Une église pour Maaloula

Dernières nouvelles de la mission : Maaloula : Les travaux de réparation financés par SOS Chrétiens d’Orient ont commencé à l’église Saint-Georges

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Jour 1

Pour des raisons de sécurité, nous n’avons pas pu publier en direct les comptes rendus et photos de notre mission en Syrie.
Nous commençons donc à le faire aujourd’hui, en différé.

Nous, volontaires de SOS Chrétiens d’Orient, sommes arrivés à Beyrouth. Six Français, accompagnés d’une jeune Syrienne étudiante à Lyon, qui avons décidé de participer à cette nouvelle mission intitulée « Une église pour Maaloula ».
Cette mission se prépare depuis plusieurs mois grâce à l’aide précieuse de Sa Béatitude Grégoire III Laham, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem pour les grecs catholiques melkites, en résidence à Damas.

La traversée de Beyrouth en taxi est, pour certains d’entre nous la première approche de l’Orient et ne manque pas de surprendre, notamment par les contrastes qu’elle réserve. Pour les autres, c’est une joie de retrouver la chaleur et la francophilie des Libanais. Le chauffeur de taxi, maronite, nous conduit au Patriarcat des grecs catholiques melkites de Raboueh, où le Patriarche nous accueille très généreusement.

Après une nuit réparatrice (le voyage en avion ayant duré près de 24 heures !), nous entamons notre mission par un pèlerinage de deux jours afin de la placer sous la protection de la Vierge Marie et des grands saint Libanais, guidée par le diacre Charlie qui nous conduira tant spirituellement que matériellement pendant ces quelques jours.

Le pèlerinage commence par la montée à Notre-Dame-du-Liban, sur les hauteurs de Harissa au nord de Beyrouth. La vue sur la côte libanaise et la mer Méditerranée est somptueuse. Mais nous sommes sont surtout frappés par la piété des Libanais qui viennent vénérer Marie et lui demander de préserver la paix dans leur pays. De nombreux musulmans viennent également déposer leurs demandes aux pieds de Marie. Après une visite à la cathédrale Saint-Paul, non loin, où se trouve le séminaire grec catholique melkite, nous prenons ensuite la route pour le monastère de Saint-Maroun, sur les hauteurs de Byblos.

Une foule nombreuse vient vénérer la tombe de saint Charbel et prier pour la paix au Liban et au Proche-Orient, notamment pour leurs frères chrétiens et Yézidis d’Irak. La journée se termine à l’ermitage de saint Charbel où le grand saint a vécu la dernière partie de sa vie. Notre guide, le diacre Charlie, nous livre un témoignage émouvant sur sa vocation sacerdotale, lui qui va être ordonné prêtre dans quelques jours.

 

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Jour 2

La journée débute par la messe dominicale en rit byzantin à l’église Notre-Dame-de-l’Annonciation, dans le complexe patriarcal.
Là aussi, l’assistance nombreuse prie pour la paix en Syrie et au Liban et pour les persécutés d’Irak.
Après un copieux déjeuner de spécialités libanaises, nous arrivons au monastère du Saint-Sauveur à Joun, au sud de Beyrouth. Tenu par l’ordre grec catholique melkite des salvatoriens, ce couvent a abrité, entre autres grands saints, le vénérable Père Beshara Abu Mrad au début du XXIème siècle.
Le patriarche actuel, Grégoire III, est un ancien moine de ce couvent, comme nombre de ses prédécesseurs.
Les moines insistent beaucoup sur leur vocation de dialogue avec les musulmans, eux qui vivent dans une région du Liban très majoritairement musulmane. Leur piété et leur sens du dialogue ont payé puisque leur monastère a été épargné pendant la guerre civile, protégé par leurs voisins musulmans.
L’Eglise grecque catholique melkite se veut d’ailleurs un véritable ferment de convivialité entre les différentes communautés vivant en Orient.

La journée se poursuit au monastère Notre-Dame-de-la-Lumière, qui abrite des moniales grecques orthodoxes dans un cadre superbe, surplombant la mer. Les religieuses se relayent pour prier en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. L’entretien et le renforcement du lien entre catholiques et orthodoxes étant une des priorités de SOS Chrétiens d’Orient, cette visite revêtait une importance toute particulière.

Ces deux premières journées de pèlerinage se terminent comme elles avaient commencé, aux pieds de la sainte Vierge Marie. Cette fois, c’est dans la grotte de Notre-Dame-de-l’Attente à Maghdouchi.
Marie a séjourné dans cette grotte lorsqu’elle devait attendre Jésus qui prêchait à Sidon ou à Tyr. Cette ville voisine, cananéenne, interdisait aux femmes juives de pénétrer dans ses remparts et la Vierge avait donc choisi une grotte pour refuge.

C’est alors l’heure des adieux avec le guide, le diacre Charlie, qui remet aux pèlerins de France des images pieuses et de l’huile bénite. Nous lui avons offert une image de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ainsi qu’une tunique aux couleurs de notre mission.
Avant de nous quitter, nous prions tous ensemble par des chants à la Vierge et au Seigneur en français, en latin et en arabe.

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 Jour 3

Le lever est avancé à 5h du matin, puisque Sa Béatitude Grégoire III nous attend à l’aube dans sa résidence d’été à Ain-Trez, dans les montagnes libanaises. Avec beaucoup d’émotion, nous assistons à la messe célébrée en français par le Patriarche spécialement à notre attention.
Après un rapide petit-déjeuner, nous sommes allés à la rencontre de deux moines anachorètes français, le Père Pierre et le Frère Silouane, qui prient pour le Patriarche et le Synode grec catholique depuis leur petit ermitage Saint-Jean-Baptiste.
Quelle surprise de découvrir un Breton et un Savoyard au fin fond du Liban !

Les échanges et les prières sont intenses mais trop brefs. Il est temps de se mettre en route pour Damas. Le convoi s’organise.
Pour des raisons de sécurité, le Patriarche souhaite faire route avec nous et nous précède donc dans sa voiture.
Après plusieurs heures d’attente, d’incertitude et de formalités douanières, heureusement dénouées par l’intervention de Sa Béatitude, Damas est enfin en vue.

Ceux d’entre nous qui découvrent la ville sont frappés par l’activité qui y règne. Hormis les fréquents barrages de l’armée, difficile d’imaginer au premier coup d’œil qu’il s’agit de la capitale d’un pays en guerre. Les deux volontaires ayant participé à la première mission « Noël en Syrie » sont très émus de retrouver cette ville chère à leurs cœurs, ainsi que leurs amis syriens qui les attendent avec impatience.

Le patriarche Grégoire III nous offre le gite dans la résidence d’une paroisse d’un quartier populaire de Damas. Chrétiens et musulmans se mêlent dans un joyeux désordre. Là encore, difficile de distinguer les traces de la guerre.

A peine installés, il faut repartir pour Notre-Dame-de-Damas où Sa Béatitude préside un office. Une foule nombreuse prie avec enthousiasme la Vierge Marie, menée par la ferveur et la piété du Patriarche, qui n’hésite pas à s’adresser directement à la foule. A la fin de l’office, il nous interpelle et nous prie de le rejoindre. Sous les applaudissements des fidèles, Grégoire III présente la mission « Une église pour Maaloula ». Les paroissiens se pressent pour nous féliciter et remercier.

Leurs paroles nous vont droit au cœur : « En nous rendant visite, vous nous donnez du courage pour rester ici malgré les difficultés de la guerre », « nous sommes ici chez nous et nous ne voulons pas quitter notre terre de toujours, mais chaque visite du Patriarche nous redonne de l’énergie », « si vous, Français, avez le courage de braver les dangers pour venir prier avec nous, comment pourrions-nous nous enfuir ? »

Ces paroles nous font comprendre tout le sens de notre mission, rendue possible grâce à nos donateurs, et permettent d’atténuer l’angoisse provoquée par le bruit sourd du canon qui semble parfois si proche, et par les nombreuses coupures d’électricité…

 

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Jour 4

Après l’intense journée de l’Assomption, nous nous levons de nouveau à l’aube afin de rejoindre le convoi de véhicules partant du patriarcat grec melkite catholique de Damas. Le patriarche Grégoire III, accompagné de son vicaire patriarcal pour Damas et de nombreux prêtres, se rend dans le village de Marat-Sidnaya, dans les environs du célèbre sanctuaire marial de Sidnaya, pour procéder à l’ordination sacerdotale du diacre Rami. Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir assister à cette ordination car Rami avait été d’une aide précieuse dans la préparation de cette mission.

Le village est situé dans les monts du Qalamoun, entre Damas et Maaloula. À notre arrivée, les villageois se pressent vers la petite église déjà bien remplie. Les parents, l’épouse et la fille du future prêtre occupent les premiers rangs, très émus. À l’entrée du patriarche, la foule se presse pour le toucher et être bénie par lui. La liturgie commence. Les ornements fastueux du patriarche et des prélats scintillent à la lumière des cierges. Les chants byzantins pluri-séculaires font vibrer les voutes de pierre.

Après une heure et demie d’office, l’ordination commence. Celui qui n’est encore que diacre remonte en procession vers le sanctuaire, revêtu de ses ornements de diacre, qu’il retire ensuite. Après s’être fait imposer les mains et oint par le patriarche, il est revêtu de tous ses ornements sacerdotaux.

Après la messe, nous faisons la queue pour féliciter le nouveau prêtre, sa famille et le clergé.
L’émotion est grande au moment de féliciter ce jeune prêtre qui nous a tant aidé dans cette mission, Un excellent déjeuner est servi ensuite à tous les présents. Là encore, les habitants sont surpris et heureux de nous voir. Le patriarche tranche solennellement, avec un grand sabre, le gâteau de fête et invite Benjamin à venir l’aider dans ce grand moment.

Le déjeuner fini, nous partons vers le sanctuaire de Sidnaya, tenu par des religieuses grecques orthodoxes.
Malgré la quasi disparition des pèlerins et des touristes, les sœurs veillent toujours aussi strictement à la bonne tenue du monastère. Rassurées sur nos intentions, elles commencent à nous parler de la situation.
Pour elle, le village a été épargné par les djihadistes car les habitants, horrifiés par les événements de Maaloula, avait alors décidé d’organiser leur protection de manière déterminée. En trois ans et demi de guerre, Sidnaya est restée un havre de paix.

La journée se termine par des prières à l’ermitage de Saint-Élie, depuis lequel nous avons une vue imprenable sur Damas et toute la plaine environnante.
Notre guide nous montre les quartiers favorables au gouvernement et ceux favorables aux rebelles.
La situation semble inextricable mais cela nous conforte dans notre idée d’apporter, grâce à vos dons, notre pierre à la reconstruction de la Syrie.

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Jour 5

Départ matinal pour rejoindre la tristement célèbre ville martyre de Maaloula. Notre voiture rejoint celle du Patriarche Grégorios III, et accompagnés d’une voiture de gardes armés nous nous mettons en route pour ce village situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Damas.

Le panneau, puis la porte du village qui porte encore les traces de l’attaque suicide des djihadistes contre l’armée syrienne le 4 septembre dernier. Nous nous rendons directement au monastère de Saint Serge au sommet du village, qui a servi pendant des mois de quartier général aux terroristes qui tenaient Maaloula. La petite église datant du 4ème siècle en porte les séquelles : plus une seule icône, et l’autel, l’un des plus vieux de la chrétienté, porte encore la trace de la violence avec laquelle il fut fracassé. Accompagné des gardes du village, une centaine de jeunes Maaloulites armés pour défendre leur village, le commandant de l’armée, le maire du village, le père Toufic, curé et le Patriarche, nous faisons le tour du monastère, puis nous dirigeons vers l’hôtel qui affichait autrefois quatre étoiles et qui n’est plus qu’une ruine…
Ici et là les marques d’un tir d’obus, d’un bombardement, d’une roquette, de tirs… La violence inouïe des combats apparaît clairement.

Vue imprenable sur ce village redevenu si calme et dans lequel quelques habitants ont commencé à se réinstaller. Le père Toufic, curé grec catholique est toujours à Damas, la décision de se réinstaller est difficile à prendre : les djihadistes ne sont pas très loin et s’il rentre, c’est un signe pour toute la population qui le suivrait… Descente dans le village. Des maisons sont entièrement brûlées, d’autres détruites…
Au centre le monastère de Saint Thècle, dans lequel 12 religieuses avaient été enlevées avant d’être libérées quelques semaines plus tard. La haine anti-chrétienne est flagrante, les icônes sont brisées, les visages détruits ou visés par des tirs, les évangiles sont brûlés et parfois même des parties entières des églises.

Même constat dans l’église Saint Georges dont SOS Chrétiens d’Orient finance la reconstruction grâce à vos dons.
La magnifique iconostase est presque entièrement brûlée, le siège de l’évêque détruit, le dôme touché par des tirs d’obus, les icônes massacrées, et tout le matériel électrique de l’église a été volé.
Une jeune habitante nous remercie chaleureusement.
Les Maaloulites sont nombreux à vouloir nous inviter à boire le café, fidèles à leur réputation d’hôtes chaleureux, et nous commençons par la petite boutique de Saba, réouverte depuis que le village a été repris aux terroristes.

Le feu l’a ravagée mais Saba répare. Il a un message pour les Chrétiens d’Occident que nous promettons de transmettre : « Peuples européens, dites à vos gouvernants que la démocratie, ce n’est pas de nous envoyer des djihadistes qui détruisent nos églises. Si c’est ça, nous n’en voulons pas ». C’est finalement la mère du maire de Maaloula qui nous offre le café, fière de chanter avec sa fille et l’un des gardes de la ville une chanson en araméen, la langue du Christ que parlent encore les habitants du village.

Retour au monastère de Saint Serge ou les jeunes gardes de Maaloula nous invitent à déjeuner. Ils ont pris les armes « pour défendre Maaloula, sa population et ses églises », ils les gardent aujourd’hui pour protéger le village d’une éventuelle attaque. Aamer a 20 ans et il a combattu en septembre. Il a aidé les derniers habitants à sortir du village après que les terroristes avaient tué trois jeunes chrétiens qui refusaient de leur obéir. Blessé lors d’une bataille à l’issue de laquelle il fut hospitalisé, il ne renonce pas et recommencera “s’il le faut”.

Ils sont heureux d’être à nouveau sur les hauteurs de leur village dont ils parlent inlassablement… Ils attendent avec impatience la fête de la Croix, traditionnellement fêtée le 14 septembre dans le village. Ces jeunes jettent du haut de la montagne des boules de bois enflammées, en souvenir de ce qu’avait fait Saint Hélène elle-même pour prévenir qu’elle avait retrouvé la Croix du Christ.
L’année dernière, le village était aux mains des terroristes, et cette année, le père Toufic reste hésitant malgré l’enthousiasme populaire : « c’est une décision difficile à prendre, je ne veux pas faire prendre de risques inconsidérés à mes fidèles ».

Tous nous laisse repartir avec un vœu : « priez pour nous et dites la vérité de ce que vous avez vu en Syrie pour que les peuples occidentaux réalisent ce qui se passe réellement ».

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Jour 6

Après une journée riche en émotions à Maaloula, nous repartons pour le Qalamoun en direction de la ville de Yabroud. C’est de cette ville qu’étaient arrivés certains des combattants islamistes ayant envahi Maaloula.

Pour sortir de Damas, contrairement aux autres jours, nous ne sommes pas obligés de faire un grand détour par l’ouest. Aujourd’hui, l’autoroute du nord est réouverte et sécurisée et nous l’empruntons pour la première fois. L’autoroute traverse un quartier nouvellement repris par l’armée. Le spectacle de désolation est terrifiant. Le long de la route s’égrènent les concessions des plus grands constructeurs automobiles occidentaux. Pas une n’a résisté aux pillages.

Après plus de une heure de route, nous arrivons au barrage qui contrôle l’accès à la ville de Yabroud. Malgré notre précieux laisser-passer signé par le patriarche, il nous est cette fois impossible d’aller plus loin: seuls les habitants de la ville peuvent s y rendre. Le curé de Yabroud, le père Georges Haddad, nous envoie quelqu’un pour nous récupérer. Les gardes locaux insistent pour que nous ayons une escorte pendant la durée de notre visite à Yabroud, la ville n’étant sécurisée par l’armée que depuis deux mois à peine. Deux jeunes chrétiens de la ville armés d’une Kalachnikov nous escorteront donc discrètement toute la journée.

Nous arrivons pile à temps pour la messe, célébrée aujourd’hui par l’archevêque grec catholique melkite de Homs. L’assistance est particulièrement fournie, notamment un groupe de plus d’une centaine d’enfants du catéchisme. L’archevêque insiste particulièrement sur l’importance de la prière pour la paix en Syrie. L’église catholique principale de Yabroud date de l’époque paléo-chrétienne et recèle des trésors archéologiques, d’autant plus qu’elle fut bâtie sur l’emplacement d’un temple païen. Elle possède également d’anciennes icônes précieuses que le Père Georges avait prudemment mis à l’abri à Damas (quatre voyages de nuit en voiture!) lorsque la situation commençait à devenir très inquiétante.

Après la messe, le père Georges nous fait une visite commentée de le cathédrale en nous expliquant l’histoire de la ville depuis le début de la crise syrienne. Au début de la crise, une partie de la population musulmane de Yabroud s’est soulevée contre le gouvernement de Damas. Prudemment, les chrétiens n’ont pas voulu prendre parti pour tel ou tel camp. Très vite, il est apparu que les bandes armées qui mettaient la ville au pas avaient des intentions principalement vénales et crapuleuses. Les autorités chrétiennes, catholiques et orthodoxes, ont décidé d’un commun accord de verser un tribu à ces bandes armées en échange de la sécurité et de leur protection. Au bout d’un an, la situation sécuritaire s’est dégradée à Yabroud, les bandes qui contrôlaient toujours la ville assurant de moins en moins d’ordre et participant même aux pilages et aux rançonnages, principalement contre les familles chrétiennes. Les responsables chrétiens ont donc décidé de diminuer progressivement leurs versements, la contre partie n’étant plus assurée, jusqu’à les arrêter totalement. Dans le même temps, les bandes locales se faisaient progressivement remplacées par des groupes venus de l’extérieur, principalement des provinces de Homs et de Raqa, voire même de l’étranger (Arabie saoudite, Libye etc).

Au printemps 2014, la situation était devenue très critique pour les chrétiens et le Père Georges décida d’évacuer la ville avec tous ses fidèles. En quelques heures, les +++ familles chrétiennes quittent la ville pour Damas, seules restant ++ familles. Cet exode ne durera pas longtemps car trois jours plus tard, l’armée arabe syrienne, aidée du Hezbollah, réussit à prendre position sur les collines environnantes et à encercler la ville, provoquant sa reddition. Cette tactique payante a permis, toujours selon le Père Georges, d’éviter un bombardement de la ville par l’armée et donc de la préserver de nouveaux dégâts. Cependant, les islamistes ont profité de ces trois jours d’exode des chrétiens pour profaner les églises, détruire les iconostases, crever les yeux des icônes, piller et brûler les maisons des chrétiens.

Le Père Georges s’interroge, lui qui, en pasteur soucieux de ses brebis, avait soigneusement éviter de prendre parti dans un conflit qui ne le concernait pas: “Ces gens, soutenus par les États-Unis et l’Europe, prétendent combattre pour la démocratie et la liberté. Mais la démocratie et la liberté nécessitent-elles de crever les yeux des icônes, de décapiter des statues, de profaner nos églises?”

Tout en devisant, nous partons à pieds dans les rues du centre-ville de Yabroud et ses vieilles bâtisses. Certaines sont en très bon état, d’autres sont brûlées, d’autres complètement détruites. Le Père Georges nous explique que, à quelques exceptions près, seules les maisons des chrétiens ont été saccagées. Nous en profitions pour discuter avec des commerçants chrétiens qui tentent de reprendre une vie normale. Partout nous entendons le même discours: “comment faire confiance à nos voisins? Nous nous entendions bien depuis toujours mais, lorsque nous avons été attaqués par les terroristes, ils les ont soutenus. Nous ne voulons pas qu’ils reviennent à Yabroud pour l’instant.” Ce refus explique les contrôles sévères à l’entrée de la ville.
Nous sommes invités à boire le café chez une famille sunnite habitant aux pieds des montagnes. Nos hôtes nous montrent les grottes dans les montagnes au dessus de leur jardin. Selon eux, des terroristes continueraient à s’y regrouper. Cette famille a eu de gros problèmes les derniers mois avant l’arrivée de l’armée car elle s’était opposée aux brimades subies par les chrétiens. En signe d’amitié, ils nous offrent de petits bracelets en corde formant des dizainiers chrétiens. Ils protestent avec véhémence contre l’Islam radical qu’on voudrait leur imposer depuis l’extérieur. Ce n’est pas leur vision de l’Islam ni leur manière de pratiquer leur religion. Ils nous répètent que les chrétiens sont indispensables pour construire la paix dans la région et notamment pour permettre aux chiites et sunnites de vivre ensemble.
À regrets, nous déclinons l’invitation à déjeuner, étant attendus à l’archevêché où nous retrouvons Monseigneur Arbach et le Père Georges. Après une rapide collation, nous rejoignons l’église pour assister au spectacle de rentrée des élèves du catéchisme. La joie et l’entrain des enfants nous redonnent espoir, après avoir entendu ces histoires terribles et vu toutes ces destructions dans la matinée.

Nous terminons notre séjour à Yabroud par une visite de l’école attenante à l’église. Là encore tout a été sciemment pillé, les bureaux fracassés, les livres de classe déchirés. Attristé, le Père Georges y voit là une preuve de la barbarie des auteurs, qui étaient là pour détruire et non pour construire. La rentrée scolaire est fin septembre et, en l’état, l’école catholique est inutilisable. Nous essayons d’évaluer les besoins financiers pour la réfection de l’école. Grâce à vos dons, nous pourrons peut être participer à ces travaux afin que les enfants de Yabroud puissent retrouver les bancs de l’école.
La situation étant encore instable dans la région, le couvre feu est en vigueur le soir à Yabroud et, à 15 heures, il est temps pour nous de reprendre le chemin de Damas.
Nous saluons l’archevêque, que nous retrouverons demain à Homs, et le Père Georges, leur promettant de revenir très vite.

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 Jour 7

Après Maaloula et Yabroud, nous décidons de nous rendre à Homs. Ce déplacement avait été demandé depuis longtemps au patriarche Grégoire III mais jusqu’à hier, il n’était pas certain pour des raisons de sécurité.

L’archevêque de Homs, Hama et Yabroud, Monseigneur Abrach, nous a confirmé hier que nous pouvions y venir sans danger.
Cette grande ville, capitale de la province du même nom au centre de la Syrie, a été le théâtre d’affrontements extrêmement violents entre la rébellion islamiste et l’armée arabe syrienne de 2011 jusqu’au printemps 2014.
Ce n’est que le 9 mai dernier qu’un accord a été trouvé entre l’armée régulière et les groupes armés: ces derniers ont évacué les quartiers qu’ils occupaient (principalement au centre-ville) en échange de quoi l’armée leur accordait la possibilité de se replier avec une arme chacun dans un zone au nord du pays.

Après une heure de route à plus de 160 km/h, nous retrouvons au point de contrôle près de Yabroud Monseigneur Abrach, qui est venu nous chercher lui même afin de faciliter notre passage lors des nombreux barrages de l’armée. La chaussée est impeccable et des travaux sont en cours pour élargir l’autoroute.
Certaines stations service sont toutes neuves. D’autres ne sont plus que des ruines désolées. Les villes et villages se succèdent. Certains ont été totalement épargnés par la guerre et, en les traversant, on a l’impression que tout est normal en Syrie. D’autres villes, au contraire, ont été durement éprouvées par la guerre: immeubles détruits, pilonnes de ligne à haute tension à terre, usines pillées…
Nous sentons que les combats ont été intenses. Nous passons aux abords d’une ville toujours assiégée.
Alors qu’à Maaloula ou Yabroud nous percevions un climat de reconstruction, nous sentons dans cette province que la guerre est encore là et bien là. Plus nous approchons de Homs, plus le paysage est verdoyant et boisé. Tous les arbres sont fortement inclinés tant le vent d’ouest souffle sur ce plateau. Après une deuxième heure de route à la même allure, nous arrivons dans les faubourgs de Homs.

Hormis quelques supermarchés brûles ou pillés, cette entrée Sud de Homs ne semble pas trop dévastée. Nous traversons ensuite le quartier dit “arménien”. La première partie de la rue principale est complètement détruite, les boutiques sont toutes fermées. Le silence se fait dans la voiture. Nous retrouvons vite des quartiers préservés et arrivons enfin à la résidence de l’archevêque. Il s’agit d’un petit pavillon dans un quartier périphérique, très majoritairement chrétien, prêté par un prêtre de l’archidiocèse, l’archevêché ayant été détruit. Pendant que nous est servi un magnifique petit-déjeuner, nous interrogeons Monseigneur sur son ministère dans cette zone sinistrée. Il nous apprend qu’il était auparavant moine en Argentine, et qu’il a été nommé à Homs en 2012, en pleine guerre et alors que la ville était déjà à feu et à sang. Ses confrères argentins lui avaient demandé s’il n’avait pas peur d’aller en zone de guerre. Il nous répète sa réponse, en haussant les épaules: “c’est mon pays, c’est normal que j’y sois quand il souffre. Et puis, en tant que chrétien, il ne faut pas avoir peur. S’ils me tuent, et bien je serai martyr”.

Monseigneur nous raconte également de son ton calme et tranquille l’étonnement des soldats aux barrages, lorsqu’ils le voyaient se rendre, seul au volant de sa modeste voiture, de Homs à Yabroud, de Yabroud à Kouzr ou dans les environs de Hama, que des endroits instables et dangereux…

Vers 11h, le signal du départ est donné et nous repartons en voiture, avec l’archevêque et le Père Georges de Yabroud, en direction du centre-ville. Les quartiers que nous traversons ne semblent pas trop touchés par la guerre. Mais après avoir franchi le dernier barrage qui commande l’accès au centre-ville, nous sommes frappés de stupeur.
Nous avons beau avoir vu des films de guerre ou des photos de Homs ces dernières semaines, la vision apocalyptique qui s’offre à nous dépasse tout ce à quoi nous nous étions préparés. Les blocs d’immeuble ne sont plus qu’amas de gravas et enchevêtrements de poutrelles et de barres de fer. Rien n’a été épargné: boutiques, maisons, immeubles, hôpitaux, mosquées, églises… tout est détruit. Pourtant, des Syriens sont déjà dans les rues afin de constater les dégâts ou évaluer le coût de la reconstruction. Dans les rares immeubles encore debout, des épiceries ont ré-ouvert et des familles sont revenues. Nous échangeons quelques mots avec une commerçante chrétienne qui nous demande, les larmes aux yeux, pourquoi la France, “pays chrétien” dit-elle, cautionne les exactions des gens des groupes armés comme le Front al-Nostra.

Nous arrivons enfin devant la cathédrale grecque catholique melkite Notre-Dame-de-la-Paix. Du bâtiment en béton, il ne reste que des pans de murs calcinés. Le spectacle est terrible et certains d’entre nous ne peuvent pas retenir leurs larmes. Les mots “Notre-Dame-de-la-Paix”, apposés à l’entrée de la cathédrale, ont un goût amer. Mgr Arbach nous montre l’emplacement de la cathèdre. Après la capitulation des occupants, il avait organisé un office dans sa cathédrale. Quelques jours après, une bombe placée auparavant sous la cathèdre explosait et détruisait ce qu’il restait du bâtiment. Il n’y a plus aucune trace de l’iconostase et les icônes ont toutes été soigneusement saccagées.

Selon Mgr Arbach, la cathédrale ne peut pas être restaurée. Il faudrait la détruire pour la reconstruire, ce qui coûterait, simplement pour le gros oeuvre, au minimum 500.000 dollars (sans compter la décoration, l’iconostase etc). Nous commençons dès à présent à réfléchir aux moyens pour réunir une telle somme car, à Homs comme à Maaloula, les habitants ne veulent pas revenir et commencer à reconstruire leur maison s’ils n’ont pas d’église pour prier.
Au sous-sol, se trouvait un hôpital installé par les groupes armés. Nous y trouvons de nombreux médicaments et même un lit d’hôpital très moderne. Le Père Georges nous demande comment ce matériel aurait pu arriver là sans aides financières extérieures. Partout, nous pouvons lire des inscriptions à la gloire de l’Islam, de Dieu et du prophète.

Nous repartons à pieds pour poursuivre le tour du Vieux Homs. Partout, le même spectacle se répète. Nous sommes impressionnés par le courage et la volonté de reconstruction des Syriens. L’arrivée à la cathédrale grecque orthodoxe des Quarante-Martyrs nous remet du baume au coeur.

Les dégâts étaient ici moindres, réparations et nettoyage ont été effectués en un temps record. La cathédrale est déjà presque prête et le métropolite a prévu d’y célébrer une liturgie prochainement.

La cathédrale syriaque orthodoxe de la Ceinture-de-la-Vierge, sûrement la plus ancienne église de Homs, a, elle, subi plus de dégâts. Avant de partir, les terroristes avaient pris le soin de l’incendier.
Heureusement, les vieilles pierres sont solides et l’édifice ne s’est pas effondrée, le gros oeuvre n’a pas été trop affecté. Le nettoyage et la restauration sont là aussi bien avancés, à tel point que le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim y a célébré la liturgie le 15 août, amenant avec lui la précieuse relique de la Ceinture de la Vierge pour permettre aux fidèles de la vénérer. Cette relique avait été mise en lieu sûr à Damas au début des troubles, en prévision de leur aggravation. Son retour, bien que temporaire pour l’instant, à Homs, est symbolique pour les habitants pour qui elle est constitutive de l’identité de leur ville.

Avant de retourner au logement de l’archevêque en banlieue, nous faisons un dernier tour en voiture dans les grandes artères qui débouchent sur la place centrale de Homs. Ces sont ces grands immeubles détruits que nous connaissions à travers les quelques articles de presse qui avaient évoqué la bataille de Homs les années précédentes.

Bien que les ayant vus en photo précédemment, nous sommes suffoqués de voir le niveau de destruction, révélateur de la violence des combats. Tout est gris, fracassé et, contrairement au Vieux Homs, il n’y a ici personne dans la rue.

Ces dernières images de Homs restent gravées dans notre esprit et notre coeur et c’est plongés dans le silence et la tristesse que nous quittons cette ville martyre. Au fond de nos coeurs, nous espérons que la générosité des Français et de tous ceux qui nous aident nous permettront de venir en aide à tous ces habitants traumatisés par trois ans de combats.

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Jour 8

La fin de la mission approche et les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient vont bientôt quitter la Syrie.

Ils profitent de cette journée pour visiter le vieux Damas et ses richesses historiques, artistiques et spirituelles. Mahmoud, un guide francophone, attend le petit groupe devant le Musée national, célèbre pour la richesse de ses collections archéologiques. Malheureusement, le musée est fermé depuis plus d’un an pour raisons de sécurité, et la visite se limite aux jardins.

C’est l’occasion pour le guide d’évoquer la longue histoire de Damas, habité sans discontinuer depuis plus de 7.000 ans, avant de cheminer vers la Mosquée des Omeyades. L’immense édifice se dresse sur l’emplacement d’un ancien temple païen, auquel avait succédé une cathédrale. Le même édifice a d’ailleurs abrité pendant une cinquantaine d’années la cathédrale et la mosquée qui étaient côte à côte et partageaient la même entrée. L’accueil du directeur de la mosquée est chaleureux et enthousiaste. Le groupe s’éparpille ensuite dans les méandres du grand Souk Hamydiste, dans lequel il déambule sans aucun sentiment d’insécurité. Les badauds syriens ont du mal à croire qu’ils croisent des visiteurs français et ont, pendant quelques instants, l’impression de revenir quelques années en arrière, avant la crise.

Les remerciements succèdent aux félicitations, tous louent le courage et la détermination des Français d’être venus les visiter malgré la guerre et les échos qui en parviennent en France. Pour leur dernière soirée à Damas, les bénévoles sont reçus pour dîner chez une famille chrétienne originaire de Maaloula. Malgré la coupure prolongée d’électricité, ils sont touchés par l’accueil simple et délicat de leurs hôtes. La mère de famille, professeur de français, a passé sa journée à préparer de nombreux plats traditionnels, alors que son mari interprète un chant traditionnel des habitants de Maaloula, relatifs aux cérémonies qui se tiennent lors de la fête de la Croix le 14 septembre : « Même quand je ne serai plus que peau et os, je continuerai à jeter des bûches enflammées depuis les falaises ».

Massa, la fille unique du couple, se lance ensuite dans un ébouriffant concert de kinoun, un instrument traditionnel syrien, afin de remercier SOS Chrétiens d’Orient et ses donateurs pour cette visite en Syrie et pour cette aide à la reconstruction de l’église de son village. La virtuosité de la jeune fille s’allie à merveille à sa sensibilité et le résultat est très étonnant.

La nuit est bien avancée et il faut encore que nos volontaires retraversent Damas en voiture. C’est avec regret qu’ils quittent cette famille exemplaire qui les prie de revenir très vite et d’amplifier leur aide pour la reconstruction de leur village, Maaloula.

Grâce à vous, leur souhait pourra devenir réalité, soutenez-nous afin d’aider Maaloula à se reconstruire.

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Jour 9

Retour sur le sol libanais avec la découverte d’une autre réalité de la guerre en Syrie, celle des réfugiés.

L’évêché grec catholique de Zahlé, petite ville de la plaine de la Bekaa, région frontalière avec la Syrie, nous accueille et nous conduit auprès de familles chrétiennes originaires de la région de Homs après nous avoir offert le déjeuner.

Les difficultés sont nombreuses pour ces familles qui ne reçoivent d’aides que de la part de l’Eglise locale car l’immense majorité de ces familles chrétiennes n’est pas inscrite auprès des Nations Unies. La raison ? Ils ont peur. Certains affirment qu’on leur demande de préciser s’ils sont pour ou contre le régime de Bachar el Assad lors de l’enregistrement.
Une réponse qu’il est impossible de donner étant donnée la situation en Syrie, pays dans lequel vivent encore de très nombreux membres de leurs familles.
Quelques uns arrivent à trouver des petits travaux à effectuer temporairement, à l’instar de Sameer (prénom changé à sa demande), qui travaille pour les 11 personnes de sa famille qui vivent ensemble dans une pièce d’une vingtaine de mètres carrés.

Ils sont originaires de Quseir, dans la province de Homs et ont vu leur vie basculer en quelques semaines.
« Cela a commencé avec les prêches d’un imam d’origine syrienne installé en Arabie Saoudite et qui parlait le soir sur la chaîne saoudienne retransmise en Syrie. Il appelait à prendre ou détruire les maisons chrétiennes et à s’amuser avec les femmes chrétiennes »…

En quelques jours, cette famille raconte qu’elle a vu des habitants de la ville avec lesquels ils vivaient sans l’ombre d’un problème depuis des années devenir menaçants et scander des slogans anti-chrétiens en venant dans le quartier dit des nazaréens.
Une jeune chrétien a été tué alors qu’il s’opposait à ces « rebelles » puis son frère, son père…

« La vie est devenue impossible… Ces terroristes avaient pris notre église pour y faire leur prêches » raconte Sameer en montrant une vidéo tournée dans l’église appelant à chasser les chrétiens et à prendre leurs femmes.

« Ils nous poussaient à partir au Liban, nous avons souvent entendu leur slogan – Les Chrétiens à Beyrouth, les alaouites à la tombe- »
A la question de savoir s’ils imaginent un jour revivre avec ces voisins musulmans, ils répondent : « ce n’est pas tellement à nous qu’il faut le demander. Nous sommes chrétiens et nous acceptons de vivre avec tous ceux qui le veulent et cela se passait toujours très bien. Avec les musulmans qui le veulent bien évidemment, avec ces terroristes en actes ou en puissance c’est évidemment inimaginable puisqu’ils souhaitent notre mort ».

La maison d’à-côté abrite une jeune maman et ses quatre enfants. L’un d’eux est le petit Tony, atteint d’un handicap mental et pour lequel rien n’est adapté à Zahlé. En Syrie il était pris en charge mais ici impossible. Le père travaille dans les champs quelques heures par semaine, pas de quoi vivre ailleurs qu’à Zahlé ou dans un endroit plus grand que ce deux pièces…
Ils ne rêvent tous que de repartir chez eux… Mais la situation est encore instable même si leurs villages ont été récupérés par l’armée.
« Regardez notre maison, sourit-elle en montrant une photo de son portable, elle est en ruine. Il n’y a plus rien à nous, où pouvons-nous aller ? Sans compter que les terroristes sont tout prêts, dans les montagnes et que nous ne supporterions pas une deuxième fuite… »

L’évêché de Zahlé tente de venir en aide le mieux possible à ces familles en distribuant nourriture et médicaments et en aidant parfois à payer le loyer. Il espère ouvrir bientôt une école pour ces enfants syriens dont le parcours est très différent des enfants libanais et qu’il est impossible donc d’intégrer aux écoles existantes, en plus d’un manque cruel de places…

 

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