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La jeunesse franciscaine au coeur des ruines syriennes

News - 27/08/2017

L’été dernier, un groupe de la Jeunesse franciscaine a passé une dizaine de jours en Syrie à la rencontre des communautés chrétiennes locales. Venus de Cholet, dans le Maine-et-Loire, ils ont découvert le pays et proposé un spectacle sur saint François d’Assise.

Depuis Beyrouth, ils sont une cinquantaine à prendre la route de Damas en plusieurs minibus. Étudiants ou jeunes professionnels, âgés de 17 à 30 ans, ils sentent déjà le soleil du Proche-Orient illuminer leur visage. En partenariat avec notre association, ils sont là pour une mission: sillonner la Syrie à la rencontre des communautés chrétiennes locales. Ces jeunes garçons et filles font partie de la Jeunesse franciscaine (JEFRA), un mouvement religieux international. Ils ont choisi de vivre l’Évangile au quotidien, à l’exemple de saint François d’Assise. Cet été-là est pour eux une saison de voyages : après le Liban, les voilà donc en Syrie pour dix jours. « Nous rencontrons différentes communautés et constatons de nos propres yeux la réalité de nos propres yeux la réalité de la guerre civile, explique l’un d’eux. Notre vie en France est faite de prière, de moments de recueillements. Là, on passe de quelque chose de très abstrait à une action très concrète. »

FAIRE DÉCOUVRIR SAINT FRANÇOIS

Le voyage de ce groupe de jeunes catholiques en Syrie s’inscrit dans le cadre d’un pèlerinage. Ils se rendent dans l’un des pays qui a recensé le plus tôt des communautés chrétiennes, grâce aux premiers apôtres venus de Terre Sainte. C’est notamment à Maaloula, petit village chrétien au nord de Damas qui se relève timidement de la guerre, qu’ils ressentent particulièrement la présence de Dieu : vieilles églises, emprise du désert... « On ressent une paix. L’accueil est chaleureux. Le désert qui s’étend alentour dépouille des artifices de la vie moderne et ramène à l’essentiel ». En temps normal, ce groupe de prière se retrouve une fois par mois à Cholet pour louer Dieu. Il y vit des moments fraternels. Il a également monté une pièce de théâtre mimée sur fond musical, intitulée le Mystère de saint François. En retraçant des moments clés de la vie de leur saint patron, cette troupe amateur veut raconter l’histoire de celui qui avait tourné le dos à la richesse pour mieux se consacrer à Dieu. À chaque étape de leur tournée, les membres de la JEFRA entonnent des chants de louange, avec la joie et le dynamisme qu’on imagine chez ces jeunes fidèles. Profondément touché par les dégâts de la guerre, le groupe entame une magnifique louange en arrivant à la citadelle d’Alep : « Jésus seul est ma lumière, mon abri, mon rocher ! » Dans les ruines de la cité, détruite par les combats, leur enthousiasme détruit par les combats, leur enthousiasme contraste avec le décor de désolation.

VISITER LA SYRIE À LA RENCONTRE DE L’AUTRE

« Pour moi, la première chose que nous sommes venus apporter, c’est notre présence », estime Joseph, l’un des membres du groupe. Consciente du drame historique qui se déroule au Proche-Orient depuis le début de la guerre, la Jeunesse franciscaine plonge au cœur des populations syriennes pour les rencontrer et écouter leurs témoignages. « L’une des causes de la souffrance, poursuit Joseph, c’est d’avoir l’impression que les gens autour n’en ont rien à faire. C’est un peu le contexte international qu’il y a autour de la Syrie. C’est pour ça que je trouvais très fort de me rendre sur place. Et je remercie SOS Chrétiens d’Orient de nous en avoir donné l’opportunité ». En partageant leur temps avec les communautés syriennes qu’ils croisent, ces jeunes Français découvrent une culture qui n’est pas la leur. De Damas à Alep, en passant par Maaloula, Mashta al-Hlou et le Krak des chevaliers, leur pérégrination les a menés dans des lieux touristiques comme dans des endroits plus reculés, plus délaissés. À Damas, l’une des plus anciennes villes du monde, ils déambulent dans les rues à la recherche des lieux ayant marqué l’histoire de la Syrie : la mosquée des Ommeyades, la porte Saint-Thomas ou l’église souterraine Saint-Ananie. Loin de tout ce qu’ils pouvaient imaginer de leur Maine-et-Loire quotidien, la capitale de la Syrie est un véritable joyau patrimonial et architectural. Mais au-delà du simple aspect touristique, c’est le côté humain et relationnel qui marque plus profondément ces jeunes chrétiens français. « À Damas, nous avons déjeuné avec une association musulmane qui tient un restaurant solidaire, se souvient Joseph. Nous avons été touchés par l’accueil qu’ils nous ont réservé, nous sentions que cela venait du fond du cœur ». Pour eux qui vivent en France, où les relations avec les inconnus sont souvent plus froides, ce côté chaleureux et fraternel surprend. Ils apprécient et en rendront témoignage de retour chez eux.