Actualités

Trésors de l’Orient - Béthanie ou l’histoire rocambolesque du lieu du baptême du Christ.

News - 16/09/2020

« Or, en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. A l'instant où il remontait de l'eau il vit les cieux se déchirer et l'Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Et des cieux vint une voix : « Tu es mon Fils bien aimé, il m'a plu de te choisir. » (Saint Marc 1,9-11)

sos chretiens orient jordanie bethanie christ mosaique« Béthanie au-delà du Jourdain », situé à 25 kilomètres de la capitale jordanienne, est un sanctuaire chrétien abritant le lieu du baptême du Christ. Des vestiges d’origine romaine et byzantine, tels que des églises et des chapelles, un monastère, des grottes ayant servi de refuges à des ermites et des bassins baptismaux, témoignent de la valeur religieuse du lieu.

Longtemps laissé à l’abandon puis questionné sur la véracité de sa localisation, le sanctuaire a finalement retrouvé son attrait. En temps normal, ses eaux bénies qui servent de frontières naturelles entre la Terre Sainte et la Jordanie, attirent les foules qui viennent s’y plonger ou s’y faire baptiser, à l’exemple des contemporains du Christ qui venaient de toute « la région de la Judée et tous les habitants de Jérusalem», (Saint Marc 1,5). En février 2016, son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO fait définitivement de Béthanie, sur la rive Est du Jourdain, un lieu incontournable à visiter.


Le lieu où s’ouvrit la vie publique du Christ, a pourtant été pendant des siècles un roman policier historique. Aujourd’hui, orthodoxes, catholiques, syriaques, coptes, arméniens s’immergent dans le Jourdain en souvenir du baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ, sans se soucier plus que nécessaire de connaître le côté du fleuve où le Christ est descendu rejoindre Saint Jean-Baptiste. Pourtant pendant des siècles, il n’en fut pas de même pour les politiques, les chercheurs et archéologues qui se sont questionnés sur le sujet. Des tensions se sont mêmes créées car chacun des Etats, jordanien et israélien, revendiquait « le privilège de protéger le lieu du baptême du Christ. » Rive Est, Rive Ouest ? Nul ne le sait.

A ce sujet, les évangiles de Saint Marc et de Saint Matthieu concordent sur l’indication du fleuve du Jourdain mais ne fournissent pas d’indications plus précises. Les foules accouraient pour être baptisées dans « l’eau du Jourdain » (Saint Marc 1,5) et Jean le Baptiste « prêchait dans le désert de Judée » (Saint Matthieu 3,1). Seul Saint Jean nomme le lieu : « Cela se passait à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, où Jean baptisait. » (Saint Jean 1, 28)

sos chretiens orient jordanie bethanie lieu bapteme christMais de quelle rive du Jourdain parlait-il ? Si le lieu exact avait été connu des disciples de Jésus, il semble que le souvenir des premiers chrétiens se soit perdu avec le temps. Ce n’est qu’à partir de 1996, après la signature du traité de paix entre la Terre Sainte et la Jordanie, que l’histoire rocambolesque du lieu va prendre un nouveau tournant. Les fouilles archéologiques mettent à jour des vestiges (monastères, neuf églises, bassins baptismaux, aménagements hydraulique) datant de l’époque romaine et byzantine, qui avait été endommagés suite aux conquêtes arabes du VIIème et enfouis après des tremblements de terre. Ces découvertes sont mises à l’épreuve des écrits des pèlerins du Moyen-âge, qui décrivent, entre autre, une église à même le fleuve sur la rive Est dont l’autel est un bassin en forme de croix et à ceux de Théodose, rédigés au Vème siècle après Jésus-Christ, qui parlent précisément de l’église Saint-Jean-Baptiste construite par l’empereur Athanase à l’endroit où Jésus aurait été baptisé.

Le doute s’efface au fil des découvertes. Il doit bien s’agir du véritable lieu du baptême du Christ. Une vérité dont n’avait pas douté de nombreux papes qui s’y étaient rendus, dont le pape Jean-Paul II en l’an 2000, le pape Benoît XVI en 2009 et le pape François en 2014.

Tout pèlerin qui aujourd’hui se rend à Béthanie a la chance d’admirer une douzaine de lieux de cultes, du temple luthérien à la chapelle catholique, qui entourent les marches descendant vers le Jourdain. Malgré la beauté des coupoles et les couleurs vives des mosaïques, les abords du fleuve gardent une grande simplicité de l’époque du Christ. Les grottes voisines, où se réfugiaient des ermites, renforcent aussi le contraste avec le faste des monuments religieux plus récents.

Aujourd’hui, grâce à l’Unesco, tous ont à cœur de préserver le site de Béthanie. Plus aucun sanctuaire ne pourra être construit et les autorités jordaniennes conservent l’environnement du Jourdain au plus proche de son état naturel.

Sources : Aleteia ; l’UNESCO ; Interbible ; Baskulture ; Cath.ch