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Trésor d’Orient – La vallée sainte, écrin des plus anciens monastères du monde.

News - 23/09/2020

« As-tu comme moi fait de la forêt ta demeure et déserté les palais

 Suivi les rivières et escaladé les rochers

T’es-tu purifié de parfum et imprégné de lumière

 As-tu bu le nectar de l’aube dans des coupes sans corps. »

Ces vers extraits d’un poème de Khalil Gibran et chantés par la célèbre chanteuse libanaise Fairuz pourraient à eux seuls décrire l’atmosphère de la vallée de Qadisha.

sos chretiens dorient liban qadisha falaiseAu nord du Liban, comme un refuge paisible, la vallée sainte accueille les moines épris de silence depuis les premiers siècles du christianisme. Ethiopiens, nestoriens, arméniens, melchites et jacobites s’y sont établis dans des monastères nichés sur les pentes escarpées des montagnes perdues dans la Forêt des cèdes de Dieu.

Au VIIème siècle, cherchant à échapper aux persécutions des Ottomans dont ils sont victimes, les moines maronites s’installent dans la Qadisha dont les grottes offrent un abri idéal contre les ennemis. Ils entreprennent alors des efforts héroïques pour bâtir plusieurs ermitages en prenant appui sur le roc des montagnes. Parmi eux, les monastères Saint-Antoine de Qozhaya, Notre-Dame de Hauqqa, Qannoubine et Mar Lichaa

Par la suite, dans cet écrin de verdure, où seul le souffle du vent répond en écho aux psalmodies grecques, syriaques, éthiopiennes et arabes, les patriarches maronites viennent vivre et prier à l’écart du monde. Protégés par les falaises à pic et les galeries qui courent dans les montagnes, ils s’y établissent durablement sans crainte des envahisseurs.

Ainsi, le monastère Notre-Dame de Qannoubine, simple grotte en 375 après Jésus-Christ, devient au XVème siècle le siège du patriarcat maronite. L'église à moitié construite dans le creux du rocher, abrite des peintures murales du XVIIIe et XIXe siècle de style byzantin, dont un très beau Couronnement de la Vierge Marie par la Sainte Trinité.

Sous la pression des Mamelouks et des Ottomans, les moines et patriarches sont rejoints momentanément par le peuple fuyant les massacres.

Parallèlement, le patriarcat maintien des liens étroits avec Rome et l’Europe, dont la France dont il obtient le protectorat en la personne de Louis XIV.

Abandonné par les moines au début du XXème siècle, l’édifice est restauré dans les années 90 et accueille désormais une communauté de sœurs Antonines.sos chretiens orient liban qadisha eglise

En 1998, pour son patrimoine naturel, historique, architectural et religieux, la Vallée de la Qadisha est classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, comme la majestueuse forêt des « Cèdres de Dieu », emblèmes du Liban. Ces arbres de Cilicie, cités 103 fois dans la Bible et utilisés pendant l’Antiquité pour construire des édifices religieux (comme les deux temples de Jérusalem) ainsi que les bateaux phéniciens, sont âgés de 1000 à 3000 ans.

Aujourd’hui, les nombreux pèlerins qui viennent se recueillir côtoient les amoureux de la nature qui marchent jusqu’au creux des gorges de la Vallée pour goûter au calme de la Qadisha. Les chemins escarpés dévoilent aux yeux des promeneurs les trésors que la forêt garde précieusement. Sur les hauteurs, les plantations de céréales font de l’œil aux pieds de vignes qui se dorent au soleil dans le bas-relief. Si des siècles séparent les moines maronites de jadis et les pèlerins de ce jour, la même ferveur résonne dans le silence.

Grâce à l’UNESCO, tous ont à cœur de préserver l’authenticité de la Sainte Vallée. Aussi, la piste de randonnée, du village de Bcharré au sommet de la montagne de la Makmel, se fait discrète pour mener les promeneurs le long d’un décor centenaire vers un magnifique panorama.

Sur le chemin, il n’est pas rare de rencontrer un des derniers ermites qui habite une grotte troglodyte aménagée. Entre son potager et son oratoire, il offre un aperçu de ce que devait être la vie des premiers moines. Souriant, l’ermite explique souvent comment ses journées sont rythmées. De nombreuses heures de prières, quelques-unes de travail manuel, quelques autres d’études des textes saints et celles qui restent pour dormir.

La vie semble s’être figée au cœur des montagnes. Outre les monastères, seulement quelques maisons sont habitées. Reliées à une petite centrale hydroélectrique pour bénéficier de l’électricité, elles se fondent dans le paysage.

Ainsi la Vallée de la Qadisha est une des grandes fiertés du Liban et bénéficie d’une renommée mondiale.

Sources : Aleteia ; Trésors du monde ; La Vallée de Qadisha ; Iloubnan.info