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La crise sanitaire n'est pas finie mais Alep s’anime à nouveau !

FR - 09/06/2020

Cela fait déjà plusieurs mois que le Covid-19 paralyse le monde. Ecoles, universités, restaurants, magasins… tout s’est arrêté. En Syrie, la seconde moitié de l’hiver a été rude, la crise s’est intensifiée, les plus démunis se sont vus davantage fragilisés, le quotidien de chacun a été chamboulé pour s’adapter aux mesures nécessaires à l’arrêt de l’expansion du virus.

Les prix ont monté, et continuent de monter. Les magasins ont fermé, les rues se sont vidées. Les plus âgés se sont retrouvés encore plus seuls, les enfants privés d’école et d’activités s’ennuient, les étudiants s’inquiètent de leur avenir, et tout le monde s’est vu confiné dans des appartements étroits, sans électricité continue. La population alépine déjà marquée par plus de huit ans de guerre a dû se serrer les coudes et la ceinture afin de surmonter cette nouvelle épreuve.

sos chretiens orient syrie rues d alepAu vu de l’expansion du virus, les mesures se sont intensifiées peu à peu, et ce qui n’était que provisoire s’est transformé en quotidien. L’hiver a fait place à un printemps rapide, et déjà l’été commence. L’été, que l’on nomme si justement « les beaux jours », qui annonce habituellement les vacances, les activités extra scolaires, les sorties, les rues gaies et pleines de monde, s’annonce cette année incertain. Les enfants trépignent : « Passera-ton l’été confiné ? Verra-t-on nos amis ? Irons-nous à la piscine ? Les camps d’été auront-ils lieu ? »

Katy, 14 ans, s’est beaucoup ennuyée, elle relativise cependant : « Sans l’école et mes autres cours, j’ai pu profiter davantage de mes amies et passer de meilleurs moments avec elles. Mais c’était long et je suis soulagée de reprendre un quotidien normal. »   

Au centre culturel de SOS Chrétiens d’Orient à Alep, employés et professeurs se posent les mêmes questions. Ces mois de confinement n’ont pas été simple, tout a dû être réorganisé. La musique qui s’échappait des fenêtres, les rires d’enfants dans la cour, les maternelles plein de peinture courant vers leurs parents au sortir de leur leçon d’art plastique, ce quotidien joyeux est devenu triste et silencieux. Même le bruit des jeunes qui apprenaient à tailler la pierre à l’étage a commencé à nous manquer !

Nous sommes parvenus à maintenir un suivi des cours de musique, solfège et dessin, par téléphone, messages vocaux et vidéos. Cela n’a pas été simple mais nos professeurs, patients et dévoués à leur métier ont relevé le défi, parvenant à aider les élèves à accorder leur instrument et à progresser malgré tout. La professeur d’art a ravi les plus petits en envoyant aux parents des photos, vidéos et explications, leur offrant des coupures joyeuses et instructives au milieu du confinement parfois difficile à faire comprendre aux petits.

Il y quelques jours, l’annonce de la levée du couvre-feu et de la reprise d’activités a réjoui petits et grands, rassuré les étudiants sur leur avenir, ainsi que tous les habitants qui luttent pour traverser la crise économique actuelle. Les rues vides et grises se sont animées à nouveau et parées de couleurs d’été. En fin d’après-midi, point de sirène pour annoncer qu’il est temps de regagner sa maison, quelques rappels cependant pour éviter la constitution d’attroupements dans les rues, tentation de chacun alors qu’il fait bon et qu’il n’est plus obligatoire de rester chez soi. Les messes pour les fidèles ont repris aussi, les chrétiens ont pu fêter la Pentecôte ensemble, ainsi que le dernier jour du mois de Marie.

sos chretiens orient syrie mesures contre le coronavirus centre sos alepLe centre culturel de SOS Chrétiens d’Orient fourmille. Il s’agit d’être prêt pour la réouverture, en s’adaptant cependant aux mesures d’hygiène importantes : le virus n’a pas disparu. Organisation des salles de classe, séparation des tables, division des classes et nouveaux horaires pour éviter les groupes nombreux, préparation de formations aux gestes barrières… nous voilà prêts ! 

Cette semaine, pas de musique encore. Le cycle est terminé, un nouveau commencera la semaine prochaine. En attendant, les élèves choisiront leurs horaires et de nouvelles classes seront constituées selon les nouveaux niveaux formés. On ouvre donc avec les ateliers d’aide au devoir, ultime soutien avant la fin de l’année scolaire, et les cours de français.

On rencontre Tia et Elita, qui entrent pour leur cours de français. Elles ont trouvé le temps bien long, et leurs amies leur manquent. « On a dû prendre de nouvelles habitudes, rester à la maison, se dire bonjour différemment ! On passe notre temps à nous laver les mains. Mais on a pu passer du temps chez notre grand-mère, lire, jouer du piano, ça c’était chouette ! »

Georges, 14 ans, est plus mitigé. Il s’est occupé avec son téléphone, heureux d’avoir une bonne raison de manquer l’école.

Fadi, 11 ans, s’est aussi trop ennuyé, et comme les autres ses amis lui manquent, mais contrairement à Georges, les cours à l’école lui ont manqué. Il est donc ravi de ce retour à la normale, et affiche un grand sourire en sortant son livre de français.

Les élèves s’adaptent donc aux nouvelles habitudes, écoutent les rappels d’hygiène et reprennent enfin leurs leçons.

Chacun espère que cette reprise annonce un retour à la normale, et que les « beaux jours » auront bien lieu.

Louise, adjointe-chef de mission en Syrie.

Le Centre Culturel de SOS Chrétiens d’Orient offre des leçons de français, italien, aide aux devoirs en groupe personnalisé, taille de pierre, art plastique, solfège et instruments, chaque année grâce à vos dons !

Participez au maintien du centre : enseignement, matériel scolaire, électricité, maintien des locaux, partitions, livres, peinture, outils… chaque don est précieux !

Un livre de français ou italien : 6 €

Un mois d’électricité et générateurs : 54 €

Une boîte à outils pour l’initiation à la taille de pierre : 63 €

Un an de leçons d’art plastique pour les petits : 420 €

Un an de leçons de musique : 2456 €

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