Les chrétiens d’Orient ?

A travers ce lexique, SOS Chrétiens d’Orient vous permet de mieux comprendre le monde des chrétiens d’Orient.

 

Notre-Dame-du-Liban : Harissa

Harissa, ou Notre-Dame-du-Liban, est un sanctuaire. C’est un lieu de pèlerinage important au Liban, dédié à la Sainte Vierge en tant que patronne du pays. Il est situé au dessus de la localité de Jounieh, à 650 mètres d’altitude, accessible par le téléphérique de Jounieh depuis 1965.
Harissa se compose d’une chapelle surplombée d’une statue de Notre Dame du Liban de 8.5 mètres de hauteur inaugurée en 1908. Elias Hoyek, patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, et Mgr Carlos Duval, nonce apostolique au Liban et en Syrie, ont été à l’origine de la conception de la statue de la Vierge Marie sur la colline de Harissa. La statue a été construite à Lyon et est coulée en bronze. La Vierge tend ses bras vers Beyrouth, la capitale, comme si elle disait : « Venez, vous qui aspirez à moi, et rassasiez-vous de mes dons ». Un escalier en colimaçon de 104 marches mène vers le sommet du socle, aux pieds de la statue. Juste à côté, la cathédrale maronite a été construite en béton et en verre.
La Basilique a été construite grâce à la contribution de milliers de croyants du monde entier. Depuis 1990, de grandes et splendides cérémonies s’y tiennent. Elle peut contenir jusqu’à 4.000 fidèles assis qui ont la possibilité de voir la statue de la Vierge à travers une façade de verre de 42 mètres de hauteur. Le clocher se trouve à une hauteur de 62 mètres.
Dès que le sanctuaire de la Vierge Marie fut construit, des foules de croyants commencèrent à affluer vers Harissa. La visite la plus importante fut celle du Pape Jean-Paul II en mai 1997, lors de laquelle il a adressé un message aux jeunes Libanais.
Le cinquantenaire de la construction du sanctuaire de Notre-Dame-du-Liban, célébré en 1954, a constitué l’événement le plus important par lequel est passé le sanctuaire. Suite à cette cérémonie historique du cinquantenaire, le nombre de visiteurs augmente surtout en mai, le mois de la Vierge.

Erbil

Erbil, capitale du Kurdistan, région du nord de l’Irak, est une ville en pleine expansion. Elle se trouve à 77 km à l’est de Mossoul. Des irakiens de tout le pays viennent à Erbil pour faire des courses ou passer du bon temps. Des hommes d’affaires libanais et syriens, des travailleurs indiens de l’hôtellerie s’installent pour y faire fortune. La sécurité et le pétrole ont transformé Erbil en un havre de paix.
Après la chute de l’Empire ottoman, et quand les puissances européennes ont dessiné les nouvelles frontières, les Kurdes sont restés éparpillés entre quatre pays : l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie.
Depuis juin 2014, la citadelle d’Erbil est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette citadelle est bâtie au sommet d’un imposant tell ovoïde. Elle présente un tracé de rues particulier datant de la phase ottomane tardive d’Erbil.

 

Les rits orientaux

Au sens large du terme, le christianisme oriental englobe toutes les Eglises qui ne sont pas issues des liturgies catholiques latines. Ce sont des Eglises qui se caractérisent par une organisation non centralisée, par contraste avec le christianisme occidental d’organisation centralisée autour du souverain pontife. Les Eglises orientales peuvent être regroupées en 4 ensembles.
Les Églises des deux conciles, ou pré-éphésiennes :

  • L’Eglise assyrienne d’Orient, non unie à Rome est une Eglise perse de rite chaldéen. Elle est actuellement divisée en deux et a donc deux patriarches, un à Chicago et un à Bagdad.

Les Églises des trois conciles, ou pré-chalcédonniennes :

  • L’Eglise copte orthodoxe est l’Eglise d’Alexandrie de rit copte, fondée en 68 par l’évangéliste saint Marc à Alexandrie. Elle compte près de 10 millions de fidèles. Actuellement le patriarche est Tawadros II, en résidence au Caire. Les Eglises éthiopienne et érythréenne orthodoxe sont aussi de rite copte.
  • L’Eglise syriaque orthodoxe, fondée par saint Pierre à Antioche. Actuellement, le patriarche est Ignace Ephrem II Karim qui porte le nom de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient avec résidence à Damas.
  • L’Eglise arménienne apostolique. Elle compte 6 millions de fidèles et est dirigée par deux catholicos.

Les Eglises des sept conciles (Eglises orthodoxes « byzantino-slaves ») : Elles sont issues du schisme de 1054 et englobent les Eglises orthodoxes sauf les anciennes Eglises citées ci-dessus. Elles incluent notamment les Eglises orthodoxes de Constantinople, Alexandrie, Jérusalem, Antioche, Russie, Grèce, etc.

Les Eglises catholiques orientales : elles se caractérisent par le fait d’être en pleine communion avec le Pape et d’utiliser les rits liturgiques orientaux.

  • L’Eglise grecque melkite catholique qui compte près de 2 millions de fidèles, dont une majorité en diaspora, et regroupe les chrétiens de rit byzantin des patriarcats chalcédoniens d’Antioche , d’Alexandrie et Jérusalem. Elle est née en 1764. Actuellement, son chef est Grégoire III Laham, qui porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexdandrie et Jérusalem en résidence à Damas.
  • L’Eglise maronite : saint Maroun a fondé cette Eglise antiochienne de tradition syriaque qui a constitué un patriarcat en 685. Cette Eglise n’a jamais été séparée de Rome. Aujourd’hui, elle compte près de 4 millions de fidèles à travers le monde, dont près d’1,6 million au Liban. Actuellement, le patriarche est le cardinal Bechara Boutros Rahi, en résidence à Bkerké au Liban.
  • L’Eglise syriaque catholique. La rupture avec Constantinople et Rome est effective en 512. Après un rapprochement avec Rome en 1557, l’Eglise prend le nom d’Eglise syriaque catholique en 1662. Actuellement, le patriarcat, établi au Liban est gouverné par Ignace Joseph III Younan
  • L’Eglise arménienne catholique, fondée, selon la tradition, par les apôtres Barthélemy et Thaddée. Cette Eglise compte plus de 600.000 fidèles dans le monde. Le Patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques est Nersès Bédros XIX Tarmouni en résidence à Beyrouth.
  • L’Eglise chaldéenne, fondée par l’apôtre saint Thomas et ses disciples, pour les chrétiens issus des communautés juive et païenne de Babylone. Aujourd’hui, elle compte près de 500.000 fidèles dans le monde. Actuellement, le patriarche est le cardinal Louis-Raphaël 1er Sako, en résidence à Bagdad.
  • L’Eglise copte catholique. Cette Eglise rassemble 160.000 fidèles en Egypte. Actuellement, le patriarche est Ibrahim Isaac Sidrak, patriarche d’Alexandrie, en résidence au Caire.
  • L’Eglise syro-malabare : saint Thomas fonde l’Eglise malabare qui restera toujours unie à Rome. Elle compte 3,8 millions de fidèles. L’Eglise syro-malankare a la même origine que l’Eglise malabare.
  • L’Eglise greco-catholique de Roumanie compte environ 700.000 fidèles en Roumanie et dans la diaspora. En 2005, cette Eglise est élevée par Benoit XVI au rang d’archevêché majeur.
  • L’Eglise gréco-catholique d’Ukraine compte 4,3 millions de fidèles en Ukraine et dans la diaspora.

 

Eglise catholique syriaque

L’Eglise syriaque catholique est une des Eglises catholiques orientales. A l’origine, l’appellation syriaque est destinée aux Araméens et Assyriens devenus chrétiens. Les Syriaques sont originaires de la Mésopotamie, de pays comme la Syrie, le Liban ou la Jordanie.
Son siège apostolique fut établi à Antioche, l’ancienne capitale de la Syrie, par saint Pierre, le chef des apôtres. Unie à Rome, c’est une Eglise issue de la division de l’Eglise syriaque orthodoxe au XVIIe siècle. A cette époque, le mouvement d’union, sous l’action des missionnaires occidentaux notamment capucins, et grâce aux maronites, pénétra largement l’Eglise syriaque. L’Eglise prend le nom d’Eglise syriaque catholique avec Ignatius André Ankhijan, évêque d’Alep, élu patriarche en 1662. L’Eglise manqua de disparaitre en raisons des persécutions turques et resta sans Patriarche de 1706 à 1782.
Entre temps, l’Eglise s’étant divisée, les membres opposés au rattachement à Rome réagissent et élisent un nouveau patriarche orthodoxe. Face à ce changement inattendu, le patriarche catholique Jarweh s’enfuit précipitamment en Irak et gagna par la suite la montagne libanaise. Depuis, il y eut une série ininterrompue de Patriarches catholiques. Aujourd’hui, le Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient est Ignace Youssif III Younan. Il a été élu en 2009 et réside à Beyrouth. Il est l’héritier de l’Eglise apostolique d’Antioche, régie par le premier évêque martyr, saint Ignace. C’est la raison pour laquelle les patriarches font précéder leur nom de celui d’Ignace, en signe de continuité apostolique.
L’Eglise syriaque catholique compte environ 175.000 fidèles dont 100.000 au Proche-Orient et 50.000 en diaspora, notamment aux Etats Unis, au Canada ou en France.
Actuellement, les Syriaques catholiques d’Irak et de Syrie, comme tous les chrétiens de cette région, souffrent des violences et de l’instabilité.

Kurdistan irakien : nouvelle terre de refuge pour les chrétiens

Le Kurdistan se compose de territoires à cheval entre la Turquie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les Kurdes ne sont ni arabes ni turcs, mais sont issus de Mèdes, voisins des Perses, installés au IXe siècle avant J.C. près des Monts Zagros. Les Kurdes sont entre 33 et 35 millions aujourd’hui. Province ottomane pendant plusieurs siècles, le Kurdistan cherche à obtenir son autonomie depuis la création de l’Etat turc moderne en 1918, autonomie qui lui a promise au traité de Sèvres.
Dans le même temps, la France et le Royaume-Uni ont obtenu respectivement un mandat de la Société des Nations. Le Liban et la Syrie pour la France et l’Irak pour l’Angleterre, incluant les villes de Mossoul et de Kirkouk, coupant alors en deux l’éventuel Kurdistan indépendant. La Turquie abandonne sa promesse au peuple kurde. Dans les différents pays, l’identité kurde est plus ou moins reconnue : totalement niée en Turquie jusqu’en 2002, elle est reconnue en Iran par exemple. Après les guerres du Golfe, la nouvelle constitution de l’Irak de 2005 reconnait l’autonomie du Kurdistan irakien, disposant de ses propres institutions, de sa propre force armée (les Peshmerga) et composé de trois gouvernorats : Sulaymaniya, Erbil et Dahuk.

Avec la montée du groupe djihadiste de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL), proclamé en califat en juin, la guerre civile se déchaîne dans tout le pays, à l’exception des trois gouvernorats du Kurdistan irakien. Les minorités sont menacées et les chrétiens notamment. Le Kurdistan irakien est alors le lieu de refuge pour ces communautés, principalement à Ainkawa, Dohouk et des villages à la frontière de la Turquie.

Le 10 juin, la prise de Mossoul, deuxième plus grande ville d’Irak, par EIIL a entraîné l’exode massif de la population, dont environ 10 000 chrétiens. Seuls 10% des chrétiens seraient restés sur place, souvent des personnes âgées ne pouvant se déplacer ou des personnes n’ayant pas de véhicules.

Cependant, bien que sécurisé aujourd’hui, le Kurdistan irakien reste une cible pour l’EIIL, en plus du déséquilibre causé par la Syrie. Les populations qui y sont réfugiées ne s’y sentent pas non plus en sûreté. Erbil devient alors la dernière étape de refuge avant l’exil vers l’Occident, laissant présager une fin de la présence des chrétiens au Proche-Orient.

L’Eglise catholique chaldéenne

L’Eglise chaldéenne est l’une des six Eglises patriarcales des Eglises catholiques orientales. Son chef, le patriarche Louis Raphaël Ier Sako depuis janvier 2013, porte le titre de Catholicos-Patriarche de Babylone des Chaldéens et réside à Bagdad en Irak. La liturgie est célébrée en chaldéen, un dérivé de l’araméen.

L’Eglise chaldéenne est l’une des « filles de Saint Thomas », l’Apôtre, avec l’Eglise syro-malabare en Inde. En effet, elle est fondée par l’Apôtre et deux de ses compagnons, Addaï et Mari, dans la région de Babylone (la Chaldée antique). Elle devient autonome en 410 et porte alors le nom d’Eglise d’Orient. Lors du Concile d’Ephèse de 431 qui reconnait la double nature humaine et divine en la personne du Christ, Nestorius est condamné pour défendre la théorie selon laquelle deux personnes (humaine et divine) coexisteraient en Jésus. L’Eglise chaldéenne se range cependant de son côté. Elle connaît une forte influence avec environ 60 à 80 millions de fidèles du VIIe au XIVe siècle.
Au milieu du XVe siècle, cette Eglise se replie sur elle-même et fonde le patriarcat sur l’hérédité, ce qui n’est pas au goût de tous les évêques. En 1552 un groupe d’évêques assyriens refuse d’accepter la légitimité d’un patriarche de ce type et élisent le moine Yuhannan Sulaka. L’Eglise va alors se diviser en deux : l’Eglise chaldéenne d’un côté et l’Eglise d’Orient, appelée actuellement l’Eglise assyrienne apostolique de l’Orient. Yuhannan Sulaka sera reconnu par l’Eglise catholique, constituant la première étape vers le rattachement de l’Eglise chaldéenne à Rome. Elle en sera définitivement rattaché en 1830 lorsque le pape Pie VIII donne le titre de patriarche de Babylone des Chaldéens au patriarche Jean Hormizd II. Les rapports entre ces deux communautés se sont cependant améliorés au XXe siècle, dont le point d’orgue fut la tenue d’une Commission pour le dialogue, instituée par le Saint Synode de l’Eglise chaldéenne et celui de l’Eglise assyrienne en 1997, en vue d’une coopération pastorale.

L’Eglise compte aujourd’hui environ 1 million de fidèles, dont la majorité (environ 500 000) est en Irak. Mais cette communauté, comme tous les chrétiens d’Orient et les autres minorités du pays, est obligée de fuir l’Irak face aux troubles ayant suivi l’invasion américaine de 2003 et à la barbarie des djihadistes de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL). La communauté assyro-chaldéenne de France a d’ailleurs lancé un appel devant l’Assemblée nationale le 8 juillet à l’occasion d’un rassemblement, afin de dénoncer l’indifférence internationale, et particulièrement française, face à ces peuples qui disparaissent de cette région du monde.

Saint Thomas au Proche-Orient

L’Apôtre Thomas vient probablement d’une famille pauvre de Galilée. Trois traits caractérisent le saint dans les Evangiles : un dévouement et une volonté extrêmes, ainsi qu’un esprit réfléchi. En effet, alors que Jésus souhaitait retourner en Galilée peu de temps avant Sa Passion, malgré les menaces qui pesaient sur sa personne, Thomas répondit : « Eh bien ! Allons et mourons avec Lui ». L’autre épisode incluant Saint Thomas est celui de l’apparition de Jésus, après Sa mort et Sa Résurrection, devant les Apôtres, à l’exception de Thomas. Celui-ci souhaite alors Le voir pour le croire. Mais Dieu permit sans doute cette hésitation afin de donner une preuve supplémentaire de Sa Résurrection aux esprits difficiles.

Lors du partage du monde entre les Apôtres, Thomas a obtenu l’apostolat sur les pays des Parthes et des Perses et les Indes. Il semblerait qu’il y ait rencontré les Rois-Mages, ainsi que les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils qu’il associa à son ministère. Sa vie fut marquée par l’austérité et la pénitence. Saint Thomas réalisa un miracle qui permit de nombreuses conversions : il réussit à traîner une grosse poutre à l’aide d’un lien très fin, alors que des éléphants n’avaient pas réussi à la faire bouger. Saint Thomas évangélisa cette vaste terre. Entre 43 et 49 après Jésus-Christ, il traversa les territoires du Proche-Orient en passant par Parthes, Mèdes, Hyrcabiebsn Bactiane et Margiane (correspondant aujourd’hui à l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Béloutchistan) ; puis ceux de la côte sud-ouest et de la côte est entre 53 et 60. Mais son succès rendit jaloux des prêtres d’autres religions qui voulaient le voir mourir. Saint Thomas est ainsi percé d’une lance près de la croix devant laquelle il priait, entre 68 et 72 après Jésus-Christ.

De nombreux chrétiens de la région de son apostolat se font appeler les « fils de Thomas ». L’Apôtre est d’ailleurs nommé, selon une très vieille tradition, « guide et maître de l’Eglise de l’Inde qu’il fonda et gouverna ». Il a en effet donné naissance à deux Eglises : l’Eglise d’Orient en Irak (dont est issue l’Eglise chaldéenne) et l’Eglise syro-malabare en Inde, qui luttent au fil des siècles pour leur existence et leur survie face à la conquête islamique.

Saint Maron

Le moine chrétien syrien Maron est un saint des Eglises chalcédoniennes (c’est-à-dire les Eglises reconnaissant le concile de Chalcédoine de 451 reconnaissant Dieu à la fois un et trine ainsi que la double nature (humaine et divine) dans la personne unique du Christ).
Saint Maron est fêté le 9 février par l’Eglise maronite et le 14 par l’Eglise orthodoxe. Son existence est avérée par l’Histoire des moines de Syrie, écrite par Théodoret, évêque de Cyr, environ trente ans après la mort du moine en 410, ainsi qu’une lettre que lui dépêcha en 405 saint Jean Chrysostome, ancien archevêque de Constantinople alors exilé en Arménie.

Les chrétiens se querellent et se divisent sur la question de la double nature du Christ, entre le nestorianisme qui affirme que les deux natures du Christ coexistent en Jésus, faisant du Christ deux personnes (simultanément fils de Marie et fils de Dieu) ; le monophysme qui considère que la nature divine de Jésus aurait pris le dessus sur sa nature humaine ; et enfin les futurs chalcédoniens (suite au concile de Chalcédoine) qui reconnaissent la double nature en la personne, unique, du Christ. Face à ce tumulte, le moine Maron se réfugie donc dans la montagne de Nabo afin de se recueillir loin des tumultes. Il s’installe alors près d’un ancien temple païen qu’il transforme en église et mène en plein air, malgré les intempéries, une vie d’ascèse et de prière. Il inspire alors de nombreux disciples, qui suivront son exemple en s’isolant dans des grottes. Maron retourna par la suite dans le monde afin d’enseigner et toutes les personnes touchées par ses prêches ou par sa vie se firent appeler les maronites.

Ce sont certains de ses disciples, notamment Abraham (Ibrahim) de Cyr (350-422) appelé plus tard « l’apôtre du Liban », qui partirent convertir les montagnes libanaises, qui devinrent par la suite le refuge de ses apôtres.

Le Liban :

Le Liban est surtout un pays multiconfessionnel : 17 communautés différentes y sont officiellement reconnues, dont 6 chrétiennes. En majorité Maronites, les chrétiens du Liban représentent un peu moins de la moitié de la population libanaise.
L’Etat du Liban existe sous ses frontières actuelles depuis la création du Grand Liban sous mandat français en 1920. Sur cette terre, les Phéniciens avaient adopté le christianisme et abandonné les anciennes croyances. Au IVe siècle, le triomphe du christianisme s’accompagne de querelles théologiques qui divisent les tenants de la nouvelle religion. En réaction contre ceux qui mettaient en cause la nature divine du Christ, le moine Maron lance un mouvement religieux initialement actif dans les environs d’Antioche, siège de l’un des patriarcats de l’Orient. Le centre de gravité du mouvement se déplace ensuite vers le sud, en Syrie centrale vers la ville d’Apamée, où s’édifie un monastère baptisé « la Maison de Maron ». Le succès rencontré en Syrie entraine des affrontements violents entre les tenants de cette hérésie et les Maronites, au point d’aboutir au massacre de plus de trois cents d’entre eux. Contraints de fuir vers un refuge sûr, les Maronites gagnent le Mont Liban.
La montagne libanaise, quant à elle, devint la place forte des chrétiens. En effet, en 694, survint l’exode des Maronites brimés par les Byzantins, de la vallée de l’Oronte vers la Qadisha, où ils furent, dit-on, bientôt rejoints par les Maradas, des guerriers chrétiens qui servirent à l’occasion les armées musulmanes. Les Maronites s’étendront ultérieurement vers le sud du Liban, profitant des guerres mamelouks, au Kesrouan notamment, contre les minorités musulmanes hérétiques (alaouites, chiites et ismaéliens).
En mai 1860, les druzes massacrent les chrétiens, avec la complicité souvent active des garnisons turques. En quelques jours, les estimations de l’époque affichent entre 6000 et 12000 chrétiens éliminés au Liban.
Depuis 1943, le Liban est une république, indépendante et officiellement démocratique. L’Etat libanais a régulièrement subi des pressions régionales et internationales.
De mai à septembre 1958, le président Camille Chamoun, accusé de mener une politique pro-occidentale, est violemment contesté dans la rue et par les armes par les nationalistes de Rachid Karamé. Face aux violences, dont l’intensité fait penser à une « première guerre civile », Chamoun fait appel aux Américains qui débarquent à Beyrouth le 15 juillet. Les marines se retirent après l’élection du général Fouad Chéhab, mais les combats perdurent jusqu’à la prise de fonction, le 23 septembre. Une stabilité semble se mettre en place mais elle est illusoire. Les évènements de 1958 sont en réalité l’annonce de la guerre civile qui fera rage 17 ans plus tard.
Une succession de combats confus et d’attentats, entrecoupés d’innombrables et éphémères cessez-le-feu, arrachés par les médiations les plus diverses, déchirent le pays, mais également toutes les principales communautés dans un mouvement de guerre civile, qui va faire plus de 150 000 morts en 15 ans. En avril 1975, la guerre commence dans la banlieue de Beyrouth, à Ain el Remaneh, à la suite d’un incident entre des combattants palestiniens et des miliciens chrétiens du parti « Kataeb ». En représailles à l’assassinat de l’un des gardes du corps du leader phalangiste Pierre Gemayel, en marge de l’inauguration d’une église, ses partisans attaquent un bus, où périssent vingt-sept Palestiniens. C’est « le début de l’effondrement et du chaos » (Georges Corm).
Les nombreuses interventions étrangères permettent de marquer les différentes phases : le passage d’une gestion syro-américaine à la gestion israélo-américaine de la crise (1975-1982), l’occupation israélienne conduisant à un embrasement général (1982-1985). La dernière période est le retour de la Syrie, à partir de 1985, consacrée par l’adoption des accords de Taëf et l’élimination du Général Aoun en 1990.
La fin de la guerre civile ne signifie pas le retour immédiat à la stabilité et à la prospérité. Le Liban demeure en effet l’enjeu des rivalités régionales et des démons de la division. Les chrétiens, et surtout les Maronites, sont scindés en deux camps, à l’image du Liban : celui de la majorité parlementaire (Alliance du 14-Mars) et celui des partisans du Général Michel Aoun, allié du Hezbollah et du clan prosyrien (Alliance du 8-Mars), ce qui empêche l’élection d’un nouveau président.

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