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Chers amis, recevez les vœux de notre Président : Joyeux et Saint Noël 2020.

News - 24/12/2020

Chers amis,

A Erevan comme à Paris, à Rome comme à Beyrouth, à Bruxelles comme au Caire, et dans bien d’autres lieux encore, SOS chrétiens d’Orient fête Noël.

Qu’avons-nous à faire qu’un petit enfant nous soit né ?

En ce jour encore et comme chaque Noël depuis 2000 ans. C’est le petit de l’homme, d’une humanité qui n’a jamais détourné son regard ni du mal ni de la guerre. C’est le petit de Dieu, qui n’a pas interdit la folie meurtrière en Orient, et il y a quelques semaines encore en Arménie.

Qu’avons-nous besoin de faiblesse quand le crime gronde jusqu’à notre porte, emportant des fidèles recueillis à Nice ou des jeunes conscrits protégeant leur terre au Haut-Karabakh ?

Qu’avons-nous besoin de faiblesse dans nos combats, quand disparait chez nous l’immense héritage que le Dieu incarné était venu nous léguer ? Qu’avons-nous besoin de faiblesse quand sur la terre même de cette incarnation, l’islamisme et l’appât du gain lient leur intérêt pour éradiquer la présence des disciples du Christ ? Qu’avons-nous besoin de cette faiblesse quand l’humanité même que l’enfant était venue restaurer est déconstruite au profit d’une société qui le rejette ?

SOS Chrétiens d’Orient finit le carême de l’Avent avec la joie de la naissance du Sauveur, Jésus-Christ. Nos volontaires contemplent la crèche, enfin complète, du moins tant qu’elles peuvent l’être dans nos missions de Syrie, d’Arménie, du Liban, d’Irak, de Jordanie ou d’Egypte. Leur sentiment est confus. Il y a les accomplissements de l’année qu’on présentera avec fierté.

L’aide aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth le 4 août dernier ou l’assistance de première urgence aux Arméniens déplacés suite à l’agression turco-azérie. Mais il y aussi le démon de la désespérance qui les étreint à mesure que s’accumulent les périls.

Comment confier tout cela au petit de l’homme ? Comment confier tout cela à un enfant qui geint, qui réclame, qui est terriblement dépendant ? Si ce n’était pas un grand péché, ils en viendraient peut-être à jalouser le Dieu des autres, qui fait de l’oppression une possibilité et de la vindicte une opportunité. Un Dieu qui ne nous condamnerait pas toujours à discerner un berceau quand nous voyons une cathédrale, et un martyr quand nous contemplons nos héros.

A ce volontaire méditatif, nous souhaitons de faire l’examen de son année. Des sourires qu’il a reçus , des ventres qu’il a remplis, des larmes qu’il a séchées, des épreuves qu’il a écoutées. Qu’il se remémore ou était sa grande joie : dans les cocktails d’inauguration ou dans la charité exercée au cœur des bidonvilles ?

Le Fils a assumé notre chair. Il nous nait aujourd’hui. Il est toute force et toute fragilité. Il est tout homme. Il est tout Dieu. Il panse nos peurs et calme les blessures de nos frères chrétiens d’Orient. Dans son regard d’enfant, il y a de quoi dire son admiration devant l’action de tant de jeunes volontaires partis donner leur quotidien à nos frères aînés dans la foi. Dans son regard de Dieu, il y a le pieux rappel à fouetter notre engagement, ici comme là-bas. Et dans l’entremêlement de ces deux regards, il y a toute notre humanité.

Que toute la communauté des amis de SOS chrétiens d’Orient reçoive nos vœux de saint et joyeux Noël. Qu’elle sache que sous le regard bienveillant de ce petit Jésus, nos volontaires puisent les forces nécessaires pour honorer leur confiance. Et qu’ils n’oublient pas de prier pour nous comme nous prions pour eux. C’est à cette condition qu’aucune de nos faiblesses ne bridera notre dévouement.

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Charles de MeyerPrésident de SOS Chrétiens d'Orient