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Trésors d'Orient - La mythique cité perdue de Pétra.

FR - 17/06/2020

Habitée depuis la préhistoire, cette cité caravanière nabatéenne située entre la mer Rouge et la mer Morte fut dans l'Antiquité un carrefour important entre l'Arabie, l'Égypte et la Syrie-Phénicie.

Mi-construite et mi-sculptée dans le roc à l'intérieur d'un cirque de montagnes percé de couloirs et de défilés, Petra est un site archéologique des plus célèbres, où se mêlent les influences de traditions orientales anciennes et de l'architecture hellénistique.


Au III° siècle avant J.C, les Nabatéens, un peuple nomade originaire de la Péninsule arabique, se sédentarisent à Pétra, dans le Wadi Musa, où ils assurent leur prospérité en maîtrisant les routes commerciales, qui reliaient la Chine, l’Inde et l’Arabie du Sud avec l’Egypte, la Syrie, la Grèce et Rome, et en développant le commerce de la myrrhe, de l’encens et des épices, denrées précieuses à cette époque.

Au I° siècle, Pompée, gouverneur de la province romaine de Syrie lance une offensive contre la cité nabatéenne, en vain. La résistance nabatéenne va préserver l’indépendance du royaume qui s’étend du nord de l’Arabie à la Jordanie actuelle.

Mais la puissance Romaine se renforce. Ne pouvant vaincre militairement, les romains frappent l’économie de Petra en déplaçant les routes caravanières, et en 106 de notre ère, sous l’empereur Trajan, la cité est annexée par Rome qui crée la Province d’Arabie.

Petra connaît alors un nouvel élan : commercial d’abord, grâce à la nouvelle Via Nova Traiana entre Bosra, la nouvelle capitale et Aqaba, architectural ensuite, en prenant l’aspect classique des villes romaines avec la construction d’un Cardo à colonnade, d’un théâtre, d’un forum et de thermes.

Les tremblements de terre successifs des V et VI° siècles, puis le recul des byzantins, face à l’islam, font abandonner progressivement Petra. La conquête arabe du VII° siècle, en changeant les routes du commerce et des pèlerinages, la laisse à l’écart. Seulement habitée par les bédouins, Petra sombre dans l’oubli, jusqu’à sa découverte en 1812 par le suisse Burckhardt.

Déguisé en bédouin, celui-ci pénètre dans ce lieu interdit et mystérieux jusqu’au Qasr el-Bint, mais il éveille le soupçon des bédouins et doit battre en retraite pour sauver sa vie. La voie était ouverte et quelques années plus tard, les occidentaux redécouvriront les merveilles nabatéennes de cette cité oubliée.

Pétra est inscrite, depuis 1985, sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. 

Sources : Expedia ; Mariottini ; Les clés du Moyen-Orient