français. Leur persévérance a cependant quelques limites… Et, du coin de l’œil nous en apercevons un qui plonge sa main dans l’aquarium pour y attraper un poisson pendant qu’un autre escalade l’armoire afin d’atteindre le plafond et qu’un autre petit frère arbore un grand sourire coupable : ses mains sont pleines de chips au fromage ! Bon, nous proposerons aux Sœurs de leur faire un cours sur l’équilibre alimentaire…

sos chretiens orient egypte cours de francais volontaires abbassyaSoyez sûrs qu’en vous jetant dans la fosse aux louveteaux d’Abbassia, vous en ressortez chaque fois un peu plus attendri. Derrière leurs airs de petits caïds, ce sont de vrais angelots, à commencer par Jacob, le plus grand de la bande qui représente une figure paternelle et d’autorité parmi les Sœurs administrant l’orphelinat. Il nous est d’une précieuse aide ; par sa rigueur et sa motivation, il montre l’exemple à ses frères et surtout parle très bien la langue de Shakespeare quand la communication est difficile.

Il y a aussi le petit Mickael, qui nous donne du fil à retordre en se faufilant partout et surtout à travers nos jambes. Un jour, il enfile le pull de Louis en catimini, un autre, il vole mon sac… Mais il sait comment se faire pardonner dès qu’il nous offre son grand sourire angélique.

Enfin, il y a Moheb qui sait comment nous toucher : il s’élance à nos côtés pour plonger son regard pénétrant dans le nôtre afin d’attendrir notre âme. Son visage s’éclaire alors et laisse découvrir de timides fossettes, il ne nous lâchera pas avant la fin du cours.

sos chretiens orient egypte cours de francais orphelins volontaires abbassyaVous l’aurez compris, malgré l’épuisement nous gagnant au sortir de ce havre empli de vie, nous sommes chaque fois plus motivés pour revenir les aider. Certes, il faudra absolument qu’ils comprennent qu’ils doivent cesser d’effacer notre tableau Velléda à tout bout de champ mais surtout qu’ils ne perdent pas cette vivacité qui les caractérise tant et qui fait qu’on se sent vivant à leur contact. Alors quand l’heure sonne pour retourner tranquillement en Uber à la maison et nous occuper des tâches quotidiennes (« Pierre-Marie, la vaisselle s’il te plait ! ») nous vivons ce curieux paradoxe. Nous sommes vidés d’énergie mais revigorés par ces petites bouilles qui s’agrippent à nous et ne veulent pas nous laisser filer.

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Julie, volontaire en Egypte.