UNE éCOLE POUR LES ENFANTS RéFUGIéS DE MANGESH

C’était en septembre 2014. Un mois après l’afflux des réfugiés chrétiens à Ankawa, l’aide humanitaire commençait à être correctement distribuée. L’urgence était d’aider les dernières familles arrivées à trouver de quoi se nourrir et s’abriter du soleil de plomb.

Les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient arpentaient les allées de tentes et parcouraient les camps pour évaluer les besoins. Tout le monde espérait encore que les villages chrétiens récemment envahis par les hordes djihadistes seraient bientôt libérés.

Puis le doute est venu. Les villages pouvaient être repris, mais ni la coalition occidentale, ni les Peshmergas, les célèbres combattants kurdes, ne semblaient déterminés à fournir l’effort nécessaire.

Une certitude s’est ensuite installée : les réfugiés le resteraient longtemps... Voilà six mois que cela dure et, hélas, tout indique que les chrétiens persécutés resteront durablement privés de leur terre, sauf à prendre le risque d’être décapités et de voir leur femme ou leurs sœurs réduites à l’état d’esclaves sexuelles. C’est devant ce constat terrible que nous avons pris les choses en main. Nous ne pouvions plus nous contenter de distribuer des aides quotidiennes, ni rester dans l’humanitaire d’urgence : il fallait envisager un aménagement stable.

Si des chrétiens ont tout perdu pour avoir refusé de renier leur foi, nous devions au strict minimum participer à leur survie autant qu’à leur avenir !

Nabil, un vieil instituteur

J’avais emporté quelques cartes géographiques, des livres de cours, mais même ça, les djihadistes m’ont empêché de les emporter ! Ici, nous manquons de tout, mais nous trouvons une ambiance de travail apaisée. En quelques semaines, les odeurs typiques des salles de classe se sont installées : les gommes, les crayons taillés, la colle… Les enfants sont très heureux de reprendre leur travail et nous, de passer des journées bien chargées avec eux !



L’idée était simple : les familles devaient reprendre une vie normale et pour cela, les enfants devaient aller à l’école. S’il n’y avait pas d’éducation dans les prochaines semaines, il n’y aurait pas d’avenir en Irak. Ces malheureux auraient donc été réduits à la survie, à la mort, ou à l’émigration vers l’Europe, au prix d’un déracinement total qu’aucun d’entre eux ne souhaite.

C’est dans un petit village chrétien des montagnes kurdes que nous avons lancé notre première école. Le village, Mangesh, a échappé aux attaques grâce à la protection du relief, mais, peut-être aussi, dit-on, grâce à la proximité de la grotte de saint-Thomas où les volontaires se recueillent régulièrement.

Le maire a immédiatement accepté notre projet de participer à la construction d’une école : sa municipalité accueille plus de 400 familles qui ont dû fuir la plaine de Ninive et l’élu fait tout pour améliorer leur quotidien. Son équipe a noué de solides liens avec SOS Chrétiens d’Orient, dont l’action sur place est quotidienne.

Ici, grâce aux dons de nos soutiens les plus actifs, nous avions déjà financé une caravane médicalisée qui a permis de soigner de nombreux malades et sauvé plusieurs vies. Mangesh possédait bien sa propre école, mais celle-ci ne pouvait accueillir les enfants réfugiés faute de place. Les autorités locales étaient en outre trop occupées à gérer la répartition des aides d’urgence : logement, nourritures, soins médicaux... Il apparaissait évident, pour nos volontaires, que les prochains chantiers seraient les écoles. La construction de notre établissement a nécessité un engagement sans faille. Le projet a été rondement mené malgré quelques difficultés, qui seront plus rapidement résolues pour les prochaines fois.

Il fallait que l’école soit prête au plus tôt et accueille le plus d’élèves possible. Après avoir convenu d’un terrain avec le maire du village, les travaux de terrassement ont débuté. Mais après l’été désertique, est venu l’hiver irakien, avec ses pluies torrentielles qui ont empêché les tracteurs d’effectuer correctement le terrassement. Il a fallu attendre que la nature s’apaise avant de reprendre les travaux. Les salles de classe sont des cabines en préfabriqué qu’il a fallu dessiner.

Les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient ont contacté une entreprise pour lancer la fabrication des classes. De longues heures, aussi fatigantes qu’exaltantes, avaient été nécessaires pour aboutir à un plan de l’école, trouver la taille idéale des salles, définir l’emplacement des toilettes, de la salle des professeurs... Mais surtout pour satisfaire toutes les exigences du maire et des familles qui en bénéficient aujourd’hui. Il a encore fallu organiser les salles de classe, trouver les armoires, bureaux, tables et chaises adéquats, régler les espaces de travail des élèves, le tout, en veillant à ne s’attacher qu’au strict nécessaire, en économisant chaque centime.

Une fois le terrassement fait et les salles de classe fabriquées, il n’y avait plus qu’à les poser ! Les modules préfabriqués devaient arriver par camion depuis Duhok, par de sinueuses routes de montagne. L’impatience se mêlait à l’angoisse du pépin. Chaque salle de classe faisant 4 mètres de large sur 12 mètres de long, il fallait toute l’habileté et la précaution des chauffeurs pour les mener à bon port, tout en évitant l’accident mortel sur des routes escarpées, où la protection routière se résume à d’intenses prières à saint Christophe, patron des voyageurs… Au terme de cette reprise du Salaire de la peur, les sept modules étaient acheminés.

Dès leur réception, tous les volontaires se sont activés pour stabiliser les fondations des salles de classe. Avec les ouvriers, ils ont ajusté les niveaux pour que le sol soit droit et les salles bien horizontales. En seulement deux semaines, les bâtiments ont surgi sous les yeux émerveillés des enfants qui allaient bientôt en bénéficier. L’école Saint-Thomas n’est pas parfaite, mais elle permet d’accueillir les 400 petits réfugiés. Un budget resserré, des délais très courts et les inévitables petits ennuis n’ont pas arrêté les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient.

Aujourd’hui, 250 élèves de primaire peuvent aller en cours le matin. Ils ont repris un rythme normal et apprennent enfin les leçons qui leur manquaient tant. Eux qui étaient si nombreux à passer sur le futur terrain de l’école pour constater l’avancée des travaux, ont enfin la possibilité d’entrer dans les salles. Ils y trouvent le même bureau qu’ils avaient dû abandonner quelques mois auparavant. Joseph, un petit garçon dont le regard pétillant se trouble un instant, résume sa nouvelle situation : « Avec les copains, ici, on n’a plus peur ». Au fil des jours, nous recevons régulièrement des dessins, de petits cadeaux ou des paroles de remerciement qui étreignent la gorge des plus endurcis.

L’après-midi, ce sont 150 collégiens qui ne cachent pas non plus leur joie de retrouver leurs livres d’histoire, de sciences ou de lettres. C’est pour eux la garantie d’avoir un travail demain et, avec leur maturité brutalement accrue, ils en sont parfaitement conscients.

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Actuellement, elle assure une mission permanente en Irak, au Liban, en Syrie et en Égypte, ainsi que des missions ponctuelles en Jordanie, en Arménie et en Éthiopie pendant certaines périodes de l’année (noël et été).

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