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Liban - Le dispensaire des Cèdres est bien arrivé à Beyrouth.

News - 10/11/2020

Mardi 27 octobre, un convoi imposant, conduit par l’armée libanaise, arrive rue Pasteur, à Beyrouth. A son bord : un conteneur de plusieurs mètres de long, un coffre-fort de ferrailles blanches. Il était délaissé dans la base militaire de Ras Baalbek, au nord de la Bekaa, vallée emmurée par les montagnes, vagues de roches et de poussières, immobilisées dans le temps et l’espace.

sos chretiens orient liban soeur agnes et les volontaire a beyrouthSorti d’un long abandon pour être nettoyé puis réparé, le coffre-fort navigue entre les immeubles et les maisons détruites de la capitale, sous les yeux des soldats, des policiers et des civils. Humains et machines s’allient pendant près d’une heure pour l’installer jusqu’à ce que les applaudissements des spectateurs annoncent le succès de l’ultime manœuvre.

Pourtant ce coffre-fort qui a retenu toutes les attentions ne contient ni billet ni or. C’est un dispensaire. Un dispensaire médical de l’armée, sauvé de la casse et offert au Liban grâce à la collaboration de la branche médicale de l'armée libanaise et des associations Fils de l’Homme, fondée par Sœur Agnès Mariam de la Croix, et SOS Chrétiens d'Orient.

Depuis mai dernier, Sœur Agnès, franco-libanaise, grecque catholique et mère supérieure de l'Ordre de l'Unité d'Antioche et Arthur Lanternier, chef de mission au Liban, négocient et parlementent pour obtenir et préparer ce coffre-fort à devenir un petit cabinet médical qui offrira aux malades des consultations gratuites. « C’est une femme exceptionnelle ! L’association au Liban est fière de pouvoir travailler avec elle pour soutenir les services médicaux de Beyrouth. C’est une humble réponse à l’un des plus grands problèmes qui touche actuellement le pays », explique Arthur Lanternier.

Car oui, cet immense conteneur, qui a requis maîtrise et sang-froid pour être déplacé, n'est pas un trésor de conte de fées. Il est une réponse, une petite réponse, à l'étouffante crise sanitaire qui oppresse, depuis plusieurs années, le peuple libanais.

Récemment cinq hôpitaux ont dû cesser tous leurs traitements à cause de la pénurie de médicaments et de moyens financiers qui assaille toutes les branches de la santé. Médecins, pharmaciens et hôpitaux sont dans l’incapacité de réaliser pleinement leur mission. En vérité le Covid et l'explosion n'ont fait qu'attiser les flammes d'un désastre qui transforme de jour en jour la Suisse du Proche-Orient en un enfer où il devient de plus en plus difficile de vivre et d'espérer.

sos chretiens orient liban volontaires tractent a beyrouthC’est pourquoi nous avons tracté pour le dispensaire des cèdres, pour le faire connaître à toutes les personnes qui ne sont plus prises en charge. Alors que nous distribuons nos tracts dans l’ancienne rue de la soif, devenue un immense chantier où bars et restaurants ont laissé la place aux quincailleries et aux snacks, où les ouvriers ont remplacé une jeunesse désœuvrée qui rêve de France et d’Amérique, une femme nous aborde.

Reconnaissant le cœur rouge de SOS, elle nous avoue qu’elle a impérativement besoin de soins médicaux avant la fin du mois. Elle ne sait pas comment faire pour être soignée, elle a besoin d’analyse de sang, de médicaments... Nous ne sommes ni médecins ni pharmaciens, que pouvons-nous faire ? Mais nous lui apprenons qu’il existe un dispensaire, le dispensaire des cèdres, qui peut s’occuper d’elle. Un sourire de soulagement et de bonheur apparaît alors sur son visage et nous lui donnons les coordonnées de cette arche d’espoir. Mais cette femme n’est un cas isolé… Elias, âgé d’une cinquantaine d’années, souffre de diabète ; il ne trouve plus les produits nécessaires pour le soin de sa maladie. De toute façon, il n’a même plus l’argent pour se les acheter tant les prix ont augmentés… Il y en a tellement d’autres comme lui qui ne reçoivent plus rien, qui ne savent plus où aller… Mais quand Elias a vu le dispensaire, il a simplement dit « merci, merci pour tout ».

C’est pour toutes ces personnes abandonnées que l’association a voulu collaborer à ce projet, en y apportant sa propre pierre par le travail de ses volontaires et un don de 75 000 euros. Mais nous ne voulons pas nous arrêter là. Beyrouth n’est pas la seule à souffrir. Nous voulons que le dispensaire des cèdres ne reste pas à la capitale. Nous voulons qu’il voyage dans tout le pays, qu’il aille dans les autres villes et les villages apporter un soutien médical à tout le peuple libanais.

Eux aussi ont besoin d'aide, eux aussi ont besoin de raisons d'espérer dans leur pays. Aidez-nous à transporter ce petit remède partout dans le Liban, en souhaitant que de ce petit ruisseau naisse un jour un fleuve d'espérance et de renouveau.

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Angélique, volontaire au Liban.