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Célébration de Vardavar, la fête de l'eau en Arménie.

News - 24/07/2020

Dimanche 19 juillet, le pèlerin égaré en Arménie ouvrait ses fenêtres sur un spectacle bien étrange. Dès la fin de la messe du matin, chacun se met à arroser ses voisins dans la rue, à grandes gerbes d’eau, visant indistinctement l’enfant qui est déjà trempé ou le cadre en costume-cravate. Quelle est cette bien étrange coutume ?

Il s’agit de la célébration de Vardavar, une fête qui remonte à l’époque païenne. C’était une manière d’honorer la déesse Astghik, déesse de l’eau, de la beauté, de l’amour, de la fertilité. Elle s’accompagnait à l’époque de jet de roses, qui a donné son nom à la fête (Vart signifiant « rose » et var signifiant « soulever, jeter »). On arrosait alors les champs, les habitants voisins, et on offrait à la déesse les premiers épis de la récolte de blé.

Depuis la conversion de l’Arménie en 301 par Saint Grégoire l’Illuminateur, cette fête païenne a pris des significations nouvelles. Initialement, les Arméniens commémoraient, au travers de cette fête de l’eau, la fin du déluge. La tradition raconte que l’Arche de Noé aurait accosté sur le Mont Ararat qui culmine à 5137 mètres.  Même si le Mont est aujourd’hui situé en Turquie, ses neiges éternelles surplombent l’Arménie et rallient tous les Arméniens du monde.

Puis l’Eglise arménienne a fait coïncider Vardavar avec la fête de la Transfiguration. Cet évènement où le Christ se révèle dans Sa gloire à Ses disciples est commémoré 98 jours après Pâques. Les fidèles célèbrent donc le renouveau et la victoire du Christ sur les ténèbres. C’est une des trois fêtes les plus importantes du calendrier liturgique arménien.

sos chretiens orient armenie fete vardavarCette fête donne l’occasion aux enfants de faire des blagues aux adultes et d’être gentiment irrévérencieux, en arrosant les passant imprudents du haut des balcons ou en aspergeant professeurs et adultes. Même les pompiers et les prêtres participent à ce débordement de joie ! Durant les chaudes journées d’été, c’est un moyen agréable de se rafraichir.

Partout dans le monde, les membres de la diaspora arménienne reproduisent cette tradition, en utilisant les rues à proximité des églises et en préparant à l’avance des pâtisseries pour les passants. C’est l’âme de l’Arménie qui s’exprime, joyeuse et libre, l’âme d’un peuple fier de son histoire et heureux de se retrouver.