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La Turquie assoiffe les Syriens dans la région de Hassakeh.

News - 26/08/2020

Depuis plusieurs semaines, 1,5 million de Syriens est privé d’eau. Des groupes armés soutenus par les forces turques empêchent l’approvisionnement en eau d’Hassakeh et de ses environs en coupant l’électricité de la station d’Alouk qui pompe l’eau vers les villes. La région est dans une situation humanitaire catastrophique ; d’autant plus que cet acte terrible intervient dans le contexte agité d’une pandémie mondiale où l’eau sert d’arme préventive à la propagation du virus. Entre boire et se laver, le choix n’en est plus un.

Sous des chaleurs caniculaires, les civils privés de l’or bleu souffrent cruellement de la soif. « Les puits creusés récemment ne nous fournissent pas d’eau potable. Celle-ci est calcaire et contient une forte portion de germes causant des éruptions cutanées, » témoigne Saad, un ami de l’association sur place. « Certains magasins vendent des bouteilles d’eau à prix d’or : 6€ le pack de 6... Mais avec les sanctions économiques qui pèsent sur nous, les plus pauvres ne peuvent plus vivre sans faire des compromis. Alors pour pouvoir boire, ils se privent de nourriture ! La misère est insupportable, il faut choisir entre l’eau et la bouffe ! »

Sur place, face à l’urgence, l’aide s’organise. Le croissant-rouge syrien a déjà envoyé plusieurs citernes d’eau potable. Si peu quand tant sont assoiffés mais déjà beaucoup pour ceux qui tous les jours espèrent boire une goutte d’eau.

A Hassakeh, comme à Alep en 2014 et 2015, l’eau est utilisée par la Turquie et ses alliés islamistes comme une arme de pression. Ce que n’a pas manqué de relever le patriarche syrien orthodoxe Ignace Aphrem II dans la lettre qu’il a remise vendredi au secrétaire général des Nations unies, le Portugais António de Oliveira Guterres. Il y exhorte instamment les Nations Unies à apporter une réponse à la catastrophe et à acheminer de l’eau pour aider les Syriens assoiffés d’Hassakeh.

SOS Chrétiens d’Orient condamne cet acte barbare et appelle la communauté internationale à prendre des mesures drastiques pour protéger les populations civiles, victimes collatérales de ce conflit.