Actualités

Egypte – Être un enfant de chiffonnier au bidonville des 500.

News - 24/06/2021

Alexandrie, ville fondée par Alexandre le Grand, reste dans l’imaginaire de beaucoup comme un vestige d’un passé noble et grandiose. Aujourd’hui, gigantesque métropole, elle abrite un peu plus de cinq millions d’habitants dont de nombreux chiffonniers qui habitent des bidonvilles insalubres, comme celui des 500. 

Depuis cinquante ans, des chiffonniers viennent s’y installer à la suite des Cinq Cent premières familles qui ont données leur nom au quartier. Sur les 1.200 familles présentes, 50% vivent dans des conditions de pauvreté extrême. Les produits de première nécessité sont rares et difficilement accessibles. Les maisons sont branlantes, parfois sans toit ou portes… Les enfants travaillent très jeunes pour soutenir au mieux leurs parents. Certains conduisent même les « tuk-tuk », ces motos aménagées pour faciliter les déplacements sur les routes cabossées du bidonville, et ce dès leur plus jeune âge.  

Quand ils ne sont pas obligés de travailler, les enfants sont accueillis dans des garderies par des femmes qui leur enseignent à parler, compter, écrire et leur font écouter des musiques religieuses accompagnées de chorégraphies qui apportent une dimension récréative à ces journées studieuses. 

sos chretiens orient egypte cours francais enfants chiffonnier du bidonville des 500Souvent les classes sont surchargées, les enfants surexcités et les volontaires qui arrivent pour donner des cours de français doivent apprendre à improviser pour que la leçon soit la plus pédagogique possible ! Comment leur transmettre des bases de français, quand les plus grands n’ont pas dix ans et les plus jeunes pas même un an ?  

Alors pour simplifier, ils sont répartis par groupes d’âges. Les grands attaquent avec enthousiasme l’apprentissage de l’alphabet : chaque lettre est accompagnée de son mot exemple. Les noms des couleurs fusent ; c’est à qui va crier le plus fort et trouver un objet jaune, rouge ou bleu le premier !  

Les plus jeunes apprennent, lentement mais sûrement, à compter sur leurs doigts. L’influence de l’anglais se fait beaucoup ressentir : ils ont déjà des automatismes de traduction dans cette langue plus couramment usitée que le français. Les volontaires essayent tant bien que mal de leur transmettre des bases de français, car cumulées à leur connaissance en anglais, elles leur ouvriront des portes supplémentaires dans le futur.  

L’éducation de ces enfants est prise avec beaucoup de sérieux. Les volontaires ont mis en place un système de cahier de suivi pour noter les progrès des enfants et assurer une continuité dans l’enseignement à l’arrivée de nouveaux volontaires.  

sos chretiens orient egypte enfants chiffonniers et volontaires bidonville des 500Conscients des conditions de vie difficiles des enfants, tous ont à cœur de favoriser un apprentissage ludique des langues au moyen de comptines, chansons, de jeux français tels que le facteur n’est pas passé, la bombe, les chats perchés, les un deux trois soleil, etc. Leurs visages sourient et leurs yeux pétillent mais leurs mains sont déjà marquées par le travail.  

Certains parents ne sont malheureusement plus en mesure de travailler, comme cet homme, Minah, que les volontaires ont visité lors d’une donation de colis alimentaires à six familles du bidonville.  

Chiffonnier et père de deux enfants, il ramassait et triait les déchets pour gagner sa vie. Lors de l’exercice de son métier, un produit toxique a rongé sa cornée, le rendant aveugle. Forcé de rester chez lui, il est désormais incapable de subvenir aux besoins de sa famille. Sa femme est la seule pourvoyeuse de revenu, mais son salaire est insuffisant pour nourrir quatre personnes. L’aîné des garçons, qui vient de quitter la garderie de la paroisse, est donc obligé d’aider ses parents à ramener un peu plus d’argent à la maison.  

sos chretiens orient egypte volontaires et chiffonniers du bidonville des 500

Cette famille n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Chacune a une histoire, vécu une tragédie, un décès, une maladie, un handicap et la liste n’est pas exhaustive.  
Ces familles sont souvent nombreuses, car elles regroupent les grands-parents, les frères et sœurs, les gendres et les belles-filles, les enfants et même parfois les cousins. Certains sont veufs ou veuves, d’autres ont des handicaps assez lourds dus à la prégnance de relations consanguines dans les bidonvilles.  

Ces enfants et ces adultes handicapés n’ont parfois pas la chance de trouver des garderies ou des centres spécialisés pour s’occuper d’eux, contrairement à d’autres bidonvilles mieux pourvus en ressources humaines et matérielles. Cela représente une contrainte de plus pour les familles qui doivent veiller sur les plus faibles au détriment d’exercer un travail rémunérateur. 

Pourtant dans chaque foyer où les volontaires pénètrent, ils sont accueillis par de grands sourires, de franches poignées de mains et une tasse de thé. La paix et la joie ressenties dans cet endroit est un paradoxe qui prend les volontaires à la gorge ; dans un tel manque de ressource matérielle, comment ne pas être touché par ces personnes qui se battent tous les jours pour leurs familles ?  

Les volontaires le sont, je le suis et aujourd’hui j’espère que vous l’êtes au point de ne pas les oublier. Aidez-nous à poursuivre les donations de produits de première nécessité aux familles en situation de précarité. Avec 22€, vous offrez un colis alimentaire à une famille de chiffonnier. 

bouton faire un don

Clémence, volontaire en Egypte.